Celtics : Tatum brille et l'équipe se construit
Au TD Garden, les Celtics ont lancé leur saison à domicile avec un match qui ressemblait déjà à un petit test de caractère. Un duel tendu, changeant, face aux New York Knicks, arraché dans le money-time. Et au cœur de tout ça, un Jayson Tatum en mode franchise player total.
Tatum, patron sur trois niveaux
36 points, 9 rebonds, 7 passes, 3 interceptions. La ligne de stats de Tatum raconte une grande soirée, mais elle ne dit pas tout. Ce qui a frappé, c’est la maîtrise.
Après sa soirée compliquée à Detroit, il a répondu comme le font les joueurs de tout premier rang : en contrôlant le tempo, en choisissant ses spots, en punissant partout. Le staff parlait de « bon équilibre » dans son profil de tirs. Le terrain a confirmé. Attaques du cercle, mi-distance, tirs extérieurs : une vraie partition à trois niveaux.
Son 7/9 dans les cinq pieds du cercle change tout. Quand Tatum empile les layups et les dunks, il force les aides, provoque des fautes, ouvre les tirs extérieurs. C’est le chemin le plus simple vers une soirée à plus de 30 points. Et quand il a fallu fermer la porte dans le quatrième quart-temps, il a ressorti les tirs difficiles, ceux qui font basculer un match et font taire une salle… sauf la sienne.
Ce tir compliqué côté droit, pour un droitier, n’est pas censé être aussi « naturel ». Pour un joueur normal, en tout cas. Tatum, lui, a transformé ça en routine de superstar.
Derrick White, liant discret mais précieux
Derrick White a terminé avec 12 points, 6 passes, 4 rebonds et 1 interception. Sa feuille ne saute pas aux yeux, son influence si. On sent encore une phase de réglages dans la hiérarchie offensive avec White, Payton Pritchard et Paul George. Le ballon circule, parfois un peu trop, chacun cherche le bon dosage entre agressivité et altruisme.
White, dans ce contexte, joue juste. Il a placé quelques tirs au moment où Boston en avait besoin, gardé le jeu fluide, tenu sa ligne défensive. Ses chiffres peuvent paraître modestes, mais son rôle de stabilisateur s’installe. Fait étonnant pour lui : aucun contre à son actif depuis le début de la présaison et de la saison régulière. À surveiller au fil des semaines.
Paul George, défense de très haut niveau, attaque en rodage
Paul George signe 15 points, 7 rebonds, 2 passes, 2 interceptions. La note est haute, parce que son impact dépasse largement son adresse du moment.
Offensivement, il n’est pas encore dans le rythme qu’on lui connaît. Il le sait, l’assume, et répète qu’il doit continuer à tirer pour trouver la cadence. En attendant, il se rend indispensable ailleurs : pression sur les lignes de passe, mains actives, présence constante. Il a été l’un des grands artisans de la gêne infligée aux Knicks.
Cette version de George, ultra impliquée défensivement, annonce une saison intrigante pour Boston. Quand l’adresse suivra, le plafond de cette équipe montera encore d’un cran.
Mitchell Robinson, entre progrès et fautes
Mitchell Robinson a livré une copie contrastée : 4 points, 4 rebonds, 2 passes, 1 contre, et des fautes trop rapides. Il a pourtant mieux démarré que lors du match précédent, avec une implication plus nette et une action très intéressante sur un alley-oop parfaitement préparé.
Les Celtics se montrent inventifs dans leurs enchaînements d’écrans pour le mettre en position idéale. Sur cette séquence, Robinson se retrouve totalement démarqué, symbole d’un staff qui commence à comprendre comment exploiter ses qualités. Son propre constat est lucide : il découvre encore les habitudes du groupe, la façon dont l’équipe joue. Les signes de progrès sont là. Reste à gommer les fautes inutiles pour donner de la continuité à ses minutes.
Jordan Walsh, défenseur déjà, attaquant en devenir
Jordan Walsh a compilé 5 points et 3 rebonds, mais sa vraie copie se trouve de l’autre côté du terrain. Sa défense sur Jalen Brunson a été solide, engagée, intelligente.
