Arshdeep Singh, nouvelle référence du T20I indien
Sous le ciel gris de Christchurch, au Hagley Oval, Arshdeep Singh a transformé un simple deuxième T20I contre la Nouvelle-Zélande en soirée d’histoire. Deux chiffres sur la feuille de match – 2/33 – ont suffi pour faire tomber un record qui tenait depuis près de quatre ans et installer le gaucher au sommet de la hiérarchie indienne.
Avec ces deux nouvelles victimes, Arshdeep a porté son total à 38 wickets en T20I sur l’année 2026. Un de plus que Bhuvneshwar Kumar, auteur de 37 wickets en 2022. Un de plus, mais un symbole fort : la passation de témoin entre l’ancien maître des nouvelles balles et le bras gauche qui façonne désormais les fins de manches indiennes.
Bhuvneshwar avait eu besoin de 31 innings pour établir la marque. Arshdeep n’en a utilisé que 26. Même format, même maillot, mais un rythme de prédation différent, presque implacable.
Un record national… et une place parmi les meilleurs du monde
Ce n’est pas seulement un record indien. C’est une entrée dans un cercle très fermé.
Parmi les lanceurs des nations membres à part entière, seuls deux noms encadrent désormais Arshdeep sur une liste qui dit beaucoup de la constance et de la dureté mentale nécessaires pour tenir sur toute une année en T20I.
- Josh Little, 39 wickets en 2022 avec l’Irlande.
- Wanindu Hasaranga, 38 wickets en 2024 avec le Sri Lanka.
- Arshdeep Singh, 38 wickets en 2026 avec l’Inde.
- Bhuvneshwar Kumar, 37 wickets en 2022 avec l’Inde.
Arshdeep a rejoint Hasaranga et se retrouve à une seule unité de Little. Un wicket. Une seule erreur de plus d’un batteur adverse, et il effacerait le nom du gaucher irlandais pour s’installer seul en tête.
À 27 ans, le lanceur indien ne signe pas un coup d’éclat isolé. Il empile les saisons pleines : 33 wickets en 2022, 36 en 2024, et désormais 38 en 2026. À ses côtés, Varun Chakaravarthy (36 wickets en 2025) et Axar Patel (32 en 2026) ont eux aussi marqué la période, mais la nouvelle référence se nomme Arshdeep Singh.
Les chiffres pour l’Inde en T20I sur une année racontent la même histoire :
- 38 — Arshdeep Singh, 2026
- 37 — Bhuvneshwar Kumar, 2022
- 36 — Arshdeep Singh, 2024
- 36 — Varun Chakaravarthy, 2025
- 33 — Arshdeep Singh, 2022
- 32 — Axar Patel, 2026
Trois lignes sur six portent le même nom. Ce n’est plus une tendance, c’est une ère.
Coup de froid sur la Nouvelle-Zélande, puis révolte
Sur le terrain, Arshdeep n’a pas attendu pour rappeler pourquoi il domine ces tableaux statistiques. Nouvelle-Zélande balles en main, tribunes encore en train de se remplir, et déjà un premier coup de massue : Tim Seifert renvoyé tôt, l’Inde prenant immédiatement la main dans le powerplay.
La pression ne venait pas que de lui. Bhuvneshwar Kumar, de retour dans le setup indien après une longue absence, a retrouvé ses zones. Prince Yadav a ajouté sa propre pointe d’agressivité. Résultat : 41/3 après 5,2 overs. Les hôtes étouffaient.
Puis le match a changé de ton.
Glenn Phillips a sorti le bâton de contre-attaque. Bevon Jacobs l’a suivi. Ensemble, ils ont recollé les morceaux d’une manche mal embarquée et renversé le tempo. Leur partenariat pour le quatrième wicket a pesé 116 runs, une réponse frontale à la domination indienne du début.
Phillips a frappé 70 runs sur 43 balles, Jacobs 58 sur 46. Les limites ont commencé à pleuvoir, les lignes ont été brisées, et la Nouvelle-Zélande a glissé, presque discrètement, vers un très solide 180/5 en 20 overs. D’un 41/3 fragile à une cible plus que compétitive.
L’Inde vacille, Tilak Varma s’accroche, Arshdeep reste la constante
La poursuite indienne n’a jamais vraiment trouvé son rythme. Des wickets réguliers, des partenariats avortés, une impression persistante de course à contretemps. À 112/6, le tableau d’affichage parlait clair : l’Inde était au bord de la rupture.
Le départ de Naman Dhir, piégé par Mitchell Santner, a encore alourdi la tâche. Près de 70 runs à marquer dans les cinq derniers overs, seulement quatre wickets en main. Le genre de scénario où les équipes se délient, ou se révèlent.
Tilak Varma a choisi la deuxième option. 51 runs, invaincu, en 26 balles. Un innings sous pression, joué en contre, pour maintenir l’Inde dans le match alors que tout semblait pencher vers les hôtes. Ses coups ont redonné un peu de souffle à une poursuite chancelante, et installé un suspense tardif.
Mais derrière le tumulte de la manche, une constante s’imposait : la soirée appartenait à Arshdeep Singh.
Un bras gauche devenu pilier
Dans un format qui broie les lanceurs et glorifie les batteurs, inscrire 38 wickets sur une année avec une telle régularité n’est pas qu’un exploit statistique. C’est la preuve d’un rôle central, presque structurel, dans l’attaque indienne.
Arshdeep frappe tôt, revient tard, accepte les overs sous tension, et continue d’empiler les victimes. Il l’a fait en 2022, il l’a refait en 2024, il domine en 2026. Le record de Bhuvneshwar Kumar tombe, mais la question, désormais, dépasse la simple comparaison entre deux noms.
Jusqu’où ce bras gauche peut-il porter l’Inde en T20I si, saison après saison, il reste à ce niveau de précision et de férocité ?




