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Leclerc domine les essais libres à Austin, Verstappen en embuscade

La première séance d’essais libres à Austin a ressemblé à un rodéo mécanique. Circuit bosselé, voitures qui sautent dans les Esses, tours effacés en série pour limites de piste… et au milieu du chaos, Charles Leclerc a imposé son tempo.

Le Monégasque termine FP1 en tête avec un 1’36’’052, juste 0’’084 devant Max Verstappen. Lando Norris, George Russell et Andrea Kimi Antonelli complètent un top 5 déjà très dense, dans une séance où le moindre écart de trajectoire se payait immédiatement.

Ferrari frappe d’entrée

Ferrari a posé les bases très tôt. D’abord sur médiums, Leclerc enchaîne les tours propres et rapides, signe un 1’39’’152, puis fait progressivement tomber la référence à mesure que la piste se gomme. Son tour en 1’36’’052, malgré un léger travers au virage 19, reste le point de repère du jour.

Lewis Hamilton s’en rapproche à 0’’074 avec un tour solide, mais gâche ensuite sa tentative en pneus tendres avec une glissade au virage 1. Verstappen, lui, répond avec un 1’35’’860 sur softs, mais ce chrono est effacé pour limites de piste à ce même virage 19, juge de paix du jour. Son meilleur temps validé le laisse finalement à 0’’084 de la Ferrari.

Entre ces tours rapides, les deux Ferrari reviennent régulièrement en piste sur médiums pour travailler le rythme, preuve d’une confiance précoce dans la voiture sur ce circuit réputé ingrat.

Limites de piste : Austin ne pardonne pas

Le ton est donné très vite : les tours disparaissent de l’écran à la chaîne. Turn 12, Turn 19, toujours les mêmes. Ocon, Bearman, Lawson, Hadjar, Hülkenberg, Verstappen… tous y passent.

Hadjar grimpe un temps au quatrième rang avant de voir son effort annulé. Hamilton aussi voit une première tentative contrariée. Même scénario pour Norris, qui signe deux premiers secteurs violets mais perd tout en sortant large dans l’enchaînement final. La moindre roue au-delà du vibreur, et le tour s’envole.

Ce ballet de temps supprimés brouille la hiérarchie pendant une bonne partie de la séance, avant que les relais s’allongent et que les équipes lèvent légèrement le pied sur l’attaque pure.

Mercedes teste, Antonelli s’affirme

Chez Mercedes, la matinée ressemble à un grand laboratoire. Hauteurs de caisse ajustées, comparaisons de gommes, voiture visiblement chargée d’évolutions. George Russell oscille longtemps autour du top 5, avant de se stabiliser à moins d’une demi-seconde de Leclerc, avec un avantage de composé pneumatique à prendre en compte.

L’histoire du jour, toutefois, vient d’Andrea Kimi Antonelli. Le jeune Italien commence prudemment, se plaint d’un choix de pneus – « Je ne devais pas partir en durs ? » – puis monte en puissance. Un tour sur durs à seulement 0’’424 de Leclerc, puis un autre chrono qui le place cinquième, à 0’’001 de Russell. L’écart avec Hamilton reste conséquent, environ une seconde, mais pour une première lecture des mises à jour, Mercedes peut se satisfaire d’un duo déjà bien dans la fenêtre.

Norris en forme, McLaren dans le coup

Lando Norris passe une bonne partie de la séance à flirter avec les limites. Gros snap au virage 19, autre glissade dans le virage 18 dans le sillage d’une Red Bull, mais malgré ces frayeurs, la McLaren répond.

Norris grimpe jusqu’à la deuxième place à un moment, à 0’’245 de Leclerc, puis se stabilise dans le top 3, à environ quatre dixièmes de la Ferrari. Oscar Piastri, plus discret, finit par se hisser au troisième rang sur l’un de ses derniers relais, confirmant que la voiture orange s’adapte bien au tracé texan.

Aston Martin solide, Williams en souffrance

Aston Martin se montre plus discret, mais efficace. Les deux voitures se glissent en 12e et 13e positions à mi-séance, Lance Stroll signant un bon tour sur médiums avec une monoplace légèrement remaniée sur le plan visuel. Rien de clinquant, mais la base semble saine pour la suite du week-end.

