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Kieron Pollard devient head coach des Mumbai Indians

Mumbai Indians a choisi la continuité plutôt que la rupture. Icône de la franchise, Kieron Pollard devient le nouveau head coach avant l’IPL 2027, succédant à Mahela Jayawardene, parti le week-end dernier. Un passage de témoin lourd de symboles, presque inévitable tant le nom de Pollard est désormais indissociable du bleu et or.

De pilier sur le terrain à patron du vestiaire

Arrivé à Mumbai en 2010 comme jeune all-rounder explosif, Pollard a grandi avec la franchise jusqu’à en devenir l’un des visages les plus marquants. Cinq titres IPL (2013, 2015, 2017, 2019, 2020), deux trophées CLT20 (2011, 2013), des coups de massue au bâton et des wickets décisifs : son empreinte sportive est immense.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 189 matches d’IPL, 3412 runs à un strike-rate de 147,32, 69 wickets. Mais ce sont surtout les moments qui restent. Les finishes sous pression, les catches spectaculaires, l’énergie contagieuse. Jusqu’à sa dernière saison jouée en 2022, Pollard a incarné l’ADN agressif et assumé de Mumbai Indians.

Une fois les gants rangés, il n’a pas quitté la maison. Devenu batting coach à partir de 2023, il a accompagné la transition d’un groupe en reconstruction. Le voilà désormais propulsé au sommet de la hiérarchie technique.

« C’est un honneur de prendre le rôle de Head Coach de Mumbai Indians », a-t-il déclaré, rappelant à quel point la franchise a façonné sa vie et sa carrière. Il insiste sur ce lien intime avec l’équipe, les joueurs et la Paltan, ce public qui l’a adopté comme l’un des siens.

Un homme du club, dans tous les sens du terme

Pollard ne connaît pas seulement MI, il connaît tout son écosystème. Au fil des années, il a porté les couleurs des franchises sœurs en MLC, ILT20 et SA20. En 2024, il est encore actif sur le circuit des franchises : MI New York en MLC, Trinbago Knight Riders en CPL, et tout récemment Joburg Super Kings en SA20 pour la saison 2027.

À 39 ans, il vit donc un double rôle : joueur influent sur le circuit mondial, et désormais premier responsable sportif de la franchise qui a marqué sa carrière. C’est sa première expérience comme head coach, mais pas un saut dans l’inconnu. Il connaît le vestiaire, les couloirs, les attentes, la pression. Et surtout, ce que représente ce maillot.

Nita Ambani l’a parfaitement résumé : Pollard est arrivé à 22 ans, et en seize ans, il est devenu un membre à part entière de la famille MI. Sur le terrain, il a offert des soirées inoubliables. Sur le banc, il a déjà commencé à transmettre sa lecture du jeu, son exigence et sa passion.

Pour la propriétaire de Mumbai Indians, il n’y a aucun doute : « Polly sait ce que signifie porter le maillot MI et ce qu’il faut pour jouer pour la Paltan. » Elle le voit apporter la même détermination dans ce nouveau rôle que dans ses années de joueur.

Un premier test immédiat : le mercato

Le costume de head coach ne laisse aucun répit. Avant même de penser aux compositions d’équipe ou aux plans tactiques, Pollard doit plonger dans l’un des exercices les plus sensibles de l’IPL : les rétentions.

Son premier grand dossier sera de finaliser la liste des joueurs conservés avant la player auction, programmée en décembre à Goa. Un moment clé, où se dessine l’ossature d’un cycle entier. Qui garder, qui sacrifier, sur qui parier pour l’avenir ? Des décisions lourdes, souvent impopulaires, qui exigent autant de cœur que de froideur.

L’ancien finisseur va devoir trancher, cette fois avec un tableau blanc plutôt qu’une batte entre les mains. Mais il connaît la musique. Il sait ce que les supporters attendent, ce que le vestiaire peut encaisser, et ce que demande une franchise qui a bâti sa réputation sur l’ambition permanente.

Pollard a déjà promis de « construire sur l’héritage de l’équipe, aider les talents à grandir et donner à la Paltan encore plus de raisons de célébrer ». La phrase sonne comme un programme. La prochaine question, pour Mumbai Indians, n’est plus de savoir s’il était l’homme de la maison. Elle est simple, brutale, passionnante : jusqu’où peut-il les mener, maintenant qu’il en tient les clés ?