Dinesh Karthik plaide pour un spinner supplémentaire
Dinesh Karthik met la pression : « Il faut un spinner de plus »
À la veille du deuxième T20I entre l’Inde et la Nouvelle-Zélande à Hagley Oval, la victoire folle de Christchurch – 226 courus pour un succès par quatre guichets – n’a pas suffi à masquer les fissures. Dinesh Karthik, depuis le plateau de Cricbuzz, a mis les pieds dans le plat : pour lui, l’Inde doit changer de formule et aligner un spinner supplémentaire.
Le débat ne porte pas seulement sur la surface ou la météo. Il touche au cœur de l’équilibre de cette équipe, bousculée balle en main depuis plusieurs semaines.
Bhuvneshwar, clé cachée du puzzle
Karthik voit la solution là où peu de gens la regardent : dans le rôle de Bhuvneshwar Kumar. L’ancien international estime que le pacer peut monter d’un cran dans l’ordre, libérant une place pour un autre spinner sans affaiblir la profondeur au bâton.
« Bhuvneshwar Kumar peut battre. Dans ce match, il aurait fait le travail de Nitish Kumar Reddy, faire tourner le strike et tout, c’est sûr », a-t-il expliqué, rappelant que le seamer a déjà montré qu’il pouvait tenir ce rôle de batteur utilitaire en fin d’alignement.
Pour Karthik, Bhuvneshwar peut donc occuper ce poste de numéro 8, ce qui ouvrirait une case supplémentaire pour un spinner spécialisé. Un pari offensif sur le plan tactique, mais réfléchi : l’Inde a besoin de plus d’options dans les overs du milieu, là où les matches lui échappent trop souvent.
Axar, Bhuvneshwar… et la bataille des numéros
Le discours de Karthik ne s’arrête pas là. S’il milite pour un spinner de plus, il réorganise aussi la hiérarchie au bâton. À ses yeux, Axar Patel doit rester le premier rempart de la fin d’alignement.
« Il est évidemment un meilleur numéro 9 qu’un numéro 8, c’est sûr. Vous préférez avoir Axar au numéro 8 », a-t-il insisté, avant de détailler l’idée sous-jacente : Axar au 8, Bhuvneshwar au 9, et un spinner supplémentaire intégré sans sacrifier totalement les ressources offensives.
Le message est clair : accepter de vivre avec un tail un peu plus long, mais gagner en mordant dans les overs intermédiaires. Quitte à envoyer un signal fort : l’Inde ne peut plus se contenter de survivre avec la balle.
Une attaque sous pression
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et expliquent la fermeté du ton. Les bowlers indiens ont encaissé plus de 200 points dans quatre de leurs six derniers matches T20I. Trois fois, cette barre symbolique a été franchie lors de la récente série en cinq matches contre les West Indies.
Pour Gautam Gambhir, c’est un casse-tête permanent. Le sélectionneur-chef a déjà beaucoup bricolé, changeant les compositions, cherchant la bonne combinaison sans trouver de réponse durable. L’Inde a beau avoir renversé la situation à Christchurch grâce à une poursuite record, elle ne peut pas ignorer ces signaux d’alarme.
Un seul spinner de premier plan, Axar Patel, avait été aligné lors du premier match. L’Inde s’en est sortie grâce à la puissance de son batting, mais Karthik prévient : compter systématiquement sur un chase miraculeux à 220+ est une stratégie vouée à exploser tôt ou tard.
Hagley Oval, nouveau test… et possible tournant
Samedi, à Hagley Oval, l’Inde mène 1-0 dans cette série en trois matches. L’avantage est réel, mais fragile. La Nouvelle-Zélande sait désormais que cette attaque peut être prise pour cible, que les 200 sont atteignables, voire dépassables.
C’est dans ce contexte que la proposition de Karthik prend du poids. Un spinner de plus, Bhuvneshwar promu dans l’ordre, Axar consolidé au 8 : une idée simple sur le papier, mais lourde de conséquences sur la dynamique de l’équipe.
La question n’est plus de savoir si l’Inde peut poursuivre 226. Elle l’a déjà fait. La vraie interrogation, désormais, est de savoir combien de temps elle acceptera de courir derrière le jeu sans blinder enfin son arsenal de bowling.