À l’autre extrémité du peloton, Williams vit un début de journée compliqué. Les deux voitures passent de longues minutes au stand, capots ouverts, mécanos penchés sur les parties avant. Carlos Sainz, au volant de la FW48, lutte avec une monoplace décrite comme « horriblement » difficile à piloter. Alexander Albon multiplie les blocages de roues, notamment au virage 1 et au virage 12, puis voit plusieurs de ses tours effacés. Sur ce circuit qui met à nu les problèmes de comportement dans les enchaînements rapides, Williams apparaît vulnérable.

Les deux monoplaces restent tout de même devant les Cadillac en termes de chrono brut. Faible consolation, mais signe que la situation pourrait être pire.

Hülkenberg, Lawson, Hadjar et les éclairs isolés

Dans un plateau en perpétuel mouvement, certains coups d’éclat retiennent l’attention. Hülkenberg grimpe au huitième rang lors de sa première véritable tentative en tendres, à 1’’2 du temps de Leclerc, avant de voir un autre tour disparaître pour limites de piste. Liam Lawson s’offre brièvement le meilleur temps en 1’38’’631, avant que Verstappen puis Leclerc ne le repoussent.

Isack Hadjar, très en vue, monte un moment au troisième rang, puis au quatrième, avant que la direction de course ne supprime son tour. Oliver Bearman, lui, navigue autour du top 10, s’y installe, en sort, y revient, au gré des effacements et des améliorations des autres.

Herta remplace Perez, Cadillac en mode découverte

Chez Cadillac, Colton Herta prend le volant à la place de Sergio Perez pour cette FP1, seul changement « rookie » de la séance. Nouvelle livrée spéciale pour la première visite texane de l’équipe, mais apprentissage difficile sur un circuit aussi exigeant. Les temps restent modestes, loin des références de tête, dans un contexte où la priorité semble clairement être l’accumulation de données plutôt que la chasse au chrono.

Verstappen signale un souci de volant

Au-delà des temps, un message radio intrigue : Max Verstappen se plaint d’un comportement étrange de son volant. « Quand je tourne à gauche, il y a de la friction. Ce n’est pas linéaire », explique-t-il à Tom Hart, qui assure le rôle d’ingénieur de course en vue de 2027. Rien de dramatique sur le plan des performances brutes ce vendredi matin, mais un point à surveiller dans une équipe Red Bull qui n’aime guère les zones d’ombre.

FIA, mode faible adhérence et avenir de Renault

En fin de séance, la FIA profite de la FP1 pour tester un nouveau mode de faible puissance. Les pilotes doivent effectuer une simulation en mode « low grip » à l’entrée du virage 15, à basse vitesse, avec des inputs précis au volant. L’objectif : renforcer les protections logicielles du Power Unit après les soucis rencontrés lors du week-end de Malaisie.

En toile de fond, un autre dossier majeur se referme : Renault vend son site de Viry-Châtillon au groupe belge Dumarey. Après avoir mis fin à son projet moteur F1 pour permettre à Alpine de basculer vers Mercedes, le constructeur français tourne une page historique. Viry, qui assemblait désormais les moteurs Mecachrome de l’hypercar A424, ne produira plus de blocs F1. De fait, un retour de Renault en tant que motoriste F1 devient hautement improbable.

IndyCar s’invite à Barcelone

Dernière information marquante de la journée : IndyCar sortira de l’Amérique du Nord en 2027. Le Grand Prix de Barcelone est programmé le 18 juillet 2027 sur le Circuit de Barcelona-Catalunya, première incursion de la série reine américaine en Europe depuis 2013, ou 2007 si l’on remonte à l’ère ChampCar. Une nouvelle qui garantit à Alex Palou, quintuple champion, un véritable Grand Prix à domicile.

Le décor est planté à Austin : chaleur (27°C dans l’air, 40°C sur la piste), bosses, limites de piste impitoyables, Ferrari déjà affûtée, Verstappen aux aguets, Mercedes en mode expérimentation et plusieurs jeunes aux portes du top 10.

Si la première séance ressemble à ça, à quoi ressemblera le week-end quand tout le monde lâchera enfin les chevaux ?