Embiid brille avec un triple-double, les 76ers invaincus
Joel Embiid n’avait pas son nouveau partenaire de luxe à ses côtés. Qu’importe. Le pivot camerounais a pris la nuit à son compte, offert un triple-double et maintenu l’élan parfait de Philadelphia. Les 76ers ont dominé les Milwaukee Bucks 127-116 samedi soir, poursuivant un début de saison déjà marqué par des accents de prétendant au titre.
Embiid en patron, même sans James
Privés de LeBron James, laissé au repos pour gérer des douleurs au bas du dos dans le premier match d’un back-to-back, les 76ers auraient pu lever le pied. Embiid a fait l’inverse.
28 points, 11 rebonds, 10 passes, 12 lancers francs convertis sur 14 tentés : le MVP a imposé son tempo, dicté le jeu et fermé la porte dès que Milwaukee a cru revenir. Son triple-double, il l’a validé sur une action qui a fait exploser le Wells Fargo Center.
À 120-114, Jaylen Brown se retrouve seul à 3 points après une passe parfaitement dosée d’Embiid. Le tir tombe dedans, la salle rugit, et la feuille de stats d’Embiid bascule officiellement dans la catégorie triple-double. Sur la séquence suivante, Kentavious Caldwell-Pope punit une perte de balle des Bucks avec un autre tir primé. Plus neuf points d’avance, et les derniers espoirs de Milwaukee s’éteignent avec le bruit du filet.
Maxey en accélérateur, Brown en cadeau d’anniversaire
Autour d’Embiid, le reste du casting a suivi le mouvement. Tyrese Maxey a ajouté 26 points, toujours avec cette capacité à changer de rythme qui brise les défenses. Il avait déjà lancé la soirée avec un missile de 46 pieds au buzzer du premier quart-temps, un tir de très loin qui a mis le public debout et les Bucks sur le recul.
Jaylen Brown, lui, a fêté ses 30 ans comme un scoreur de sang-froid. 27 points, des paniers importants et ce 3 points qui scelle le triple-double d’Embiid. VJ Edgecombe a apporté 17 points précieux dans la rotation, preuve que le réservoir offensif des Sixers s’est considérablement épaissi depuis l’intersaison.
Sans James, Nick Nurse avait choisi de lancer Dean Wade dans le cinq majeur. Pour son premier match de la saison après une blessure à la cheville, l’ailier a inscrit 7 points. Rien de clinquant, mais suffisamment solide pour maintenir la structure collective.
LeBron au repos, mais déjà au cœur du projet
LeBron James, 41 ans, avait signé des débuts sobres mais efficaces sous le maillot de Philadelphia : 15,5 points et 9,5 rebonds de moyenne sur ses deux premiers matches. Nick Nurse a assuré avant la rencontre que la star n’avait pas exprimé de gêne particulière au dos, la décision relevant d’une gestion prudente, avec un match dès dimanche soir contre Detroit.
Même en civil, James a pesé sur l’atmosphère. Premier à bondir du banc pour célébrer le fadeaway de Maxey au buzzer du troisième quart-temps, qui porte l’écart à +10, il s’est fondu dans l’énergie d’un groupe qui joue déjà comme une équipe en mission. Cette même équipe qui, quelques jours plus tôt, avait remonté 29 points de retard face à Cleveland, la plus grosse remontée de toute la carrière de James en NBA, toutes équipes confondues, sur ce qui constitue sa 24e saison record dans la ligue.
Milwaukee toujours sans victoire
En face, Milwaukee s’enfonce. Trois matches, trois défaites, et la sensation d’une équipe encore en rodage complet.
Jamie Jacquez Jr. a terminé meilleur marqueur des Bucks avec 21 points, tandis que Kyle Kuzma a signé un double-double (14 points, 12 rebonds). Insuffisant pour faire vaciller une formation de Philadelphia sûre de ses forces et de sa hiérarchie.
Les Bucks ont tenté un dernier run dans le quatrième quart-temps, réduisant l’écart et forçant les Sixers à remettre un coup d’accélérateur. La réponse est venue de loin : Brown, puis Caldwell-Pope, ont sanctionné chaque approximation. La pression a fini par faire craquer Milwaukee, encore à la recherche de son premier succès (0-3).
Un rookie lance sa carrière, une franchise change de dimension
La soirée a aussi marqué les premiers pas en NBA de Labaron Philon Jr. Le premier choix de draft des 76ers, sorti d’Alabama, était annoncé au minimum comme futur joueur de rotation. Ses débuts interviennent dans un contexte totalement transformé.
Avant les arrivées de Jaylen Brown et de LeBron James, Philadelphia construisait encore patiemment autour d’Embiid et Maxey. Ces deux mouvements ont changé le paysage. La trajectoire de la franchise a basculé, et chaque match ressemble désormais à un chapitre d’une saison écrite pour viser très haut.
Les 76ers restent invaincus. James revient dès dimanche contre Detroit. Embiid domine, Maxey accélère, Brown s’installe, les jeunes découvrent la grande ligue dans un environnement taillé pour gagner.
La question n’est déjà plus de savoir si cette équipe peut jouer le titre. Elle est de savoir jusqu’où, et à quelle vitesse, elle va imposer sa loi à l’Est.
Prochain rendez-vous : Detroit pour Philadelphia dès dimanche, Indiana pour Milwaukee lundi. Deux matches, deux atmosphères. Et déjà, deux dynamiques opposées.




