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Nets : Dëmin émerge mais défaite contre Cleveland

À Cleveland, les Nets ont failli signer un hold-up qui aurait masqué tous leurs défauts du soir. Ils repartent finalement avec une deuxième défaite, 125-121 face aux Cavaliers, et la sensation d’avoir commencé à jouer beaucoup trop tard.

Joe Tsai, présent en tribune au Rocket Arena devant 19 432 spectateurs, a vu son équipe encaisser, plier, presque céder complètement… puis se révolter derrière un jeune homme qui avait tout raté trois jours plus tôt.

Dëmin, de naufrage à déferlante

Egor Dëmin sortait d’un match d’ouverture cauchemardesque contre Charlotte. Il avait reconnu devoir hausser le ton. Il a répondu comme répondent les vrais meneurs : en prenant feu quand tout semblait perdu.

Le Russe termine avec 22 points, six passes décisives et un propre 5 sur 10 à trois points. Surtout, il plante 15 unités dans le dernier quart-temps, transformant un naufrage annoncé en remontée furieuse. À 104-82 pour Cleveland à 9 minutes 29 de la fin, Brooklyn paraît condamné. À 106-88, le match semble plié.

Puis Dëmin enchaîne. Trois tirs primés consécutifs. Le dernier, servi par Julius Randle, ramène les Nets à 108-97 à 7 minutes 01. La salle se crispe, Cleveland doute, Brooklyn y croit.

Cette explosion tardive ne suffit pas à renverser le score, mais elle change quelque chose de plus profond : la confiance du rookie, et le regard de son vestiaire.

Son coach Jordi Fernández l’a résumé sans fioritures : Dëmin a montré quel type de leader il peut devenir, par son exigence envers lui-même, son agressivité retrouvée et son impact des deux côtés du terrain. Défense sur le porteur, rebond, activité : tout ce qu’on attend d’un grand guard moderne, il l’a enfin laissé transparaître.

Randle dans l’histoire des Nets, Porter en soutien isolé

Longtemps, pourtant, l’attaque de Brooklyn ne repose que sur deux hommes : Julius Randle et Michael Porter Jr.

Randle compile 23 points, six rebonds et cinq passes. Avec ce deuxième match de suite à au moins 20 points, cinq rebonds et cinq passes pour démarrer la saison, il rejoint James Harden dans une catégorie très fermée de l’histoire de la franchise. Une ligne statistique de patron, arrachée dans un contexte compliqué.

Porter, lui, signe la meilleure marque de la soirée avec 28 points. C’est lui qui, au bout de la folle remontée, ramène les Nets à deux longueurs seulement, 123-121, sur un tir à trois points à 8,1 secondes du buzzer. Le scénario est alors presque parfait : de -22 à -2, balle de pression maximale sur Cleveland.

Mais la dernière marche reste trop haute. Brooklyn ne parvient jamais à égaliser. Le trou creusé plus tôt pèse comme un boulet.

Cleveland apprend de sa leçon

Les Cavaliers sortaient eux aussi d’un traumatisme : une avance de 29 points dilapidée à Philadelphie lors de leur ouverture de saison. Cette fois, ils ont bien failli rejouer le même film.

Portés par un Donovan Mitchell à 22 points et un Jarrett Allen solide à 21, ils contrôlent pourtant le match pendant trois quarts-temps. Après un premier quart équilibré, conclu sur un lancer franc de Nolan Traore donnant l’avantage 30-29 aux Nets à 41,3 secondes de la fin, Cleveland appuie soudain sur l’accélérateur.

Un 11-0 express, étalé sur la fin du premier quart et le début du deuxième, retourne la rencontre. Mitchell termine la séquence sur un lancer franc pour porter l’écart à 40-30 à 10 minutes 51 de la pause. Brooklyn ne repassera plus jamais devant.

Les Nets reviennent bien à 45-44, sur une passe de Dëmin pour un tir primé de Keon Ellis à 5 minutes 45 de la mi-temps. Réponse immédiate des Cavs : un 13-2 qui recrée un fossé et casse l’élan adverse. Quand Peyton Watson envoie un trois points pour donner 12 longueurs d’avance à Cleveland à trois minutes de la pause, la rencontre perd toute tension. Elle ne la retrouvera qu’au moment où Dëmin décidera de rallumer la lumière.

Cette fois, malgré la frayeur, Cleveland tient bon. La leçon de Philadelphie a laissé des traces.

Un calendrier sans pitié

Pour Brooklyn, le constat comptable est sec : 0-2 pour démarrer, avec un back-to-back qui se poursuit dès dimanche à domicile contre les Pacers.

Et ce n’est que le début d’une série éprouvante : six matchs consécutifs face à des candidats annoncés aux playoffs de l’Est, tous projetés à au moins 44,5 victoires par les bookmakers. Autrement dit, la marge d’erreur est infime, et le temps d’apprentissage réduit.

Il y a des motifs d’espoir : la réaction de Dëmin, la constance de Randle, l’agressivité offensive de Porter. Il y a aussi une réalité plus brutale : pendant trois quarts-temps, ces Nets n’ont pas été au niveau de l’intensité requise pour rivaliser avec les cadors de la conférence.

La question n’est plus de savoir s’ils peuvent revenir dans un match quand ils sont au bord du gouffre. Ils viennent de le prouver. La vraie interrogation, désormais, est simple : quand vont-ils enfin arrêter de se mettre eux-mêmes au fond du trou dès le début de la soirée ?