Spalletti en danger à la Juventus : un départ difficile
À Turin, la chaleur monte déjà pour Spalletti
Luciano Spalletti découvre à quelle vitesse l’air peut se raréfier sur le banc de la Juventus. Sept journées à peine dans cette nouvelle saison de Serie A, et le technicien toscan se retrouve déjà au centre d’un débat brûlant. Onze points pris sur vingt-et-un possibles, trois victoires, deux nuls, deux défaites : pour un club qui s’était promis de repartir à l’assaut du sommet, c’est trop peu. Bien trop peu.
Les chiffres ne pardonnent pas. La Juventus est déjà décrochée dans la course au titre, et l’Allianz Stadium gronde. Les dirigeants, eux, s’attendaient à un départ bien plus tranchant, presque programmé, après avoir offert à Spalletti un contrat long terme, ficelé jusqu’en 2028. Ce qui devait être un projet solide ressemble pour l’instant à un pari qui tremble sur ses bases.
Officiellement, personne ne parle de rupture immédiate. Le club ne veut pas se précipiter, ne veut pas donner l’image d’une institution qui panique au premier trou d’air. Mais en coulisses, les scénarios d’urgence circulent déjà sur les bureaux. Car si la dynamique actuelle se prolonge, la patience aura une date de péremption.
Pioli, Conte… et le plan d’urgence
La Juventus sait qu’elle ne peut pas se permettre de laisser la saison lui filer entre les doigts. Si les résultats domestiques continuent de se déliter, la direction sera contrainte de chercher un pompier capable de stabiliser le vestiaire et le classement. Deux noms reviennent avec insistance pour un rôle d’intérimaire : Stefano Pioli et Antonio Conte.
Deux profils aux épaules larges, aguerris aux tempêtes italiennes, habitués à entrer dans un vestiaire sous tension et à remettre de l’ordre. Pioli sort d’années de haut niveau au sommet de la Serie A, Conte connaît la maison Juventus jusque dans ses moindres couloirs. Les deux offrent une garantie : celle de savoir gérer le court terme, serrer les boulons, sécuriser au minimum une place dans le haut du tableau.
Mais ces options n’ont de sens que dans un contexte d’urgence absolue. Le vrai nœud de l’histoire se situe plus loin, en mai. Car la ligne rouge est claire : rater la qualification pour la Ligue des champions serait vécu comme un échec total du projet. Si la Juventus se retrouve hors du top 4, le débat ne portera plus sur un intérim, mais sur un nouveau visage pour diriger le club sur la durée.
Inzaghi, l’obsession de long terme
C’est là qu’entre en scène Simone Inzaghi. Aujourd’hui sur le banc d’Al-Hilal, l’ancien entraîneur de l’Inter s’impose déjà comme le favori de la hiérarchie turinoise pour reprendre la main en cas de changement majeur. Son nom revient avec insistance dans les couloirs, porté par un palmarès qui parle pour lui.
Inzaghi, c’est le titre de champion d’Italie décroché avec l’Inter lors de la saison 2023-24. C’est aussi deux Coppa Italia soulevées, trois Supercoppa Italiana remportées, et un parcours européen qui a marqué les esprits. Sous ses ordres, l’Inter a atteint deux finales de Ligue des champions, en 2023 puis en 2025. Une carte de visite rare, à laquelle les décideurs de la Juventus accordent un poids énorme.
Au-delà des trophées, c’est son profil qui séduit : capacité à faire grandir ses joueurs, lecture fine des matchs, identité de jeu claire et moderne. Pour une Juventus en quête d’une nouvelle ère, Inzaghi apparaît comme l’architecte idéal d’un cycle ambitieux, capable de ramener le club dans le cercle des très grands d’Europe.
Spalletti face au mur
Reste que, pour l’instant, tout dépend encore de Spalletti. Son avenir se jouera dans les prochaines semaines, match après match, point après point. La Juventus n’a plus le luxe de l’approximation : il lui faut une série, une vraie, une de celles qui remettent une saison sur les rails et font taire les rumeurs.
L’objectif immédiat est limpide : se replacer solidement dans la course au top 4, pour éviter que la pression sportive ne se transforme en décision irréversible. Chaque faux pas pèsera double, chaque contre-performance alimentera l’idée qu’un changement de cycle est inévitable.
Si le staff actuel échoue à accrocher la Ligue des champions, la bascule sera brutale. Un grand ménage sur le banc, un nouveau projet, un nouveau visage. Et dans ce scénario, Simone Inzaghi pourrait signer un retour retentissant dans le football italien, à la tête de l’un des rivaux historiques de son ancien club.
D’ici là, la Juventus va scruter chaque minute de Serie A comme un verdict en suspens. Spalletti peut-il encore renverser la vapeur et sauver son mandat, ou cette saison marquera-t-elle le début d’un nouveau chapitre à l’Allianz Stadium, avec un autre maître à bord ?