Offensivement, il cherche encore sa place. Il ne sera sans doute jamais un joueur de chiffres clinquants, et son apport ne se mesurera pas toujours dans la boxscore. Pour l’instant, sa défense tire sa note vers le haut, son manque de repères en attaque la freine. Le staff, lui, semble voir plus loin, et il faudra un travail vidéo plus poussé pour mesurer tout ce qu’il apporte dans les détails.
Luka Garza, trois minutes trente capitales
Luka Garza n’a joué que 3 minutes 30. Elles ont pesé lourd. 8 points, 1 rebond, 1 interception, deux tirs à trois points, un putback, et un différentiel de +6 dans un match serré.
Les deux autres intérieurs, Robinson et Neemias Queta, étaient plombés par les fautes. Garza est entré, a immédiatement sanctionné, et a offert à Boston un bol d’air précieux. Ce genre de séquence peut paraître anecdotique en octobre, mais dans un match à une possession près, c’est exactement ce qui fait la différence.
Neemias Queta, impact massif, discipline à trouver
Neemias Queta a encore montré pourquoi il s’impose comme un élément clé de cette rotation intérieure : 15 points, 6 rebonds dont 4 offensifs, 3 contres. Sa présence dans la raquette change le ton physique de l’équipe.
Mais sa soirée est entachée par les fautes. Une faute de frustration alors que Boston était déjà dans la pénalité lui coûte cher, au groupe aussi. Dans ce rôle, il ne peut pas se permettre ce type d’écart. Quand il reste sur le parquet, il étouffe les attaques, se projette, s’autorise même un tir à trois points et une très belle passe. Les contours d’un pivot moderne et utile se dessinent clairement. À lui de gagner en maîtrise pour ne plus se saborder.
Payton Pritchard, bon plus/minus, rythme encore à trouver
Payton Pritchard finit avec 8 points, 4 passes, 1 rebond, et le meilleur différentiel de l’équipe à +8, à égalité avec Sam Hauser. Il a donc participé à des séquences gagnantes, même si son propre rythme offensif reste en construction.
Son jeu dépend beaucoup de la connexion avec ses intérieurs. Tant que la rotation au poste 5 continue de chercher ses repères, lui aussi naviguera un peu au feeling. La question n’est pas de juger trop vite ses deux premières sorties, mais de voir s’il parvient à installer une vraie régularité au fil des semaines.
Sam Hauser, propreté et efficacité
Sam Hauser, c’est la soirée discrète mais propre : 8 points, 2 rebonds, 2 passes, quelques tirs longue distance rentrés, des décisions justes, une défense sérieuse. Lui aussi termine à +8. Rien de spectaculaire, tout de fiable. Dans une équipe qui vise haut, ce type de rôle est indispensable.
Baylor Scheierman, peu de chiffres, beaucoup d’écran
Baylor Scheierman n’a mis que 4 points en 11 minutes, sans rebond ni passe. Sur le papier, c’est maigre. Sur le terrain, il a brillé dans un domaine rarement mis en avant : le screening.
Son travail pour libérer ses coéquipiers, poser des écrans solides, créer des angles, a pesé sur plusieurs actions. Ce n’est pas ce qui ressortira dans les résumés, mais le staff le voit, les coéquipiers aussi. Reste à y ajouter un peu plus d’impact direct sur le scoring et la création.
Hugo Gonzalez, entrée éclair, mystère persistant
Hugo Gonzalez a joué 3 minutes 35, le temps de distribuer une passe décisive avant de disparaître de la rotation. Joe Mazzulla l’a lancé tôt, puis ne l’a plus rappelé. Difficile de tirer la moindre conclusion sur si peu.
Son temps de jeu est encore une énigme, mais ce genre de situation peut basculer du jour au lendemain. Une blessure, une série de bons entraînements, un match où tout s’aligne, et la porte se rouvre.
Boston a donc remporté un match accroché en s’appuyant sur une performance majuscule de Tatum et sur une rotation déjà riche, mais encore en construction. Les automatismes ne sont pas tous là, les fautes des intérieurs rappellent que tout n’est pas réglé, l’attaque de certains cadres reste en rodage.
Pour un opener au TD Garden, ce n’est pas un aboutissement. C’est un point de départ. La question, désormais, n’est plus de savoir si ces Celtics ont du talent, mais jusqu’où cette profondeur et cette intensité peuvent les mener quand les pièces s’emboîteront vraiment.




