Angleterre en danger à Lahore : match couperet contre le Pakistan
L’Angleterre débarque à Lahore dimanche avec le dos au mur et zéro point au compteur dans ce tri-séries. Deux matches, deux scénarios invraisemblables, un même verdict : la défaite. Et un sentiment tenace de gâchis.
Mardi à Rawalpindi, tout semblait pourtant sous contrôle. Une poursuite de 303 parfaitement lancée, 120 pour 1 au tableau d’affichage, des batteurs bien installés… puis le trou noir. En 38,4 overs, l’Angleterre est balayée pour 215. Un effondrement brutal orchestré par la gauche de soie mais au tranchant d’acier d’Arafat Minhas, auteur d’un 6 pour 40 qui a retourné le match et sans doute la confiance anglaise.
Deux jours plus tard, la réaction prend la forme d’un monument individuel. Harry Brook frappe le premier double siècle de l’histoire de l’Angleterre en ODI, 202 sur seulement 114 balles. Un chef‑d’œuvre. Des partenariats massifs – 159 avec Joe Root, 185 avec Will Jacks – et une montagne de 430 runs posée devant le Sri Lanka. Normalement, ça suffit pour plier n’importe quelle rencontre.
Pas cette fois. Le Sri Lanka chasse 430 et passe la ligne à une balle près, laissant Brook et ses 202 dans le camp des vaincus. Deux performances offensives de très haut niveau, zéro point. Le paradoxe anglais résumée en une semaine.
Pakistan en contrôle, Angleterre sous pression
Pendant que l’Angleterre s’emmêle, le Pakistan avance. Deux victoires, quatre points, un net run rate à +1,240 et la perspective très claire : un troisième succès à Gaddafi Stadium et la place en finale, programmée le 31 octobre sur la même pelouse, serait quasiment verrouillée.
Le décor est posé : Pakistan en tête, sûr de sa force, Angleterre lanterne rouge, sans marge de manœuvre. Le quatrième ODI ressemble déjà à un match couperet pour les hommes de Harry Brook, capitaine d’un groupe qui doit prouver qu’il sait transformer des chiffres flatteurs en résultats concrets.
Car, malgré le classement, le bâton anglais fonctionne. Brook, donc, en figure de proue. Root toujours aussi fiable dans le rôle de métronome. Jacks qui apporte une agressivité contrôlée. Et Tom Banton, auteur d’un 50 précieux, qui a offert une base solide lors du match face au Sri Lanka. La structure est là, les runs tombent. L’effondrement contre le Pakistan à Rawalpindi ressemble davantage à une aberration née du génie de Minhas qu’à une tendance lourde.
L’Angleterre connaît aussi bien Lahore. Ben Duckett y avait claqué 165 lors de la Champions Trophy l’an passé, malgré une défaite contre l’Australie. La surface de Gaddafi Stadium a déjà vu cette équipe aligner des scores massifs. Les batteurs n’arrivent pas en terrain hostile.
Une attaque anglaise en crise de confiance
Le vrai problème se situe à l’autre bout du terrain. L’attaque anglaise encaisse trop, trop vite. Sam Curran, pilier habituel des plans en balle blanche, a pris 103 runs en neuf overs lors du dernier match. Une statistique qui résume le déséquilibre actuel : l’Angleterre peut marquer 400, mais peine à défendre.
Le Pakistan, lui, sent le sang. Dans une configuration de duel offensif, la formation de Babar Azam se sait armée. Saim Ayub et Fakhar Zaman pour lancer l’assaut, Babar pour tenir la colonne vertébrale, Saad Baig derrière les stumps, Hasan Nawaz et Salman Agha pour allonger la ligne. Minhas, héros du premier affrontement, apporte ce bras gauche qui a déjà traumatisé les Anglais. Et derrière, une batterie de rapides de classe mondiale : Shaheen Shah Afridi, capitaine, Naseem Shah, Haris Rauf. Sur le papier, suffisamment de munitions pour transformer chaque erreur anglaise en punition immédiate.
Face à cela, l’Angleterre aligne une équipe qui assume clairement son identité : frapper fort, frapper longtemps, puis espérer que la balle fasse le reste. Banton et Duckett en ouverture, Root en ancre, Brook en patron au milieu, Jordan Cox aux gants, Jacks comme couteau suisse. Curran, Gus Atkinson, Liam Dawson, Josh Tongue et Adil Rashid pour composer une attaque qui doit, enfin, trouver des réponses.
Le pronostic : la batte anglaise comme plan de survie
Tout indique un match à très gros score. Un Pakistan en confiance, à domicile, avec une attaque complète et un classement favorable. Une Angleterre dos au mur, mais portée par une ligne de batteurs qui vient de poster 430 et possède déjà une histoire récente de gros totaux à Lahore.
Le bowling anglais inquiète, oui. Le Pakistan se voit bien gagner une fusillade offensive, évidemment. Mais l’urgence change tout. Avec deux défaites, zéro point et une place en finale déjà en danger, l’Angleterre n’a plus de filet de sécurité. Elle doit frapper plus fort que tout le monde, maintenant.
Dans ce contexte, le pari reste osé mais clair : la profondeur et la forme actuelle de l’alignement offensif anglais peuvent faire la différence sur 50 overs. Si la batte tient son rang, l’Angleterre a les moyens d’arracher cette victoire dont dépend une bonne partie de sa campagne.



