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Abhishek Sharma : le roi du powerplay avec 100 sixes en T20I

À Christchurch, sous un ciel coupé en deux entre lumière crue et nuages lourds, Abhishek Sharma a ajouté son nom à une liste qui n’existait même pas encore. Un coup de poignet, une extension fluide des bras, la balle qui file au‑dessus d’extra cover sur Matt Henry : avec ce six dans le troisième over de la poursuite indienne, l’ouvreur devient le premier batteur de l’histoire à atteindre la barre des 100 sixes en powerplay en T20I.

Un chiffre brut, mais un symbole puissant.

Un record qui débloque une nouvelle ère

Ce six-là ne vaut pas seulement six points. Il fait basculer Abhishek devant Rohit Sharma, référence absolue de l’ouverture indienne pendant plus d’une décennie. Rohit s’était arrêté à 98 sixes en overs 1 à 6. Abhishek, lui, vient d’ouvrir un territoire inédit.

La différence saute aux yeux dans les chiffres :

  • Abhishek Sharma : 100 sixes en powerplay, un six tous les 7,77 balles
  • Rohit Sharma : 98, un six tous les 17,05 balles
  • Martin Guptill : 97, un tous les 16,58
  • Paul Stirling : 94, un tous les 21,03
  • Quinton de Kock : 87, un tous les 15,80

Ce n’est pas seulement la quantité. C’est la fréquence. La cadence. Abhishek frappe deux fois plus souvent que la plupart de ses rivaux. Depuis ses débuts en T20I en 2024, il s’est imposé comme l’un des frappeurs de six les plus agressifs du circuit, déjà détenteur du record du century le plus rapide en T20I pour une nation membre à part entière de l’ICC.

On ne parle plus d’un simple espoir. On parle d’un profil qui redessine la manière de penser les six premières overs.

Un départ fulgurant… puis la coupure nette

Puis Mitchell Santner surgit. Neuvième over. Le capitaine néo-zélandais, le plus malin des spinners, le piège. Abhishek doit partir, loin d’un gros score, au moment où il semblait prêt à faire dérailler complètement l’attaque des Black Caps.

Le contraste est brutal : un record historique d’un côté, un départ avorté de l’autre. Le match, lui, refuse de se plier à la narration idéale.

Santner frappe, l’Inde vacille

Santner ne se contente pas d’éteindre Abhishek. Il démonte patiemment le cœur du batting indien. Ses chiffres racontent une domination froide : 4 wickets pour 21 runs. À chaque fois que l’Inde tente de se remettre debout, le gaucher ramène le silence.

À 112/6 dans le 15e over, la situation frôle la rupture. La cible de 180 semble soudain très loin. Le record d’Abhishek appartient déjà au passé, noyé dans l’urgence du tableau de score. Le public sent la bascule possible. La série aussi : une victoire néo-zélandaise et tout serait relancé.

C’est là que le match change de visage.

Tilak Varma, le finisseur inattendu

Tilak Varma n’est pas entré avec le fracas d’un century record ni la lumière d’un nouveau roi du powerplay. Il est entré avec une mission : sauver une poursuite en train de se déliter. Et il l’a faite avec une maturité glaciale.

51* sur 26 balles. Six fours, un six. Pas de fioritures, pas de panique. Juste une gestion chirurgicale du risque. Chaque surpitche est puni, chaque erreur de longueur exploitée, chaque over transformé en petite victoire psychologique. L’Inde reste dans le coup parce qu’il refuse de lâcher le tempo.

À l’autre bout, Nitish Kumar Reddy joue le parfait partenaire. 26* précieux, sans excès, mais avec le coup qu’il faut au bon moment : les runs de la victoire, frappés avec une assurance qui tranche avec la tension du contexte.

Quand le dernier point tombe, l’Inde s’impose par quatre wickets et prend les commandes de la série, 2-0, sur le sol néo-zélandais. Une poursuite bancale sur le papier, mais terriblement révélatrice sur le plan mental.

New Zealand avait pourtant posé les bases

Tout avait bien commencé pour les locaux. Arshdeep Singh, 2/33, avait donné à l’Inde une plateforme correcte, mais Glenn Phillips et Bevon Jacobs ont retourné le scénario en milieu d’innings.

Phillips, 70, impose sa puissance habituelle. Jacobs, 56, l’accompagne avec une assurance qui donne de l’épaisseur au total. 180/5 en fin d’innings, sur ce type de surface, avec la pression d’une série en jeu, reste un score solide. Suffisant pour faire douter n’importe quelle équipe en poursuite.

Mais pas ce soir. Pas face à une équipe indienne qui trouve, encore une fois, un héros différent.

Un record personnel au cœur d’une dynamique collective

La beauté de cette soirée tient justement dans ce contraste : un record monumental pour Abhishek Sharma, sans que le match ne se transforme en célébration individuelle. Son milestone s’inscrit dans une trame plus large, celle d’une équipe qui découvre de nouvelles ressources, de nouveaux finishers, de nouveaux leaders silencieux.

Abhishek a déjà le century le plus rapide en T20I pour une nation membre à part entière. Il est désormais le premier à 100 sixes en powerplay. Les chiffres disent qu’il frappe plus fort, plus vite, plus souvent que ses pairs dans les six premières overs.

La question n’est plus de savoir s’il appartient à l’élite du format. Elle est de mesurer jusqu’où ce style sans frein peut pousser l’Inde dans les grands rendez-vous à venir.