Kimi Antonelli défie Verstappen et s'empare de la pole à Austin
La nouvelle ère de la Formule 1 a peut‑être trouvé son symbole : un adolescent italien qui devance Max Verstappen pour la pole au Circuit of the Americas. Andrea Kimi Antonelli partira devant tout le monde au Grand Prix des États‑Unis 2026, avec en prime une première balle de match pour le titre mondial.
Sur les hauteurs vallonnées d’Austin, la Mercedes a claqué le tour qu’il fallait, au moment où il le fallait. Verstappen, référence absolue du tour rapide depuis des années, a cette fois trouvé plus tranchant que lui. Antonelli n’a pas tremblé. Ni dans le premier secteur en montée, ni dans la longue enchaînement de courbes, ni dans le dernier freinage.
Ferrari brille le vendredi, s’efface le samedi
La veille, tout semblait pourtant pointer vers Ferrari. L’équipe italienne avait planté le décor dès les deux premières séances d’essais libres. Charles Leclerc, déjà vainqueur à COTA en 2024, avait dominé les débats au volant de la SF‑26 revue et corrigée. Deux séances, deux meilleurs temps. Un rythme solide, une voiture posée, une confiance apparente.
Leclerc avait pourtant calmé les ardeurs, presque à contre‑courant de l’enthousiasme ambiant. Pas question, prévenait‑il, de tirer des conclusions hâtives d’un vendredi souvent trompeur. Il avait raison. Quand la piste a vraiment compté, quand la température a baissé et que les moteurs ont été libérés en qualifications, le vernis rouge s’est légèrement craquelé. La Ferrari est restée compétitive, mais plus assez dominante pour dicter sa loi.
Le rêve d’un troisième succès à Austin, après 2018 et 2024, n’est pas enterré, loin de là. Mais Ferrari sait désormais qu’elle devra se battre sur la durée, en course, plutôt que compter sur une supériorité pure sur un tour.
Antonelli, une pole et un titre en ligne de mire
Pour Mercedes, la journée a pris une autre dimension. Antonelli, déjà deuxième à l’issue de la deuxième séance d’essais libres, a transformé cette promesse en résultat concret. La pole ne vaut pas encore une couronne, mais elle place le jeune Italien exactement là où il voulait être : en contrôle de son destin.
Le scénario est limpide : il peut décrocher son premier titre mondial dès ce week‑end. Sur une piste où l’usure des pneus, le vent et le relief peuvent tout renverser, partir devant reste une arme redoutable. Surtout pour un pilote qui a montré une maturité étonnante dans la gestion des courses.
Face à lui, Verstappen n’a pas disparu. Loin de là. Le triple champion du monde reste dans le coup, troisième à l’issue des essais du vendredi, toujours menaçant, toujours capable de retourner une situation par un relais parfait ou une stratégie agressive. Red Bull sort de deux victoires consécutives et arrive à Austin lancé à pleine vitesse.
L’élan est là, l’habitude de gagner aussi. Mais cette fois, la flèche argentée d’Antonelli s’est interposée entre Verstappen et la ligne idéale.
COTA, théâtre d’une bascule ?
Depuis son arrivée au calendrier en 2012, le Grand Prix des États‑Unis au Circuit of the Americas a gagné une place à part dans la saison. Ambiance de festival, piste technique, virages rapides qui ne pardonnent pas, longues lignes droites propices aux attaques : COTA récompense les plus complets, les plus audacieux.
Cette deuxième visite de la F1 aux États‑Unis en 2026 s’inscrit dans cette lignée. Ferrari cherche à renouer avec la victoire ici, Mercedes joue un titre, Red Bull veut prolonger sa série. Trois forces, trois dynamiques, une seule course pour trancher.
Antonelli a frappé le premier. Verstappen rôde, prêt à répliquer. Leclerc attend son heure, conscient que le dimanche à Austin réserve souvent des rebondissements.
Reste une question, simple et brutale : COTA va‑t‑il couronner un nouveau champion, ou relancer une saison déjà électrique ?



