Donald Trump accuse LeBron James d'irrespect pendant l'hymne américain
Donald Trump a relancé son vieux bras de fer avec LeBron James, en s’attaquant cette fois à l’attitude de la star des Philadelphia 76ers pendant l’hymne américain.
Avant le match d’ouverture de la saison face aux New York Knicks, au Madison Square Garden, LeBron James est filmé en train de mimer un swing de golf, puis des gestes de tir, alors que le Star-Spangled Banner est interprété sur le parquet. À ses côtés, ses coéquipiers restent, eux, debout, presque immobiles, dans le cadre solennel habituel de la cérémonie.
Pour l’ancien président, la scène est inacceptable.
Sur les réseaux sociaux, Donald Trump s’emporte : selon lui, LeBron James « manque de respect à notre pays » en bougeant ainsi pendant l’hymne. Il exige des excuses adressées « à tous ces grands guerriers et héros américains morts pour le drapeau ». Le ton monte encore lorsqu’il affirme avoir « dit dès le début » que James n’était « pas bon, une TOTALE HONTE ».
Le joueur des 76ers n’a pas réagi publiquement à cette nouvelle attaque. Il connaît pourtant la musique : ce n’est qu’un épisode de plus dans une confrontation politique et médiatique qui dure depuis presque une décennie.
Un geste dans une arène déjà politisée
Aux États-Unis, l’hymne est joué ou chanté avant la quasi-totalité des rencontres professionnelles. La norme sociale est claire : on se lève, on reste à sa place, on limite les mouvements. Certains chantent, d’autres posent la main sur le cœur. Ce rituel, en apparence figé, s’est transformé en champ de bataille politique depuis une dizaine d’années.
En 2016, Colin Kaepernick, alors quarterback en NFL, choisit d’abord de s’asseoir puis de poser un genou à terre pendant l’hymne, pour dénoncer les violences policières et le racisme. Le geste devient un symbole mondial. Il lui coûte aussi sa carrière : incapable de retrouver une équipe, Kaepernick devient, malgré lui, l’exemple type de l’athlète prêt à tout risquer pour une cause.
Donald Trump s’était déjà posé en adversaire frontal de ce mouvement, fustigeant Kaepernick et se félicitant ensuite, publiquement, de le voir sans contrat. Plus tard, il nuancera, expliquant que le quarterback devrait « avoir une nouvelle chance » de jouer en NFL. Le mal, lui, était fait.
C’est dans ce contexte que la moindre attitude jugée « irrespectueuse » pendant l’hymne prend une dimension politique immédiate. LeBron James le sait, Trump aussi.
Une rivalité qui dépasse le terrain
Entre les deux hommes, le conflit ne date pas de ce match au Madison Square Garden. Depuis la campagne présidentielle de 2016, LeBron James s’est régulièrement positionné contre Trump, soutenant ses adversaires politiques et assumant pleinement ce rôle de voix majeure du sport américain.
En 2018, l’ancien président avait déjà attaqué frontalement l’intelligence de la star après une sortie médiatique de celle-ci, où James expliquait qu’il « ne s’assiérait jamais en face » de Trump. La réponse ne s’est pas faite attendre : le joueur avait accusé Trump d’avoir offert aux racistes « l’opportunité d’être visibles et bruyants sans crainte ».
Après l’assaut du Capitole en 2021, James a également pointé la responsabilité du discours de Trump dans la radicalisation d’une partie de ses partisans. Là encore, il s’était rangé du côté de Joe Biden, qu’il avait soutenu lors de l’élection de 2020.
L’animosité est donc installée, profonde, presque structurelle. Chaque prise de position de l’un devient un prétexte de riposte pour l’autre.
En juillet, interrogé sur le débat éternel du plus grand basketteur de l’histoire entre LeBron James et Michael Jordan, Trump avait choisi Jordan, tout en suggérant que LeBron, qui est noir, pourrait être « raciste ». Une pique de plus, ciblée, destinée à un joueur devenu figure de proue des luttes sociales et raciales dans le sport américain.
Une polémique de plus… et après ?
La vidéo de LeBron James mimant un swing pendant l’hymne, ses coéquipiers figés à ses côtés, l’indignation immédiate de Trump : tous les ingrédients d’une nouvelle polémique étaient réunis. Elle s’inscrit dans une longue série, où le sport n’est plus seulement un décor, mais un terrain d’affrontement idéologique.
James, pour l’instant, laisse le bruit passer. Trump, lui, continue d’utiliser chaque geste, chaque image, comme munition dans un combat politique qui dépasse largement le cadre d’un match de saison régulière.
La question n’est plus de savoir si ce type d’épisode va se reproduire. Elle est de savoir jusqu’où, encore, le sport américain servira de miroir aux fractures du pays.



