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Verstappen alerte sur l'état du circuit d'Austin : bosses incontrôlables

Max Verstappen adore Austin. Le tracé, l’ambiance, la ville. Il le répète sans détour : pour lui, le Circuit of the Americas est « l’un des meilleurs tracés » et « l’un des meilleurs lieux » du calendrier. Mais derrière le sourire, le triple champion du monde pose un constat brutal : le circuit est devenu un champ de mines.

« Pour moi, les bosses sont inacceptables », lâche le pilote Red Bull.

Les pilotes se plaignent depuis des années de l’état de la piste texane. Les organisateurs ont tenté de poncer, raboter, lisser quelques zones. Pour Verstappen, ce n’est qu’un pansement sur une fracture ouverte.

Il va plus loin : « Au fil du temps, ils ont un peu meulé ici et là, mais c’est juste mettre un pansement sur le gros problème. » Pour régler vraiment la situation, il faudrait selon lui « ouvrir complètement la piste », refaire en profondeur. Coûteux, long, mais indispensable. Car ces bosses, insiste-t-il, « ne sont pas naturelles » et « sont hors de contrôle ».

Un circuit qui bouge… et des corps qui encaissent

Construit sur d’anciens marécages, le sol du COTA travaille, se tasse, remonte par endroits. Les organisateurs s’en servent souvent comme explication. Verstappen n’achète pas cet argument.

« On peut utiliser l’excuse que le sol est le problème, mais dans ce cas il fallait le savoir et s’assurer de le renforcer davantage », assène-t-il.

Le Néerlandais ne parle pas seulement de confort. Il parle de santé. De chocs répétés. De colonne vertébrale. Il donne un chiffre qui glace : l’an dernier, dans un virage, il encaissait habituellement 5 à 6 G. Mais il a subi des impacts verticaux dépassant les 9 G sur la colonne. « Je peux vous dire que ce n’est vraiment pas amusant, et plus on vieillit, plus on y pense », confie-t-il.

Et le pire pourrait bien être devant eux.

Des voitures plus basses, des impacts plus durs

Les monoplaces 2022-2025 roulent globalement plus bas. Et avec la façon dont les équipes exploitent le règlement actuel, elles se retrouvent encore plus proches du sol dans les virages qu’auparavant.

Le mécanisme est simple : ailes avant et arrière ouvertes en mode réduction de traînée en ligne droite, puis refermées au freinage et en courbe. Résultat, la voiture s’affaisse. Et quand elle s’affaisse sur une piste bosselée, elle tape.

« On talonne beaucoup plus fort, parce que quand les ailes se ferment et que la hauteur de caisse descend, le freinage devient un moment très stressant », explique Verstappen.

À Austin, il sait déjà que certains points de freinage sont « très bosselés ». Le danger, selon lui, vient de ces bosses « bizarres », pas seulement de l’usure normale d’un bitume vieillissant, mais du sol qui bouge en dessous. Parfois, il suffit d’être « un tout petit peu hors trajectoire » pour tomber sur une irrégularité inattendue, sur une zone où personne ne roule d’habitude.

Le verdict médical ne le rassure pas : « D’après les examens que j’ai faits pour ma colonne, le bas ne paraît pas très beau. » Il accepte que le risque fasse partie du sport, mais refuse l’idée que ce type de dégradation devienne la norme : « Si on continue à trouver ça acceptable de rouler là-dessus, on va en souffrir beaucoup plus. »

Norris appuie, Russell relativise

Max Verstappen n’est pas isolé. Le champion du monde en titre, Lando Norris, prend le même chemin et durcit le ton sur les normes de la piste.

Le pilote McLaren rappelle que les tolérances imposées pour la construction de nouveaux circuits sont extrêmement strictes. Pour lui, Austin en est loin : « Ça ne correspond vraiment pas à ce que prévoient ces règlements aujourd’hui. »

Le Britannique parle sans filtre du ressenti dans le cockpit. Avant même de monter en piste, il pense aux antidouleurs : « Il y a beaucoup d’endroits où je dois prendre des comprimés pour la tête avant de sortir, simplement parce que c’est tellement bosselé et qu’on se cogne la tête très fort contre l’appuie-tête à cause des bosses. Ce n’est clairement pas agréable. »

Les pilotes ont déjà signalé le problème « de très nombreuses fois ». Mais Norris sait qu’ils touchent là les limites de leur influence : « Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire. On se plaint, on remonte les infos, mais on ne peut pas se plaindre indéfiniment. Mais il a raison », conclut-il en parlant de Verstappen.

George Russell, lui, se montre plus fataliste. Le pilote Mercedes reconnaît les bosses, mais les range presque dans le décor naturel du métier. « C’est bosselé, mais je pense que ça fait partie de la course », estime-t-il.

Il élargit le débat : pour lui, les circuits de F1 devraient être resurfacés tous les deux ans pour garantir une certaine constance. Il pointe du doigt d’autres tracés où le bitume « se décolle », « se désagrège » et « cause plus de problèmes qu’autre chose ». « Ce n’est pas idéal, mais on ne peut pas faire grand-chose », tranche-t-il.

Entre spectacle et intégrité physique, jusqu’où aller ?

Austin offre des courses spectaculaires, des zones de freinage à gros cœur, des enchaînements rapides qui font vibrer les tribunes. Mais à écouter Verstappen et Norris, le prix payé par les corps commence à dépasser la ligne rouge.

La question n’est plus seulement de savoir si le COTA doit être un peu retouché. Elle est de savoir quand la Formule 1 acceptera de fermer ce circuit iconique pour le refaire à la racine, avant que ces bosses « hors de contrôle » ne laissent des traces irréversibles sur la génération actuelle de pilotes.