BYU au Big 12 Media Day : Un nouveau départ sous l'ombre des favoris
KANSAS CITY — Le décor était planté pour BYU au Big 12 Media Day. Mais au moment où les Cougars ont pris place sur l’estrade, il manquait la silhouette la plus attendue : celle de l’entraîneur principal Kevin Young.
Cloué dans l’Utah par une maladie, Young a dû renoncer au rendez-vous médiatique majeur de l’automne. Le changement de programme est tombé tôt mercredi matin, laissant à son adjoint Tim Fanning la mission de porter la voix du programme au T-Mobile Center de Kansas City.
À ses côtés, le meneur de jeu de retour, Rob Wright III, et deux des dix nouveaux venus de l’effectif, Collin Chandler et Bruce Branch III. Un trio qui symbolise assez bien ce qu’est BYU en ce début de saison : un mélange assumé d’expérience, de talent brut et d’ambition contenue.
Un discours clair : oublier le bruit, se concentrer sur le jeu
Fanning n’a pas cherché à enjoliver la réalité. BYU sort d’une saison à 23 victoires pour 12 défaites, a été placé au sixième rang du sondage de présaison de la Big 12 et pointe au 25e rang du classement AP. Une reconnaissance réelle, mais loin de l’emballement qui avait entouré les Cougars l’an passé.
Cette fois, le programme avance un peu plus dans l’ombre des favoris. Et cela semble parfaitement leur convenir.
« Nous avons fait du bon travail pour faire venir des joueurs qui sont tournés vers la victoire et vers les bonnes choses », a expliqué Fanning pendant la disponibilité générale. Il insiste sur un vestiaire qui se fait confiance, sur un effectif rempli de créateurs, de joueurs aguerris qui comprennent « la valeur de chaque possession ». Le ballon circule, les responsabilités aussi.
Les projections, les classements, les pronostics de conférence ? Relégués en arrière-plan. « On est concentrés sur le fait de devenir meilleurs chaque jour. Je ne pense pas que quiconque soit vraiment focalisé sur les classements ou les prédictions », martèle l’adjoint. La Big 12 reste un monstre, tout le monde en est conscient, mais BYU choisit de traiter cette réalité comme un cadre, pas comme une obsession.
Un premier signal fort contre Nebraska
Si les Cougars veulent se faire entendre, ils ont déjà envoyé un message lors de leur match d’exhibition le week-end dernier. Face à Nebraska, participant au Sweet 16 la saison passée, BYU a signé un succès solide, 72-61, en bombardant à 3 points (36 tentatives) et en haussant nettement le ton en défense.
Pour un premier test, la copie a surpris par sa maturité.
« Pour notre premier match, on a été incroyables », a lâché Bruce Branch. Pas d’euphories inutiles, mais la conviction d’avoir répondu aux attentes internes : rebond, intensité défensive, exécution. L’adresse extérieure a mis du temps à se mettre en route, mais l’ailier résume l’ADN du programme d’une phrase simple : « On est BYU, on trouvera un moyen. »
Branch, cinq étoiles annoncé et déjà bien installé dans les mock drafts NBA, a rempli toutes les colonnes de la feuille de stats : 15 points, 6 rebonds, 5 passes. Chandler a terminé meilleur marqueur avec 19 unités, Wright a ajouté 17 points et 7 passes. Trois visages, trois rôles, un même fil conducteur : BYU veut imposer son rythme et sa variété offensive.
Chandler libéré, Branch protégé, Wright aux commandes
Pour Collin Chandler, le changement de décor après Kentucky ressemble à une libération. Chez les Wildcats, on lui demandait surtout de dégainer derrière l’arc. À Provo, le registre s’élargit.
Il le dit sans détour : il apporte bien plus que son tir extérieur. Il veut attaquer le cercle, mettre de la pression sur le cercle, profiter d’un système qui lui offre la liberté de le faire. BYU ne l’a pas recruté pour être un simple spécialiste, mais pour devenir un créateur supplémentaire dans un backcourt déjà riche.
Bruce Branch, lui, pourrait facilement se perdre dans le vacarme des projections NBA. Son nom circule déjà comme possible premier tour de draft, dans la lignée des deux derniers exercices du programme. Il ferme la porte.
Il ne regarde pas les classements, ignore les simulations de draft, refuse de se projeter sur l’an prochain. Son discours reste brut : chaque jour est une opportunité de progresser, et l’objectif est limpide – gagner cette saison, tout de suite. Tout le reste attendra.
Rob Wright III, enfin, est le trait d’union entre l’ancien et le nouveau BYU. Meilleur contributeur de retour, candidat sérieux aux distinctions individuelles en Big 12, il incarne surtout la voix du vestiaire. C’est lui qui prépare les recrues à la réalité du championnat.
La Big 12 ne pardonne rien. « Tu peux jouer contre l’une des équipes les moins bien classées de la conférence et te retrouver dans un match à une possession », rappelle-t-il. De haut en bas, le niveau reste étouffant, chaque soirée se transforme en bataille.
Wright n’a pas seulement salué le talent de Branch et Chandler, mais leur compatibilité avec l’identité du programme : leur adresse, l’explosivité de Chandler – illustrée par ce dunk spectaculaire face à Nebraska – et la polyvalence défensive de Branch, capable de défendre sur toutes les positions. Leur capacité à étirer le terrain rend le jeu plus simple pour tout le monde. À ses yeux, c’est « juste du BYU basketball ».
Une saison sous le radar, mais pas en retrait
BYU ne débarque pas dans cette saison avec les projecteurs braqués en permanence sur lui. Sixième dans les pronostics de conférence, 25e au classement national, le programme avance dans un entre-deux : respecté, mais pas craint comme un favori au titre.
C’est parfois l’endroit idéal pour surprendre une ligue aussi dense que la Big 12. Loin du vacarme, mais au cœur du danger. Chaque possession, chaque tir, chaque rotation défensive prendra un poids supplémentaire dans une conférence où même « le plus petit » adversaire peut vous pousser au bord du gouffre.
Kevin Young n’était pas à Kansas City pour le dire lui-même. Mais dans les mots de Tim Fanning, dans la confiance tranquille de Rob Wright III, dans l’appétit de Collin Chandler et de Bruce Branch III, on devine déjà la ligne directrice : ignorer le décor, embrasser la difficulté, et voir jusqu’où ce groupe peut pousser la porte d’une Big 12 qui ne laisse passer personne.




