RDC Sport

Doncic, nouveau roi de L.A. avec 50 points

La succession est réglée. Parti cet été à Philadelphia, James a laissé un trône vacant aux Lakers. Luka Doncic l’a occupé sans cérémonie, mais avec fracas : 50 points, 10 passes, 8 rebonds, 8 tirs primés, 2 interceptions, et une victoire arrachée à Utah au terme d’un match longtemps mal embarqué.

À Salt Lake City, le Slovène a livré le genre de prestation qui redessine une hiérarchie. Superstar unique d’un vestiaire remodelé, il a pris le match à bras-le-corps quand tout semblait filer entre les doigts des Lakers.

« C’est une des meilleures sensations – fin de match serrée, rentrer ces trois points », a lâché Doncic. On entendait presque l’adrénaline dans chaque mot.

Les Lakers au bord du gouffre, puis la bascule

Le décor, d’abord, n’avait rien de glorieux pour Los Angeles. Après deux succès tranquilles face aux Golden State Warriors et aux Clippers, la première vraie tempête de ce début de saison a frappé dans l’Utah.

Porté par un Lauri Markkanen incandescent, Utah a dominé presque toute la première mi-temps. L’écart a grimpé jusqu’à +18. Le public de Salt Lake City y croyait, les Lakers semblaient sonnés.

Puis Doncic a commencé à remonter le temps.

Juste avant la pause, un pull-up à trois points du meneur slovène renverse l’inertie et offre un mince avantage aux Lakers à l’intervalle. Rien n’était réglé, mais le ton avait changé : Los Angeles venait de trouver son rythme, et son patron.

La seconde période s’est jouée au cordeau. Le Jazz reprend les devants à un peu plus de quatre minutes du terme. Salle en fusion. Les Lakers vacillent à nouveau.

Et puis, encore lui. Nouveau tir primé de Doncic, score recollé à 116-116. À partir de là, Utah ne reverra plus jamais la lumière.

Le duo Doncic–Reaves achève le Jazz

La pression a fini par tout fissurer. Aux côtés de Doncic, Austin Reaves a joué le parfait bras droit : 29 points, des tirs importants, une agressivité constante. Dans le dernier quart-temps, les deux hommes ont littéralement éteint l’attaque du Jazz.

Entre eux, ils ont inscrit plus de points que toute l’équipe d’Utah sur la période. Possession après possession, ils ont puni chaque hésitation défensive. Les Lakers se sont détachés dans les quatre dernières minutes, sans trembler, comme une équipe qui sait déjà ce qu’elle veut être.

Bilan : 3-0 pour cette version « new look » de Los Angeles. Invaincue, déjà testée, et surtout déjà emmenée par une star qui assume pleinement son costume.

« On a un groupe soudé. Tous les nouveaux se sentent les bienvenus. C’est ce qu’on veut », a insisté Doncic. Le message est clair : le projet tourne autour de lui, mais il n’a pas l’intention de le porter seul.

Philadelphia et James stoppés net à Detroit

Pendant que Doncic régnait dans l’Utah, la nouvelle équipe de James, les Philadelphia 76ers, a pris un coup de froid à Detroit. Invaincus jusque-là (3-0), les Sixers ont été dominés d’un bout à l’autre par des Pistons sûrs de leur force, vainqueurs 106-93.

Detroit, leader de la Conférence Est la saison passée, a frappé fort dès le deuxième quart-temps, en prenant jusqu’à 21 points d’avance. Les Sixers ont couru derrière le score toute la soirée.

Tyrese Maxey a tenté de rallumer l’étincelle avec 18 points dans le seul quatrième quart-temps. Une révolte tardive, spectaculaire, mais insuffisante. Les Pistons ont tenu bon et ont eux aussi porté leur bilan à 3-0, sans s’enflammer.

« On reste calmes. On ne s’emballe pas », a prévenu Cade Cunningham, meilleur marqueur de Detroit avec 26 points. Une phrase simple, mais qui sonne comme un avertissement pour le reste de la conférence.

Nuit noire pour les Knicks, lumière pour Wagner

Ailleurs, la soirée a pris des allures de cauchemar pour les New York Knicks. Troisième défaite de rang, cette fois face au Orlando Magic (111-102), malgré les 28 points de Jalen Brunson.

Le symbole est cruel : c’est le pire départ pour des champions NBA en titre depuis les Dallas Mavericks en 2011. Une statistique qui pèse lourd dans un vestiaire déjà en manque de certitudes.

Le coach des Knicks, Mike Brown, n’a pas cherché d’excuses : « La réalité, c’est qu’encaisser 40 points dans le quatrième quart-temps, c’est beaucoup trop… Quand on ne shoote pas bien comme c’est notre cas, il faut trouver d’autres moyens de gagner. » Pour l’instant, New York ne les trouve pas.

En face, Franz Wagner a pris feu au moment décisif : 21 points dans le seul dernier quart-temps. Un déluge offensif qui offre à Orlando sa première victoire de la saison et enfonce un peu plus des Knicks méconnaissables.

Thunder victorieux, mais brisé par la blessure de Williams

À Oklahoma City, le score raconte une belle soirée : succès 108-101 contre les Clippers, 34 points pour un Shai Gilgeous-Alexander fidèle à son statut de MVP en titre. Sur le papier, tout va bien.

La réalité est plus dure.

La rencontre a été marquée par la terrible blessure de Jalen Williams, la cheville violemment tordue sur une pénétration vers le cercle. Sorti sur civière, le joueur a laissé ses coéquipiers sous le choc.

« Je me sens mal pour lui… On doit tenir le coup jusqu’à son retour », a soufflé Gilgeous-Alexander, les larmes aux yeux après l’action. Le coach Mark Daigneault n’a pas masqué la sidération : « C’est dur. On ne va pas bien. C’est dur pour les gars. »

Le Thunder repart avec la victoire, mais aussi avec un vide dans la rotation et dans le cœur du groupe. La saison est longue, mais certaines nuits laissent des traces.

Minnesota déroule, Edwards en patron

Plus au nord, les Minnesota Timberwolves ont continué leur début de saison sans accroc. Troisième succès confortable de suite, cette fois face aux Toronto Raptors, battus 117-94.

Anthony Edwards a encore tenu son rang, meilleur marqueur du match avec 26 points. Minnesota a contrôlé la rencontre, imposé son rythme, et confirmé une impression : cette équipe joue avec une assurance nouvelle, presque tranquille.

Dans une ligue déjà secouée par les changements d’été, une chose s’impose pourtant avec clarté après cette nuit : à Los Angeles, le présent ne se conjugue plus avec James. Il porte désormais un autre nom, et il vient de la Slovénie.