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Jaylen Brown et Jayson Tatum : pas de rivalité mais des tensions sous-jacentes

On pensait le feuilleton calmé par les communiqués lissés et les hommages de circonstance. Jaylen Brown s’est chargé de rappeler que la rupture sportive avec Jayson Tatum, et avec les Boston Celtics, ne se résumerait pas à quelques phrases polies sur les réseaux.

Envoyé aux Philadelphia 76ers dans un transfert retentissant le 1er juillet, l’ancien visage de Boston a été interrogé sur sa relation avec Tatum. Sa réponse a été à son image : directe, ciselée… et piquante.

« J’ai vu qu’il a dit : “Il n’y a pas de beef.” Et je pense qu’il a raison, il n’y a pas de beef, a lancé Brown devant les médias samedi. Jayson vient d’une famille merveilleuse, on a accompli de grandes choses, c’est un sacré joueur de basket et il a une excellente équipe de communication. Il n’y a pas de beef, mais il y a peut-être des petites côtelettes d’agneau avec un peu de sauce, vous voyez ce que je veux dire ? Il doit être prêt à tout moment. »

Le ton est posé. Le message aussi.

Brown insiste ensuite sur le fond : pas de guerre ouverte, mais aucune envie de laisser l’histoire être réécrite sans lui. « C’est tout. Il n’y a pas de beef, ça ne devrait jamais l’être. C’est juste du basket. On est tous les deux bénis. Mais il y a peut-être une petite côtelette d’agneau. On va s’en sortir. »

Un trade qui a tout bousculé

Le deal a secoué la ligue : Boston a envoyé Brown à Philadelphia et récupéré Paul George, deux premiers tours de draft et deux seconds tours. Un mouvement de franchise, presque un changement d’ère, alors que le duo Brown–Tatum venait tout juste de couronner son aventure commune avec un titre en 2024 (64–18 en saison régulière, 16–3 en playoffs).

Tatum lui-même a raconté à quel point la nouvelle l’avait pris de court. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, il décrit la scène. Shams Charania s’avance vers lui, lui tend une serviette, lui souffle de la mettre sur son visage pour cacher sa réaction. Puis la bombe : Brown est transféré. À Philadelphia. « On l’a envoyé en bas de la rue ? », lâche alors Tatum, stupéfait.

Brown a réagi à cette vidéo d’un simple emoji « casquette », symbole de mensonge dans le langage des réseaux. Un geste minime, mais lourd de sous-entendus dans un contexte déjà chargé.

« Ce n’est pas Shaq et Kobe »

Face à la montée du récit dramatique autour de leur duo, Tatum a tenté de calmer le jeu vendredi, en conférence de presse. Il a martelé qu’il n’y avait ni haine ni rancœur.

« On est dans le business du divertissement, a-t-il rappelé. Moi, je ne suis pas vraiment un gars qui aime faire le show en dehors du terrain. Je n’ai aucune animosité, aucun beef, aucune mauvaise volonté envers lui. Ce qui est frustrant, c’est que depuis qu’il n’est plus aux Celtics, les discussions ne portent plus assez sur ce qu’on a accompli. Tous les matchs qu’on a gagnés, un titre, notre progression ensemble. Tout est devenu une sorte de feuilleton. »

Puis cette phrase, comme pour couper court aux comparaisons faciles : « Ce n’est pas un putain de Shaq et Kobe. »

Le message est clair : Tatum refuse le scénario de la rivalité légendaire montée en épingle, avec trahisons et règlements de comptes publics. Brown, lui, joue davantage avec la frontière entre la pique et la punchline. Deux manières différentes de gérer la même rupture.

Une relation « quasi inexistante » en dehors du parquet

L’été dernier déjà, un rapport d’ESPN signé Shams Charania dressait un tableau nettement moins idyllique que celui affiché devant les caméras. Selon ses informations, la relation entre Brown et Tatum en dehors du basket était « aussi proche de inexistante que possible » sur l’année précédant le transfert.

Rien n’a pourtant transpiré sur le terrain. Au contraire. Pendant la saison 2025–26, Brown a endossé le costume d’option offensive numéro un à Boston pendant que Tatum soignait une rupture du tendon d’Achille. Tatum est revenu avant la fin de la saison régulière, mais les Celtics ont chuté dès le premier tour des playoffs. Une sortie prématurée qui a sans doute pesé dans la réflexion de la franchise au moment de tout redistribuer.

Sur neuf saisons côte à côte, les deux ailiers ont incarné le projet Celtics. Ascension parallèle, statut de stars confirmé, finales de conférence à répétition, puis enfin ce titre décroché en 2024. Une trajectoire construite à deux, même si la complicité n’a jamais semblé aussi naturelle que celle d’autres duos historiques.

La page se tourne, mais pas le récit

Aujourd’hui, Brown porte les couleurs des 76ers. Tatum reste le visage de Boston, désormais associé à Paul George. Les trajectoires se séparent, les ambitions restent immenses des deux côtés.

Mais l’histoire, elle, ne se referme pas d’un simple « il n’y a pas de beef ». Pas après un tel parcours commun, pas après un transfert de cette ampleur. Brown le sait, Tatum aussi. L’un choisit l’ironie des « lamb chops », l’autre la distance et le refus du drame.

La prochaine fois qu’ils se croiseront, ce ne sera plus pour partager le ballon. Ce sera pour le leur arracher. Et là, on verra si ces « petites côtelettes d’agneau » ont vraiment le goût d’un simple plat de saison… ou de quelque chose de bien plus épicé pour la suite de la NBA.