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Tottenham face à Chelsea : De Zerbi défend son staff médical

À la veille d’un déplacement toujours chargé d’histoire à Stamford Bridge, Roberto De Zerbi a choisi son camp. Et ce n’est pas celui de la facilité. L’entraîneur de Tottenham, privé d’une bonne partie de son effectif, a fermement dédouané le département médical du club, alors que la liste des blessés s’allonge encore avant d’affronter Chelsea.

Les chiffres donnent le vertige : en tenant compte des absents de longue durée, Spurs pourrait se présenter à Londres sans neuf joueurs. Rodrigo Bentancur est suspendu, Lucas Bergvall et Savio sont toujours à l’infirmerie, Destiny Udogie reste indisponible, Tosin Adarabioyo est incertain. James Maddison n’a pas pu s’entraîner pendant trois jours après la victoire contre Coventry et risque de manquer, tandis que Dejan Kulusevski, tout juste revenu sur les pelouses après de longs mois d’absence, doit être ménagé.

Dans ce contexte, le retour de Pedro Porro arrive comme une bouffée d’oxygène. Andy Robertson, Omar Marmoush et Dominic Solanke ont également été jugés “bien” sur le plan physique par leur entraîneur. Un rayon de soleil dans un ciel chargé.

Quelle est la responsabilité du staff médical ?

Face aux interrogations, De Zerbi ne s’est pas contenté de phrases convenues. Il a déroulé, cas par cas, pour défendre son équipe médicale, désormais dirigée par Dan Lewindon, nommé directeur de la performance la saison passée et à l’origine de plusieurs recrutements au sein du département.

À propos de Pedro Porro, le technicien italien a rappelé le contexte : un titre mondial avec l’Espagne, un été sans véritable préparation, un ischio déjà fragilisé durant la Coupe du monde. Le latéral a ressenti une gêne à l’entraînement, mais a insisté pour jouer contre Aston Villa le 29 septembre. Rechute. Pour De Zerbi, l’enchaînement est limpide : le joueur a poussé son corps trop tôt. « Quelle est la responsabilité du staff médical ? » a-t-il lancé, rhétorique.

Même logique pour Lucas Bergvall. Le jeune milieu se tord le genou dès la première minute face à Manchester United le 10 octobre, serre les dents, termine la rencontre, puis ressent une douleur le lendemain. Là encore, De Zerbi estime que le corps médical ne peut pas être tenu pour responsable.

Andy Robertson, lui, a enchaîné quatre matchs consécutifs avec l’Écosse pendant la trêve internationale. Fatigue accumulée, petite alerte, absence à Manchester, puis 65 minutes disputées contre Coventry avant de sortir rincé. Pour l’entraîneur, c’est le football moderne dans toute sa brutalité : surcharges, voyages, rythme infernal. Rien d’anormal, rien de négligent.

« Je suis convaincu que notre staff médical est de très haut niveau, a-t-il insisté. Je sais comment ils travaillent, j’ai une grande confiance en eux. Nous souffrons d’une situation normale dans le football. » Le bilan complet viendra en fin de saison, a-t-il promis, mais pour l’instant, il refuse toute mise en accusation.

Stamford Bridge, le passé ne compte pas

Reste le décor : Stamford Bridge, un stade où Tottenham ne gagne presque jamais. Une seule victoire lors des 42 derniers déplacements, toutes compétitions confondues. Une statistique qui pèse lourd dans l’histoire récente du club… mais pas dans l’esprit de De Zerbi.

Interrogé sur cette série noire, l’Italien a balayé le sujet d’un revers de main. Pour lui, cette malédiction appartient à d’autres générations. « Quel est le problème ? Nous n’avons pas joué pour Tottenham dans le passé et je n’étais pas l’entraîneur ces dernières saisons », a-t-il tranché. Avec l’hécatombe de blessés, il estime déjà avoir suffisamment de soucis pour ne pas y ajouter les fantômes d’hier.

Tottenham se présentera donc à Stamford Bridge diminué, mais soudé autour d’un staff médical publiquement protégé par son entraîneur. Dans une saison où chaque point comptera, ce choix de mettre le bouclier devant ses médecins en dit peut-être autant sur De Zerbi que n’importe quel système de jeu.