UFC 333 : Volkanovski et Evloev s'affrontent pour la ceinture
À Abu Dhabi, les champions sont déjà en ordre de marche. À la veille de l’UFC 333, Alexander Volkanovski et Petr Yan ont planté le décor lors de la pesée cérémonielle : regards glacés, mots pesés, tension maximale. Tout ce qu’il faut pour annoncer une soirée où les ceintures ne seront pas simplement défendues, mais disputées avec férocité.
Volkanovski – Evloev : le champion face à l’invaincu
Alexander Volkanovski, 38 ans, a coupé la balance à 144,5 livres. En face, Movsar Evloev, 32 ans, a affiché 145 livres, pile dans la limite. Rien d’anodin ici : le champion plume contre le numéro 1 de la catégorie, un vrai duel sportif, sans détour, sans raccourci marketing.
Le face-à-face a été long, dense, sans un geste de trop. Nez contre nez, regard planté, aucun des deux n’a cherché à jouer un rôle. Volkanovski a ensuite pris le micro pour rappeler une vérité simple, mais rare à ce niveau : un champion contre son véritable prétendant.
« Co-main et main event, champion contre numéro 1 du classement — c’est comme ça que ça doit être. On va vous offrir un show », a lancé l’Australien, déterminé à faire de ce rendez-vous un manifeste pour le mérite sportif.
En face, Movsar Evloev ne s’est pas perdu en effets de manche. Dix combats à l’UFC, dix victoires, un style rugueux, usant, souvent emmené jusqu’à la décision. Une route longue, parfois ingrate, mais qui le mène enfin à ce titre qu’il poursuit depuis des années.
« Tout le travail est fait, tout ce qui devait être dit a été dit. Maintenant, je dois faire ce sur quoi je travaille depuis si longtemps. Allons-y », a résumé le Russe, fidèle à son registre : froid, concentré, obsédé par l’exécution.
Le contraste est saisissant. D’un côté, un champion installé, rodé aux grands soirs. De l’autre, un invaincu qui a grimpé marche après marche sans jamais déraper. Samedi, il n’y aura plus de chiffres, plus de séries. Juste 25 minutes, ou moins, pour savoir si la division plume change de visage.
Yan – Dvalishvili III : une trilogie pour la ceinture
Juste avant eux, la ceinture des poids coq sera en jeu dans un troisième chapitre brûlant entre Petr Yan et Merab Dvalishvili. Les deux hommes se connaissent par cœur, et ça s’est vu lors du dernier staredown : pas de sourire, pas de jeu, seulement une vieille rancune sportive qui refuse de s’éteindre.
Les deux ont respecté la limite à 135 livres. Les comptes, eux, restent ouverts.
En 2023, Merab Dvalishvili avait dominé Yan dans un combat sans titre, une véritable démonstration. Puis la roue a tourné. En décembre, dans le combat qui comptait pour l’or, c’est lui qui a chuté, perdant la ceinture dans une soirée qu’il pensait lui appartenir. Samedi, il revient pour reprendre ce qu’il estime être le sien.
« Samedi, je vais vous montrer qui est le meilleur des meilleurs », a promis Petr Yan, 33 ans, sec, précis, comme à son habitude.
Face à lui, Dvalishvili, 35 ans, n’a pas reculé d’un millimètre. « Ça va être un combat spectaculaire. Et nouveau… », a-t-il lâché, laissant flotter ce « and new » qui hante tous les champions et nourrit tous les challengers.
Une trilogie, une ceinture, une rivalité qui ne supporte pas la nuance : l’UFC 333 tient là un co-main event qui peut faire basculer la hiérarchie des bantams pour de bon.
Une carte lourde, des enjeux partout
Derrière ces deux chocs pour le titre, la carte de l’UFC 333 est massive : 14 combats au total, à partir de 10 h (heure de la côte Est des États-Unis).
Chez les lourds, Alexander Volkov (256 livres) affrontera Rizvan Kuniev (265), duel de gabarits bruts qui promet des échanges lourds comme des enclumes.
Chez les lourds-légers, Azamat Murzakanov (206) croisera Dominick Reyes (205), tandis que Nikita Krylov (206) sera opposé à Abdul Rakhman Yakhyaev (206), deux combats où chaque erreur peut valoir un KO.
La catégorie plume sera particulièrement mise en avant : Aaron Pico (145,5) contre Losene Keita (146), et Bolaji Oki (146) face à Daniel Santos (146) complètent une soirée où les 145 livres seront sous les projecteurs bien au-delà du main event.
Chez les moyens, Abus Magomedov (185,5) affrontera Cam Rowston (185), et Abubakar Vagaev (185,5) défiera Jacob Malkoun (186), deux affrontements qui sentent bon le test grandeur nature pour ceux qui veulent grimper au classement.
En léger, Grant Dawson (156) croisera Nurullo Aliev (155), tandis que Kody Steele (156) sera opposé à Noah Gugnon (156). Des combats de rythme, souvent sauvages, où la moindre baisse de régime se paie cash.
En bantam, Colby Thicknesse (135,5) affrontera Asaf Chopurov (136), dans une catégorie déjà saturée de talents mais toujours prête à accueillir un nouveau nom à suivre.
Enfin, chez les mouches, Lone’er Kavanagh (125,5) fera face à Ramazan Temirov (126), ouverture idéale pour mettre le ton sur la mobilité et l’intensité.
Seule ombre au tableau de la pesée : chez les strawweights, Nicolle Caliari a manqué la limite de la catégorie, affichant 120,5 livres contre 115 pour Iasmin Lucindo. L’écart est lourd : 4,5 livres au-dessus. Le combat est maintenu, mais Caliari cède 30 % de sa bourse à son adversaire. Un prix cher pour une erreur sur la balance, dans une soirée où chaque détail compte.
Deux ceintures en jeu. Un champion plume face à un invaincu patient. Une trilogie chez les coqs qui peut redessiner la division. Une carte profonde, prête à révéler ou à briser des trajectoires.
À Abu Dhabi, tout est en place. Reste une seule question : qui sortira de l’UFC 333 avec plus qu’une victoire, avec un héritage renforcé ?



