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Ronaldo : sanction allégée après sa désertion du rassemblement

Cristiano Ronaldo a fini par obtenir ce que ses avocats réclamaient, à rebours de ce qu’il avait clamé publiquement. L’icône portugaise a vu sa sanction pour avoir quitté le rassemblement de la Seleção au Danemark être largement réduite, alors même qu’il avait demandé, dans un long message sur les réseaux sociaux, à être puni « sans circonstances atténuantes ».

La réalité disciplinaire a raconté une autre histoire.

D’un mea culpa public à une défense millimétrée

Tout est parti de ce départ brutal du camp portugais, à Copenhague. Quelques heures après la conférence de presse de Jorge Jesus, qui avait martelé qu’il restait seul maître de ses choix et que « aucun joueur » n’influencerait ses décisions, Ronaldo a demandé un véhicule à la Federação Portuguesa de Futebol. Direction l’aéroport de Copenhague, sans prévenir le staff de la sélection ni fournir de justification formelle.

En route, il appelle le président de la fédération, Pedro Proença, et lui explique qu’il n’est « pas dans les bonnes dispositions mentales » pour rester avec l’équipe. Puis il disparaît du quotidien du groupe.

Selon le rapport de l’instance disciplinaire, entre le 30 septembre et le 4 octobre, Ronaldo a manqué plus de 30 activités officielles : déplacements, entraînements, repas collectifs. Une absence totale de la vie du vestiaire, en plein rassemblement international.

Dans la foulée, sur les réseaux sociaux, le capitaine historique de la Seleção publie un long texte. Il y assume sa faute, affirme qu’il doit être sanctionné comme la FPF l’entendra, et va plus loin : son statut de capitaine, écrit-il, doit constituer « un facteur aggravant ». Il promet aussi aux supporters de révéler « toute la vérité » sur les raisons de son départ.

Un message qui se voulait exemplaire. Il va surtout devenir une pièce à charge… et à décharge.

Un palmarès comme circonstance atténuante

Devant le conseil de discipline, le ton change. Le joueur de 41 ans présente une défense structurée, presque clinique. Trois arguments majeurs sont mis en avant pour réduire la sanction.

  • D’abord, son casier disciplinaire récent : aucune incartade notable cette saison, ni lors des trois précédentes.
  • Ensuite, ses « services rendus au football » et à la nation, avec reconnaissance officielle pour mérite sportif.
  • Enfin, sa coopération dans l’établissement des faits.

Pour étayer tout cela, Ronaldo déroule son CV. Les titres en club. Les conquêtes avec la sélection : l’Euro 2016, deux Nations League. Puis les distinctions individuelles, à commencer par ses cinq Ballons d’Or sous le maillot d’Al-Nassr aujourd’hui, mais forgés au fil d’une carrière au sommet. Il ajoute les décorations reçues de la part des plus hautes autorités de l’État portugais.

Les décideurs disciplinaires se laissent convaincre. Ils retiennent ses accomplissements et ses services rendus au pays comme circonstances atténuantes. La suspension initiale est alors réduite de moitié. La note financière suit le même chemin.

La sanction finale tombe : 30 jours de suspension et une amende de 255 €. Et ce n’est pas tout. Parce que Ronaldo a accepté sa responsabilité dans l’affaire, la peine est encore divisée par deux. Sur le papier, il est puni. Dans les faits, il s’en sort remarquablement bien.

Une suspension… sans conséquences sportives immédiates

Le timing fait le reste. La période de suspension couvre une fenêtre sans match international. Autrement dit : aucun match officiel du Portugal ne sera directement impacté par l’absence de Ronaldo.

La question n’est donc pas ce qu’il manquera, mais ce qu’il reste à écrire. Reviendra-t-il en sélection ? Et surtout, Jorge Jesus voudra-t-il encore de lui après cet épisode ?

Rien n’est tranché. L’incertitude plane autour de la suite de l’histoire entre le meilleur buteur de l’histoire de la Seleção et un sélectionneur qui a tenu à rappeler publiquement qu’aucune star, aussi immense soit-elle, ne dicterait sa feuille de match.

L’onde de choc médiatique et la colère feutrée de la FPF

Le rapport disciplinaire offre un éclairage précis sur ce qui a agacé la fédération. Quitter le rassemblement sans prévenir officiellement, déjà, constitue une brèche grave dans le cadre fixé pour l’équipe nationale. Mais l’instance pointe surtout le rôle amplificateur de la communication de Ronaldo.

La FPF souligne que sa promesse publique de dire « toute la vérité » n’a fait qu’attiser la curiosité et la spéculation. Avec une star d’une telle dimension, chaque mot devient une étincelle. La fédération rappelle que, compte tenu de sa stature mondiale, Ronaldo ne pouvait ignorer que son comportement serait disséqué à l’extrême.

Selon les conclusions de l’enquête, il était attendu de lui qu’il fasse preuve « d’une prudence particulière » dans le choix du moment et de la manière d’exprimer son mécontentement vis-à-vis des décisions et du comportement de son sélectionneur. Au lieu de calmer le jeu, son message sur Instagram, posté le jour même de son départ de Copenhague, a relancé la machine. Il y annonçait qu’il dirait « en temps voulu » « à tout le peuple portugais la vérité sur les raisons » de sa désertion.

La tempête médiatique, prévisible, a suivi.

Portugal–Danemark, le rendez-vous qui dira tout

Le calendrier a parfois le sens du symbole. Le prochain match du Portugal ? De nouveau face au Danemark, le 14 novembre, à Braga.

La dernière fois, Ronaldo avait pris la route de l’aéroport. La prochaine, prendra-t-il celle du stade ? Et si oui, y aura-t-il encore une place, sportive et symbolique, pour lui dans le Portugal de Jorge Jesus ?