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Sam Konstas : Un 149 qui bouscule le cricket australien

Sam Konstas, encore un ton. Et cette fois, un 149 incandescent qui a fait exploser Western Australia et qui, surtout, commence sérieusement à bousculer la hiérarchie du cricket australien.

Une semaine qui change un statut

En milieu de semaine, à peine arrivé à Perth, le prodige de New South Wales avait déjà frappé fort : 151* en Sheffield Shield contre la même Western Australia, 151 runs en 167 balles, une manche de patron pour relancer sa saison longue durée. L’équipe est restée sur place pour le One Day Cup. Konstas, lui, n’a pas levé le pied.

Samedi soir, il entre au bâton en n°3, après la chute rapide de Riley Kingsell dans le deuxième over. Ambiance tendue, début fragile. Il éteint tout ça en quelques overs.

Le droitier démonte méthodiquement l’attaque adverse. Il atteint les trois chiffres après seulement 106 balles, dans un mélange de maîtrise et d’agression contrôlée. Sa manche s’arrête finalement à 149 sur 131 livraisons, mais le message est passé depuis longtemps.

Quinze frontières, quatre six. Une feuille de stats qui claque. Dans un over coûteux à la fin de son déluge, Mahli Beardman encaisse à lui seul 18 runs : deux fours, un six, et l’impression d’être pris dans un ouragan qu’il ne contrôle plus.

Depuis la cabine, le ton des commentateurs traduit l’instant : énorme pression sur les épaules de ce jeune homme, deuxième cent en List A en poche, ajouté aux 150 en Sheffield Shield quelques jours plus tôt. La réputation enfle, le bruit à la porte de la sélection aussi.

Le puzzle de la sélection australienne

Tout cela arrive au moment où le onze de Pat Cummins se retrouve sous la loupe. Le début de l’été n’a rien de rassurant : une première manche ratée, un ordre supérieur en difficulté, Nic Maddinson qui ne décolle pas, Marnus Labuschagne contesté comme rarement.

Dans ce contexte, chaque run de Konstas prend un poids politique.

L’ouvreur n’est pas un inconnu au niveau supérieur. Il compte déjà cinq Tests avec l’Australie, lui qui avait débuté contre l’Inde lors d’un Boxing Day Test à seulement 19 ans. Un démarrage fulgurant, suivi d’une période plus cahoteuse, où le talent brut ne suffisait plus à masquer les failles techniques.

Greg Shipperd, ancien coach du New South Wales, connaît bien le dossier. Après le century en Shield, il n’a pas hésité à pousser le nom de Konstas pour un retour en haut de l’ordre durant l’été des Tests. Pour lui, le jeune batteur a franchi un cap.

Shipperd rappelle ce parcours singulier : des centaines en début de saison 2024, une ascension express jusqu’à la sélection nationale, ce fameux duel remporté face à Jasprit Bumrah, une victoire en Test qui avait semblé tracer une autoroute vers le sommet. Trop vite, peut-être. Le jeu international s’est ajusté, les plans adverses se sont affinés, et Konstas a dû encaisser le retour de bâton.

Il a alors vécu cette longue période de « beaucoup de 30 », des starts prometteurs jamais convertis en grosses manches. Un palier frustrant, familier à tant de jeunes talents. Cette saison, le verrou a sauté.

De la prise de conscience au rôle d’ouvreur potentiel

Selon Shipperd, Konstas a compris qu’il devait « nettoyer » sa technique, resserrer son jeu, penser plus loin que le simple affrontement brut avec les rapides adverses. Les runs de cette semaine en sont la preuve la plus éclatante : deux énormes scores, contre la même opposition, dans deux formats différents, à l’extérieur.

Surtout, il marque au moment exact où la sélection cherche des réponses. Après la tournée en Afrique du Sud, les regards se tourneront vers la Nouvelle-Zélande. Et dans l’esprit de Shipperd, le débat est clair : il verrait volontiers Konstas associé à Matt Renshaw en haut de l’ordre pour cette série.

Ce n’est pas une idée anodine. Le choix du duo d’ouvreurs conditionne la stabilité de toute l’équipe australienne. Miser sur un jeune déjà testé, revenu de ses premières désillusions, capable désormais de transformer ses 30 en 150, c’est un pari qui commence à avoir de l’allure.

Konstas, lui, ne parle pas. Il enchaîne les runs. Et après une semaine comme celle-ci, la vraie question n’est plus de savoir s’il frappe à la porte de la sélection. C’est de savoir combien de temps les sélectionneurs peuvent encore faire semblant de ne pas l’entendre.