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Nathan Smith : Un Fin de Spell Chaotique et Spectaculaire

Sous les projecteurs et dans une moiteur grandissante, Nathan Smith a livré une fin de spell aussi chaotique que spectaculaire, mal soutenu par une Nouvelle-Zélande fébrile dans le champ et trahie par la rosée.

Tout avait pourtant basculé quelques minutes plus tôt, balle 15.6. Smith dépose alors ce que tout lanceur rêve de produire en fin d’innings : un yorker parfait, fouetté à 139 km/h, vissé à la base du stump côté jambe. Shreyas Iyer, en retard, voit la balle filer sous sa batte et fracasser le leg-stump. Un bijou. Un over de seulement 7 runs, ponctué par un wicket d’école, qui semblait relancer les Néo-Zélandais.

Mais juste avant cette merveille, la scène avait déjà pris un tournant dangereux. Sur la première version de cette balle 15.6, Smith lâche un beamer, une pleine toss au-dessus de la taille, échappée sans doute à cause de la rosée qui rendait la prise de balle précaire. Iyer est surpris, n’a pas le temps de se protéger correctement, la balle le cueille aux gants et roule vers le short fine. Il s’écroule, oublie même la possibilité d’un run. Plus de peur que de mal : il se relève, reste au bâton, obtient un no-ball et une free-hit… avant d’être finalement bowled sur la balle suivante, parfaitement ajustée.

Iyer, jusque-là, s’accrochait. Sur 15.2, il force un drive plein axe, trouve un inside-edge qui file derrière square pour un simple. Sur 15.4, il lit bien la variation à 118 km/h, un off-pace dans la surface, et roule les poignets pour un pull devant square, deux runs de plus. Mais Smith tient sa ligne, 138 km/h plein sur la jambe à 15.5, Iyer se donne de la place et frappe en force… directement sur extra cover. La pression monte, le lanceur ne lâche rien, puis vient ce fameux enchaînement beamer – yorker assassin.

Le contexte ne joue pourtant pas pour les visiteurs. La rosée s’installe, les doigts glissent, les prises deviennent un casse-tête. Mitchell Santner lui-même peine à ramasser proprement derrière, signe que le ballon ressemble de plus en plus à un savon.

Reprise au 17e over

À partir de là, l’Inde appuie sur l’accélérateur. Smith revient, mais la marge d’erreur est désormais infime.

Sur 17.1, il tente une slower ball à 113 km/h, dans le wicket. Iyer s’écarte, ouvre les épaules et le soulève par-dessus le mid-wicket. Il appelle deux runs dès le contact, Naman Dhir répond, et le retour est sans danger. Sur 17.2, Smith hausse le ton, 139 km/h, longueur dure, ligne extérieure. Iyer se décale, se penche sur la balle et la pousse plein axe pour un simple, histoire de garder le tableau de bord en mouvement.

Dhir prend alors le relais. Balle 17.3, nouvelle variation à 117 km/h, courte, dans le corps. Il est serré, mais arrache tout de même un pull vers le deep square leg pour un run. L’Inde gère, grignote, attend la faute.

La faute arrive. 17.4, Smith lâche une balle plus pleine, 136 km/h, large côté off. Dhir voit l’espace, balance les mains sur un drive agressif, tranche la balle qui part de l’extérieur de la batte vers le third man. Simple, mais l’intention est claire : il ne subit plus.

Puis la pression néo-zélandaise cède. 17.5, courte, claquée dans la surface, la balle monte au-dessus de la tête de Dhir. Il ne se protège pas, il attaque. Top-edge, la balle flotte vers le short fine. Henry recule, mais elle le lobe et file à la limite. Quatre runs. Un coup de massue pour un camp qui ne peut plus se permettre la moindre approximation.

Le pire est pourtant pour la balle suivante. 17.6, Smith trouve une longueur pleine, Dhir déclenche un drive, extérieur de la batte, la balle fuse vers le short third. Lockie Ferguson se détend, bras levés au-dessus de la tête. Il est là, il doit la prendre. Il ne la prend pas. Les doigts effleurent, la balle glisse, roule jusqu’à la corde. Quatre de plus. Un drop qui résume la soirée des Black Caps : approximative, coûteuse, frustrante.

Entre un beamer incontrôlé, un yorker de rêve et deux limites offertes par des erreurs de champ, Nathan Smith aura tout vécu en quelques overs. L’Inde, elle, a profité de chaque brèche. Dans un match où chaque détail compte, ces doigts manqués au short third et au short fine pourraient bien peser plus lourd que n’importe quelle statistique.