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Charles Leclerc domine les essais libres au Texas

Charles Leclerc a posé le ton au Texas. Sous le grand ciel du Circuit of the Americas, le pilote Ferrari a signé le meilleur temps de la première séance d’essais libres du Grand Prix des États-Unis, devant la Red Bull de Max Verstappen, pour lancer le week-end avec autorité.

Leclerc en patron, Verstappen juste derrière

Quelles que soient les gommes, quels que soient les relais, la Ferrari n°16 est restée accrochée tout en haut des écrans. Leclerc a enchaîné les tours rapides, comme en mode répétition générale, pour finalement devancer Verstappen de 0’’084. Infime à l’œil nu, énorme pour le message envoyé.

La séance a longtemps ressemblé à un brouillon. Stratégies de pneus éclatées, programmes d’essais très différents, rythme difficile à lire. Ferrari et McLaren ont d’abord monopolisé le haut de la feuille sur les médiums, tandis que Mercedes et Red Bull s’échinaient à faire fonctionner les durs, un cran derrière.

Puis le peloton s’est aligné. Quand tout le monde est passé en tendres, les cartes se sont enfin abattues.

Norris s’invite, Mercedes cherche encore

Sur les gommes les plus tendres, Lando Norris a replacé McLaren dans le coup. Le Britannique s’est intercalé au troisième rang, devant les deux Mercedes, confirmant que la voiture papaye répond toujours présente dès qu’il s’agit de performance pure. Oscar Piastri, lui, a dû se contenter de la septième place, à plus de trois dixièmes de son équipier.

Chez Mercedes, la matinée a été tout sauf tranquille. L’écurie testait un nouveau museau et un nouvel aileron avant. George Russell a rapidement rencontré un souci d’équilibre, avec du sous-virage lié à cet élément, avant de ruiner un train de pneus durs sur un plat prononcé. Résultat : plan de marche chamboulé, Russell maintenu en durs, Kimi Antonelli basculé en tendres.

Le jeune Italien s’est retrouvé déstabilisé, persuadé qu’il devait terminer la séance en durs. Derrière le volant, les informations changent, les repères aussi. Sur un tour, Antonelli a néanmoins tenu son rang, juste derrière Russell, en cinquième position.

Hamilton brouille les pistes

Le classement brut n’offre pas toute l’histoire de Lewis Hamilton. Sixième, le Britannique avait la vitesse pour mieux faire. Au moment où Leclerc claquait son meilleur tour, Hamilton tirait tout droit au virage 1, éparpillant ses chances de chronos de référence. Plus tard, un autre tour rapide en tendres a disparu, cette fois pour non-respect des limites de piste.

Sur le papier, le retard semble conséquent. Sur la piste, la Mercedes n°44 a laissé entrevoir une marge que le tableau des temps ne reflète pas encore.

Un milieu de grille créatif et chargé de pénalités

Derrière Piastri, Gabriel Bortoleto a placé son Audi au huitième rang, meilleure des équipes de milieu de peloton. Un tour solide pour un pilote qui sait déjà qu’il écopera d’une pénalité de 20 places sur la grille ce week-end. Sa séance a débuté avec une véritable forêt de capteurs aérodynamiques vissés à sa monoplace, énorme râteau métallique à l’arrière. Cadillac a fait encore plus spectaculaire, avec une structure façon portique géant qui défigurait presque la voiture, mais livrait des données cruciales.

Arvid Lindblad, lui aussi sous la menace d’une pénalité – cinq places pour un sixième moteur thermique – et Liam Lawson ont complété le top 10 pour Racing Bulls, confirmant la bonne base de la voiture sur ce tracé bosselé et exigeant.

Ollie Bearman s’est glissé en onzième position pour Haas, juste devant les deux Aston Martin. Fernando Alonso a signé le meilleur temps de l’équipe, à 1’’636 de Leclerc. Vu la saison que traverse Aston Martin, ce n’est pas un coup d’éclat, mais ce n’est pas un désastre non plus.

Isack Hadjar a connu une séance discrète avec Red Bull. Quatorzième, son meilleur temps est tombé en pneus durs, ce qui relativise son classement mais laisse encore beaucoup d’inconnu sur sa véritable pointe de vitesse.

Williams en mode étrange, Herta en découverte

Williams a choisi un chemin radicalement différent. Alex Albon a enchaîné 17 tours sans véritable temps représentatif. Lui et Carlos Sainz ont multiplié les sorties et rentrées aux stands, comme sur un banc d’essai roulant, sans jamais vraiment se livrer à l’exercice du tour rapide. De quoi nourrir les ingénieurs, pas les chronos.

Colton Herta, unique rookie aligné en FP1 pour son Grand Prix national, a vécu une séance studieuse. Vingt-et-unième, dernier des pilotes avec un temps représentatif, à 0’’926 de Valtteri Bottas, son équipier. Les chiffres sont bruts, mais le programme était clair : développement, corrélations, travail de fond. Pas de quoi juger son potentiel, mais assez pour prendre la mesure d’un week-end à la maison, face au très haut niveau.

La hiérarchie brute place Ferrari devant Red Bull et McLaren au terme de cette première heure. Reste une question simple : ce rythme de Leclerc tient-il sur la durée du week-end, ou Verstappen n’a-t-il fait qu’observer avant de frapper plus fort quand ça comptera vraiment ?