Tyson Fury et Anthony Joshua : la bataille tant attendue
Tyson Fury et Anthony Joshua ont enfin croisé le fer, non pas encore entre les cordes, mais derrière les micros. À Londres, lors d’une conférence de presse explosive, les deux poids lourds britanniques ont transformé une simple présentation en véritable règlement de comptes verbal autour de négociations interminables.
Ils se retrouveront finalement sur le ring du Principality Stadium de Cardiff, le vendredi 11 décembre, pour un combat que le monde de la boxe attend depuis des années. Et chacun a livré sa version de ces discussions à rallonge qui ont sans cesse repoussé l’affiche.
Fury se pose en patron
Tyson Fury a ouvert les hostilités en s’attaquant directement au discours tenu par le clan adverse durant les négociations.
« Pendant la préparation de ce combat, Eddie et AJ parlaient de propriétaires, d’être le patron, le Guvnor, le percepteur et tout ça », a lancé Fury. « Quand je regarde derrière moi, je ne vois qu’un seul Don et c’est Fury vs AJ. Maintenant vous venez chercher le loyer et je ne paie pas, parce que je suis numéro un. »
Le ton est donné. Fury se présente comme l’homme fort, celui qui dicte les règles. Il pousse même la provocation plus loin : « On va voir Tyson Fury contre son adversaire Anthony Joshua – un vieux clochard qui travaille pour moi. »
Anthony Joshua ne laisse pas passer. Il coupe immédiatement : il raconte avoir reçu un appel lui demandant si son camp acceptait que le nom de Fury apparaisse en premier sur l’affiche, au motif que ce dernier refusait de signer autrement. Une pique subtile, mais claire, sur l’ego de son rival.
Fury, lui, veut garder le dernier mot. Il accuse Joshua d’avoir tout tenté pour éviter ce combat, en coulisses. « En coulisses, vous pleuriez comme des petites filles à propos de A-sides et de B-sides. Je veux ci, je veux ça ! Vous avez tout essayé pour sortir de ce combat, tous les coups du livre. Et maintenant, je vous ai mis échec et mat ! »
« Je vais le descendre » : la promesse de Fury
Interrogé sur sa stratégie, Fury ne parle ni de prudence ni de calcul. Il promet la guerre.
« Je vais sortir et je vais le descendre », annonce-t-il. « Ce sera un duel au O.K. Corral et que le meilleur gagne, parce que je ne vais pas courir et je ne vais pas boxer. Je vais tout lâcher ! »
Le message est simple : pas de combat tactique, pas de gestion. Juste un choc frontal. Fury va plus loin encore : « De ce que je vois, je vais le toucher et – quand ce sera le cas – ce sera rideau. »
Joshua, loin de s’en offusquer, s’en nourrit. Pour lui, ces déclarations sont du carburant.
« C’est cette énergie que nous voulons », répond-il. « Je n’attends rien d’autre de cet homme que d’entendre qu’il va me rendre inconscient et faire tout ce qu’il peut pour me coller au tapis. »
Il explique que ces menaces verbales alimentent son travail au quotidien : « C’est ça qui va me garder en train de courir, c’est ça qui va me garder en train de faire des sparrings et c’est ça qui va me pousser à faire ces rounds supplémentaires à la salle. »
Deux carrières au crépuscule, un sommet à jouer
Les deux anciens champions unifiés arrivent à ce rendez-vous dans les dernières pages de leur carrière : Tyson Fury a 38 ans, Anthony Joshua 36. Certains se demandent si ce choc n’arrive pas trop tard. Fury, lui, rejette cette idée avec vigueur.
« Ça fait 10 ans que ça se prépare », rappelle-t-il. « La montée a été phénoménale pour les deux boxeurs – on a tous les deux connu nos hauts et nos bas – et on arrive à ce moment. Est-ce que c’est trop tard ? Absolument pas. C’est la cerise sur le gâteau de deux grandes carrières, se rentrer dedans devant 80 000 personnes, et que le meilleur gagne. Sortons en nous balançant tout. »
Joshua, ancien champion olympique devenu champion du monde, voit dans ce combat l’aboutissement logique de son parcours. Il insiste sur tout ce qu’il a accumulé comme expérience.
« Les gens ont leurs avis et ces avis sont respectés, mais ce ne sont que leurs opinions », dit-il. « Je ne peux écouter que moi-même et personne n’en sait plus sur la boxe que moi. Je suis grand, je suis bon. J’ai fait le tour des salles, j’ai travaillé avec différents entraîneurs et je peux honnêtement dire que j’ai tellement appris. Je vais tout emmener avec moi dans ce combat. »
Une décennie de rivalité larvée, des négociations à rallonge, des ego surdimensionnés, deux anciens rois des lourds en quête d’un dernier trône : à Cardiff, ce ne sera pas seulement une question de ceinture. Ce sera une question d’héritage.




