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Warriors dominés par Devin Booker malgré une rotation encourageante

Privés de la moitié de leur colonne vertébrale, en fin de back-to-back, les Golden State Warriors ont pris de plein fouet un joueur en feu. Devin Booker a transformé la soirée en démonstration personnelle, et les Warriors, battus 131-122 par les Suns, n’ont jamais vraiment trouvé la moindre réponse.

43 points. 17 tirs réussis sur 25 tentés. Une défense constamment prise à contre-pied. Booker a dicté le tempo, les angles, le rythme. Les Warriors, eux, n’ont fait que subir.

Sans Stephen Curry, Draymond Green, Brandin Podziemski ni Al Horford, tous laissés au repos, Golden State a abordé ce match avec seulement 11 joueurs disponibles, dont trois sous contrat two-way. Quand Gui Santos a quitté le parquet dans le troisième quart-temps, touché au genou, le banc déjà court s’est encore un peu plus rétréci. Et face à une équipe de Phoenix qui a shooté à 58 % sur l’ensemble du match, la marge d’erreur a disparu.

Les pivots de rotation envoient un message

Dans ce contexte, un secteur a pourtant envoyé des signaux encourageants : la rotation intérieure. Graham Ike et Charles Bassey n’ont pas simplement “tenu le choc”. Ils ont imposé une présence.

Ike a signé un double-double solide, 12 points et 10 rebonds en 26 minutes, actif sur les deux panneaux, agressif dans la raquette. À ses côtés, Bassey a profité de ses 13 minutes pour empiler 10 points, 7 rebonds et 2 contres, apportant énergie, verticalité et dissuasion.

La veille, face aux Grizzlies, Ike avait débuté la rencontre mais n’avait joué que 12 minutes, tandis que Bassey restait en civil à cause d’une tendinite au genou. Cette fois, tous les deux ont montré qu’ils pouvaient soutenir un volume de jeu bien plus important.

La conclusion s’impose d’elle-même : quand Draymond Green et Al Horford sont là, ces deux intérieurs doivent quand même voir le parquet. Certes, aucun des deux ne s’étire le jeu comme Horford derrière l’arc, aucun ne lit le jeu ni ne organise la défense comme Green. Mais leur taille, leur impact au rebond et leur capacité à marquer près du cercle peuvent soulager Green, qui n’aurait plus à passer autant de minutes au poste 5. Et dans une équipe qui peine déjà à contenir les drives adverses, chaque centimètre et chaque rebond arraché comptent.

Draymond manque, mais le problème est plus profond

Les chiffres de la saison passée face aux Suns rappellent ce que représente Draymond Green. En quatre matchs de saison régulière, Golden State avait concédé 107, 99, 116 et 97 points. Green était sur le parquet à chaque fois, et l’empreinte défensive se voyait dans le tableau d’affichage.

Sans lui, Phoenix a planté 74 points après la pause. Le cœur défensif de l’équipe manquait, et ça s’est vu sur chaque écran, chaque aide en retard, chaque closeout approximatif. Green reste le meilleur défenseur complet des Warriors, et son absence pèse.

Mais se cacher derrière son nom serait trop simple. Même avec lui, les failles existent. Mercredi, face aux Lakers, Golden State a encaissé 127 points alors que Green était bien là. Le fil rouge de ce début de saison est ailleurs : les Warriors ne contrôlent pas les extérieurs adverses.

Luka Doncic et Austin Reaves avaient déjà combiné 51 points et 13 passes. Devin Booker vient d’ajouter 43 points et 7 passes. Même Ty Jerome, loin du statut de star, a trouvé le moyen de planter 28 unités. Le point d’attaque se fissure trop vite, et derrière, les rotations n’effacent rien, elles aggravent les brèches.

Les porteurs de balle adverses atteignent leurs spots sans réelle résistance. Les premiers appuis sont battus, les aides sortent en retard, les closeouts sont mal dosés. L’ensemble défensif se délite, possession après possession. Si Golden State veut inverser la tendance dès ce début de saison, c’est là que tout doit commencer : contenir la première percée, resserrer les lignes, retrouver une identité collective de ce côté du terrain.

Yaxel Lendeborg, l’adresse qui change tout

Au milieu de ce tableau inquiétant, un nom apporte une note lumineuse : Yaxel Lendeborg. L’ailier a signé son record en carrière avec 26 points, porté par 6 tirs primés, également un sommet personnel.

Sur les trois premiers matchs, il tourne à 42,1 % à trois points. Mais ce ne sont pas seulement les chiffres qui frappent, c’est la manière. Lendeborg semble chez lui derrière l’arc. Il maîtrise le side-step vers la gauche, arme des shooteurs confiants, et n’hésite pas à déclencher en transition sur pull-up. Contre Phoenix, il a surtout brillé sur les catch-and-shoot, sanctionnant chaque demi-seconde de retard de la défense.

Détail révélateur : la plupart de ses cinq tirs manqués ont littéralement dansé sur le cercle avant de ressortir. Ce genre de ratés raconte souvent plus qu’un simple pourcentage brut. C’est la signature d’un vrai tireur.

Ajoutez à cela sa présence au rebond, sa capacité à faire circuler la balle, et Lendeborg ressemble déjà à un attaquant au-dessus de la moyenne dans ce groupe. La prochaine étape paraît évidente : l’intégrer davantage dans les systèmes de fin de match aux côtés de Stephen Curry. Quand l’attaque se fige dans le money time, un shooteur en rythme, capable de punir les aides et de créer un tir en un dribble, peut devenir le détonateur.

Pour l’instant, les Warriors sont à 0-3, bousculés physiquement, débordés sur les lignes extérieures, dépendants de leurs absents. Mais si la défense retrouve un minimum de mordant et si des profils comme Ike, Bassey et Lendeborg s’installent dans la rotation, cette entame de saison ne restera peut-être qu’un avertissement. La question, désormais, est simple : combien de temps Golden State mettra-t-il à ressembler de nouveau à une équipe qui dicte les règles, plutôt qu’à une équipe qui les subit ?