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Tasmanie héroïque et Western Australia indestructible en Sheffield Shield

New South Wales a passé la dernière journée entière sur le terrain. Elle a dominé, serré l’étau, cru tenir la victoire. Elle repart avec un nul, et un goût amer.

Western Australia, dos au mur à Perth, s’était vu fixer un objectif presque irréaliste : 364 runs à aller chercher après la déclaration de New South Wales à 5-262, portée par une merveille de centurie invaincue de Sam Konstas. 151 runs, 167 balles, un tempo de patron au troisième jour. Le jeune prodige a dynamité l’attaque adverse, laissant les locaux avec une montagne à gravir pour sauver le match.

Au matin du dernier jour, le tableau de bord était brutal : 3-30. La défaite pointait déjà. Il fallait un homme pour calmer la tempête. Jayden Goodwin s’en est chargé.

Le gaucher a joué le temps, le terrain, les nerfs. 67 runs en 165 balles, une manche de survie plus que de spectacle. À ses côtés, Hilton Cartwright (34 sur 65) et Corey Wasley (29 sur 54) ont apporté juste assez de soutien pour repousser l’échéance. Mais la partie semblait toujours pencher pour New South Wales.

La bascule est venue de plus bas dans l’ordre. Là où, souvent, les matches se perdent. Là où, cette fois, Western Australia l’a sauvé.

Joel Curtis et Joel Paris ont transformé une fin annoncée en résistance héroïque. Curtis a encaissé 113 balles, Paris 82. Peu importe le score, l’essentiel était ailleurs : chaque over grignotait un peu plus les espoirs de New South Wales. Les deux hommes ont verrouillé, laissé filer les minutes, éteint progressivement la flamme d’une équipe qui croyait tenir son succès.

New South Wales avait pourtant construit ce match avec sérieux. En première manche, Kurtis Patterson avait montré la voie avec un 122 élégant en 214 balles. Konstas avait déjà brillé avec 71, Jake Scott avait ajouté 60, et la déclaration à 440 dessinait une rencontre à sens unique.

Western Australia avait répondu avec courage mais sans vraiment inverser la tendance : 339 runs, Kieran Elliott en tête avec 79, et déjà Curtis dans le rôle du pompier avec 65 précieux en bas d’ordre.

Puis Konstas a repris la lumière. Sa deuxième manche, 151* et une frappe continue, a propulsé New South Wales vers 5-262 déclarés. Un total taillé pour la victoire, un scénario presque idéal. Quand Jhye Richardson est tombé au 83e over, les visiteurs tenaient la partie. Sur le papier.

Sur le terrain, Curtis et Paris ont opposé un refus net. Ballon après ballon, over après over, ils ont vidé le match de sa dynamique offensive pour le transformer en bras de fer mental. Ben Dwarshuis a tout tenté – 4 wickets en 22 overs –, Jack Edwards et Tanveer Sangha ont pris deux wickets chacun, mais la dernière porte est restée fermée.

Au bout de 111 overs, Western Australia était toujours debout : 244/9, Goodwin meilleur marqueur avec 67, Cartwright 34. Pas de victoire, mais un nul qui ressemble à un petit exploit, face à une équipe qui avait tout pour plier l’affaire bien plus tôt.

New South Wales avait dominé le tableau de statistiques. Western Australia a gagné celui du caractère.

Tasmanie – Victoria

À Hobart, la tension n’a pas duré une session. Elle a duré toute une matinée, jusqu’à la dernière balle de Gabe Bell.

Tasmanie a fini par faire tomber Victoria pour une victoire de quatre runs à Bellerive Oval. Un score serré, une marge minuscule. Un match qui restera, lui, immense.

Le décor, au départ, semblait presque écrit pour les visiteurs. Victoria reprenait à 5-98, à 173 runs de la victoire. Loin, mais pas inaccessible. Avec Marcus Harris (63), Liam Blackford (80) et Fergus O’Neill (53), les Vics ont lentement mais sûrement remonté le courant, au point de se rapprocher d’un succès retentissant.

Bell, lui, a refusé le scénario. Le pacer tasmanien a aligné 25 overs de haute intensité pour un bilan monumental : 6-75. Six wickets, chaque fois au moment où la pression montait, chaque fois pour repousser Victoria à distance.

Le partenariat entre O’Neill et Blackford a longtemps semblé fatal aux locaux. 81 runs ajoutés, une maîtrise tranquille, et Victoria revenue à 19 runs seulement de la cible. Puis un geste de trop. Blackford, jusque-là superbe, tente un cut lâché. Le coup de trop, la faute rarissime. Il repart, et avec lui, une partie du calme de Victoria.

O’Neill poursuit la chasse. Il ramène son équipe à huit runs du but. Huit petits runs. Et puis, la cruauté du cricket. Une balle de Bell, un coup qui semble jouable, un envoi vers la limite… et une prise au bord de la corde.

Riley Meredith, placé à deep point, manque presque le moment. Il jongle, s’y reprend, mais garde finalement la balle. O’Neill explose de frustration, quitte le terrain furieux. Victoria se retrouve soudain avec Harry Hoekstra, qui dispute seulement son deuxième match, et le numéro 11, David Moody, pour conclure une poursuite devenue nerveuse.

Bell sent le moment. Il a cinq balles à livrer à Moody. Le tailender tient, concède un run. Hoekstra doit ensuite affronter la fin du 25e over du lanceur tasmanien. Il ne verra pas le suivant.

Bell trouve l’extérieur de la batte. Prise, match terminé. Tasmanie s’impose pour quatre runs. Une marge qui, sur la feuille, paraît infime. Sur le terrain, elle pèse comme un soulagement gigantesque.

Ce succès lance enfin la saison de Tasmanie et laisse Victoria sans victoire, une situation étonnante pour un finaliste de la saison précédente, qualifié à une vitesse record quelques mois plus tôt.

La performance de Bell dans la dernière manche restera en vitrine, mais ce triomphe s’est construit bien plus tôt. Quand tout allait mal.

En première manche, Tasmanie s’était effondrée à 7-45. Le naufrage semblait total. Ben McDermott a alors relevé la tête de tout un vestiaire. Son 128, soutenu par les 73 de Jake Doran, a redonné une colonne vertébrale à l’équipe et permis d’atteindre 241. Sans cette réaction, le match n’aurait sans doute jamais offert un tel final.

Victoria avait répondu par 207, Harris déjà solide avec 54, Peake ajoutant 50. Tasmanie a ensuite construit un deuxième total de 236, grâce notamment à Chaudhary (81) et un nouveau rôle clé de Doran (47). De quoi fixer un objectif piégeux, ni énorme ni confortable, mais suffisant pour mettre la pression.

La suite, Bell s’en est chargé. Over après over, jusqu’à ce dernier extérieur arraché à Hoekstra.

Tasmanie et Victoria se retrouvent dès samedi en One Day Cup. L’un arrive avec une victoire qui change une saison. L’autre avec une question brûlante : combien de temps une équipe finaliste peut-elle rester sans réponse ?