RDC Sport

Kimi Antonelli s'impose à Austin et décroche la pole position

À Austin, Kimi Antonelli a frappé fort. Très fort. Sous le soleil texan, l’Italien a arraché la pole position du Grand Prix des États‑Unis avec un tour majuscule pour Mercedes, repoussant Max Verstappen à la deuxième place et se plaçant en position idéale pour tenter de plier le championnat dès ce week‑end.

Antonelli impose sa loi

Le tour référence est tombé en Q3 : 1’34’’035. Un temps sec, tranchant, presque brutal, qui a laissé tout le monde à distance. Près de deux dixièmes sur Verstappen, pourtant sur une Red Bull revenue au premier plan ces dernières semaines. Dans un peloton serré où Ferrari et Red Bull semblaient capables de jouer la pole, Antonelli a tout simplement haussé le niveau.

Derrière lui, Isack Hadjar signe une performance solide avec la troisième place pour Red Bull, devant Charles Leclerc et Lewis Hamilton, quatrième et cinquième pour Ferrari. George Russell, lui, doit se contenter du sixième chrono avec l’autre Mercedes, à plus de quatre dixièmes de son coéquipier. L’écart dit tout de la maîtrise d’Antonelli sur ce tour décisif.

Une pole au goût de titre

Cette pole, sa première depuis le Grand Prix de Belgique en juillet, tombe au moment parfait. Antonelli aborde Austin avec 102 points d’avance sur Russell. L’équation est simple, mais impitoyable : pour être sacré dès ce dimanche, il doit gagner et espérer que Russell termine hors du top 8, avec Hamilton au‑delà de la quatrième place. Le scénario n’est pas entièrement entre ses mains, mais il a fait tout ce qu’il fallait pour ouvrir la porte.

Lui, ne s’en cache pas : « On a la pole, donc on va essayer de gagner demain », lâche-t-il, lucide sur la menace Verstappen. Le Néerlandais reste la référence du moment, auteur de la pole et de la victoire sur les deux dernières manches. Mais cette fois, c’est Antonelli qui part devant, avec la trajectoire intérieure vers le premier virage et la possibilité d’imposer son rythme d’entrée.

Le vent a rendu la Q3 piégeuse, avec des rafales capricieuses qui ont balayé le Circuit of the Americas. Sur son tour, Antonelli n’a rien laissé filer. Pas une correction de trajectoire de trop, pas une hésitation. Juste une attaque contrôlée, ligne après ligne, jusqu’au drapeau à damier.

Mercedes retrouve le sourire

Cette pole a un autre effet : elle redonne de l’air à Mercedes. Les évolutions introduites en Malaisie avaient transformé la voiture en bête plus délicate à apprivoiser qu’espéré. Les premiers essais en Malaisie puis à Singapour n’avaient pas livré le bond de performance attendu. À Austin, l’équipe semble enfin avoir trouvé la clé.

Pete Bonnington, l’ingénieur d’Antonelli, l’a reconnu : ce résultat n’était pas vraiment dans les prévisions, au vu du travail encore en cours sur le package et de la forme éclatante de Red Bull. Le sourire d’Antonelli après la séance en disait autant que ses mots. Il parlait d’une « bonne surprise », du « grand pas en avant » réalisé depuis Singapour, du « travail énorme » abattu en coulisses. Les faits lui donnent raison : la Mercedes est redevenue une arme, entre de bonnes mains.

Sur le premier run de Q3, Antonelli avait déjà donné le ton. Tour propre, agressif, immédiatement devant Verstappen. Sur la dernière tentative, le triple champion du monde a tout tenté. Sans succès. Il n’a pas amélioré. Antonelli non plus, mais il n’en avait plus besoin. Le temps était tombé, la marque était posée. La pole, inattendue pour beaucoup, était à lui. « Yes man, it’s good to be back », a-t-il lancé à la radio, comme un clin d’œil à une saison où chaque week‑end semble ajouter une ligne à son CV.

La jeunesse au pouvoir

À 20 ans, Antonelli est en train de marcher sur une frontière historique : celle du plus jeune champion du monde de F1. Huit victoires déjà cette saison, sept poles désormais, et la première à Austin pour lui. Pour Mercedes, c’est aussi un retour symbolique : l’écurie n’avait plus signé la pole au Circuit of the Americas depuis Valtteri Bottas en 2019, année où le Finlandais avait converti l’essai en victoire.

Cette fois, le décor est différent, mais l’objectif reste le même : partir devant, contrôler, et si possible sceller un titre. Antonelli sait qu’il lui faudra plus que sa seule vitesse. Il lui faudra un dimanche sans faute, et un coup de moins bien chez Russell et Hamilton. Il ne maîtrise pas tout. Mais il a remis la pression exactement là où il le fallait.

Max Verstappen, lui, a déjà prévenu : si ce n’est pas ce week‑end, ce sera sans doute le suivant, ou celui d’après. Les « gros travaux » sont faits, comme il le dit. Les chiffres le confirment. À Austin, Antonelli n’a pas encore le trophée entre les mains. Mais il a déjà verrouillé ce qui lui appartient le plus : la première place sur la grille, et la sensation très nette que, désormais, le championnat se joue à son rythme.