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Vaibhav Sooryavanshi face à un défi au numéro 3 : Ashwin s'exprime

Sur la pelouse de Christchurch, au milieu d’un succès maîtrisé de l’Inde dans le deuxième T20I face à la Nouvelle-Zélande, un détail n’a pas échappé à Ravichandran Ashwin : le malaise évident de Vaibhav Sooryavanshi au poste de numéro 3.

Propulsé dans le XI en remplacement d’Ishan Kishan, blessé, l’adolescent s’est retrouvé dans une situation qu’il ne connaît pas. Sanju Samson et Abhishek Sharma ont conservé leur rôle de titulaires en ouverture, laissant au jeune Vaibhav la tâche délicate d’entrer en jeu dès la sixième over, dans un rôle de stabilisateur qu’il ne maîtrise pas encore. Résultat : 4 runs en 8 balles, sans jamais donner l’impression de trouver le bon rythme.

Ashwin, au micro après la rencontre, n’a pas cherché à maquiller la réalité, tout en protégeant le joueur. Pour lui, c’est un « raté » sur la feuille de match, mais certainement pas un jugement définitif sur le talent du batteur. Il décrit un jeune homme qui « allait fort » balle après balle, sans jamais vraiment « timer » la balle, comme s’il se débattait dans un environnement étranger.

L’image choisie par le vétéran est parlante : un « poisson hors de l’eau ». Entrer en numéro 3, en plein milieu du powerplay, « ce n’est pas sa tasse de thé », insiste-t-il.

Ashwin ne critique pas l’intention de Vaibhav, qui a tenté de frapper fort dès son arrivée, mais pointe un manque de repères, presque de cadre.

Un jeune livré à lui-même au mauvais endroit

Ce qui dérange le plus Ashwin, ce n’est pas la ligne de stats. C’est l’absence d’accompagnement sur le terrain. Dans un rôle aussi sensible, il estime qu’un jeune doit être entouré, guidé, recadré si nécessaire.

Il imagine la scène idéale : un partenaire chevronné qui vient lui parler, lui demande de se calmer, de jouer plus près du corps, de « mieux regarder la balle ». Parfois, rappelle-t-il, un simple rappel de ce genre suffit à remettre un batteur dans son plan de jeu. Au lieu de ça, Vaibhav a semblé coincé dans un mode « attaque » permanent, sans ajustement, sans respiration.

Ashwin ne remet pas en cause l’idée de faire cohabiter Vaibhav Sooryavanshi, Abhishek Sharma et Sanju Samson dans le même XI. Il remet en cause leur ordre de passage. Pour lui, la solution est claire : si cette combinaison doit perdurer, Samson doit redescendre au numéro 3, un rôle qu’il a déjà occupé pour l’Inde. Laisser un novice dans cette position charnière, dans ce contexte, lui paraît être une erreur de casting.

« Aujourd’hui, c’était un raté pour Vaibhav », tranche-t-il, sans dramatiser, mais sans édulcorer non plus.

Une autre Inde se dessine : la menace du milieu de tableau

Pendant que Sooryavanshi cherchait ses marques, d’autres ont montré à quel point cette équipe indienne change de visage. Derrière le top-order, la colonne vertébrale Tilak Varma – Nitish Kumar Reddy – Ramandeep Singh a pris le relais pour aller chercher les 180 runs néo-zélandais.

Ashwin, cette fois, n’a que des éloges. Il voit dans ce milieu et bas de classement une arme nouvelle, presque intimidante. Les postes 6, 7 et 8, dit-il, « viennent très bien ». Tous peuvent frapper fort. Tous peuvent retourner une fin de manche.

Ramandeep Singh, surtout, retient son attention. Ashwin souligne sa capacité à cogner la vitesse, mais aussi à « vraiment matraquer » les spinners. Se tenir droit et frapper un spinner de la trempe de Mitchell Santner, ce n’est pas un détail. C’est un signe de niveau. Il parle d’un batteur au tempérament solide, « imperturbable » à la batte.

Tilak Varma, lui aussi, renvoie l’image d’un joueur au sang-froid remarquable. Pour Nitish Kumar Reddy, Ashwin se montre plus prudent : il avoue ne pas encore connaître son tempérament sur la durée, mais il voit suffisamment de puissance pour forcer le respect des attaques adverses.

Ce qu’il retient, c’est l’ensemble : une Inde dont le lower middle order n’est plus un point faible, mais une zone rouge pour les bowlers d’en face. Une section de line-up qui peut faire exploser une fin d’innings, et qui commence déjà à faire réfléchir les futurs adversaires.

D’un côté, un jeune propulsé trop haut, trop tôt. De l’autre, une base de puissance qui s’installe dans le cœur de la carte. La prochaine étape, pour ce staff, sera de trouver le bon étage pour chacun dans cette structure qui, elle, a clairement décidé de frapper très fort.