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Derik Queen : L’étincelle des Pelicans

Privé d’Yves Missi, touché au genou, New Orleans avait un trou béant à combler dans la raquette. Jamahl Mosley a choisi l’option la plus rassurante sur le papier en titularisant DeAndre Jordan. L’option la plus percutante, elle, est venue du banc : Derik Queen.

En 24 minutes, le rookie a changé le ton du match face aux Nuggets : 17 points à 6/10 au tir, huit rebonds, deux passes. Des chiffres bruts, mais surtout une impression nette : l’attaque des Pelicans respire mieux quand il est sur le parquet.

Jordan a démarré, Queen a pesé. Vingt minutes pour le vétéran, moins de volume offensif, plus de retenue. Mosley savait ce qu’il obtenait avec lui : de la protection de cercle, du placement, une défense solide. Avec Queen, il prend un pari. Un pari sur le talent.

Un profil fantasy aussi excitant que risqué

La situation est claire : tant que Missi reste à l’infirmerie, Queen gagne du terrain. Les Pelicans ne rejouent que mercredi, pour le premier match d’un back-to-back. Si le pivot titulaire est encore absent, la fenêtre s’ouvre un peu plus pour le rookie.

Pour les managers fantasy, le message est simple : Queen mérite d’être récupéré en redraft. Il a déjà montré qu’avec du temps de jeu, il peut empiler les points, les rebonds et même flirter avec le triple-double. Son premier exercice NBA s’est d’ailleurs terminé sur un coup d’éclat : un 30/20 lors du dernier match de saison régulière, 41 minutes au compteur dans une rotation réduite à sept joueurs contre les Timberwolves. Un avertissement envoyé à toute la ligue.

Mais la contrepartie est connue : sa défense reste son talon d’Achille. Et Mosley n’est pas exactement le coach le plus tolérant avec les errements de ce côté du terrain. S’il ne suit pas les principes défensifs, un autre profil comme Karlo Matković peut très vite grappiller ses minutes. C’est là que réside le risque.

Son ADP Yahoo! autour de 85 avant le début de saison illustre parfaitement ce grand écart : le talent est indéniable, le contexte loin d’être garanti. Investir un choix top 100 sur un joueur qui n’a pas la certitude de démarrer, sous un coach défensif, reste une prise de risque assumée.

Entre plafond immense et exigence défensive

Le paradoxe Queen saute aux yeux. Offensivement, il sait tout faire ou presque : scorer au poste, finir près du cercle, distribuer, poser l’écran et ressortir proprement. Lorsqu’il a des responsabilités, la feuille de stats s’envole. Il a déjà compilé douze double-doubles sur la saison et plusieurs matchs à la limite du triple-double, avec des passages très convaincants en défense, ponctués de contres et d’interceptions.

On l’a vu récemment, plus actif, plus concentré, capable de signer trois interceptions et deux contres dans une même rencontre. La présence d’un vétéran comme Kevon Looney à ses côtés l’aide à se placer, à parler, à lire les actions. Mais ce genre de performance doit devenir une habitude, pas une exception.

C’est précisément là que se joue son avenir immédiat. Sa place dans le cinq, son volume de minutes, et par ricochet sa valeur fantasy, dépendront de sa capacité à défendre avec constance. Sans ça, Mosley reviendra à ses fondamentaux : Missi quand il sera de retour, Jordan ou Matković pour verrouiller.

Avec les absences répétées de Zion Williamson et d’Yves Missi, Queen a déjà été propulsé titulaire au poste d’ailier fort ou de pivot, aux côtés de Looney. Il a prouvé qu’il pouvait encaisser des minutes de titulaire, porter une attaque en panne, tenir le choc physiquement. La question n’est plus de savoir s’il a le niveau offensif. Elle est de savoir s’il acceptera les exigences défensives qui vont avec ce statut.

Pour New Orleans comme pour les managers fantasy, la saison de Derik Queen ne se jouera pas sur ses points. Elle se jouera sur ses rotations défensives. Et c’est souvent là que se décide la différence entre un simple phénomène de fin de saison… et une pièce maîtresse à long terme.