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Christian Horner, après 20 ans en F1 : « Je peux vivre sans »

Christian Horner a tourné la page. Ou, à tout le moins, il refuse de se précipiter pour en écrire une nouvelle.

L’ancien patron de Red Bull Racing, débarqué en juillet 2025 après deux décennies à la tête de l’écurie, a confié à New York qu’il ne ressentait aucune urgence à revenir dans le paddock. Et qu’il pouvait parfaitement accepter l’idée de ne plus jamais travailler en Formule 1.

Un homme qui a appris à vivre sans le paddock

Invité de l’Autosport Business Exchange, organisé dans le showroom Manhattan Motorcars, Horner a pris place sur scène face au présentateur de CBS News, Errol Barnett. Première apparition publique aux États-Unis depuis son départ d’Oracle Red Bull Racing, et un discours sans nostalgie excessive.

« Pour être honnête, je ne suis pas particulièrement pressé », a-t-il expliqué. « Je suis heureux d’être un peu en périphérie pour le moment, à regarder, après avoir découvert la vie en dehors de la Formule 1 ces 15 derniers mois et en sachant quels sacrifices il faut consentir pour gagner en Formule 1. »

Cette vie extérieure, il l’a visiblement goûtée. Moins de nuits blanches, moins de vols intercontinentaux, moins de tension permanente. Et la lucidité de quelqu’un qui sait exactement ce que coûte la victoire.

Revenir, oui, mais seulement pour gagner

Horner ne ferme pas la porte. Il la laisse simplement entrouverte, avec un verrou solide.

« Pour que je revienne, il faudrait que ce soit pour le bon projet », a-t-il insisté. « Les sacrifices à faire, le temps loin de chez soi, les heures que ça prend, la manière dont ça domine votre vie… Il faudrait que ce soit avec des gens animés par la volonté de gagner. »

L’ancien team principal rappelle son bilan avec une froide précision de compétiteur : il estime avoir remporté « presque un tiers » des Grands Prix auxquels il a participé en tant que patron. Une statistique qui explique sa ligne rouge.

« Je ne voudrais pas revenir juste pour prendre part. Je voudrais revenir pour me battre, et être en position de provoquer des changements. Il faudrait donc quelque chose de vraiment convaincant pour me décider. »

Pas question, donc, de s’asseoir sur un mur de stands pour simplement exister dans le décor. Horner réclame un projet lourd, ambitieux, structuré autour de la victoire et du pouvoir d’influence.

Un livre, un regard en arrière… sans obsession de retour

L’Anglais vient de publier son autobiographie, intitulée Drive. Un titre qui renvoie autant à la conduite qu’à la motivation intérieure. Interrogé sur le fait de savoir si l’ouvrage laissait entrevoir un possible retour en Formule 1, Horner refuse de jouer au teasing.

« Honnêtement, je n’en ai aucune idée. J’ai adoré le temps que j’ai passé dans ce sport. Je suis un fan de ce sport. Je suis un fan de la Formule 1 », a-t-il expliqué.

Puis la phrase tombe, nette, presque libératrice : « Et pour moi, si mon temps en Formule 1 est terminé, ça me va. Je suis fier de ce que j’ai fait, et je me sens privilégié d’avoir travaillé avec les personnes avec qui j’ai travaillé. »

Le chapitre n’est pourtant pas totalement refermé. Derrière ce recul assumé, la flamme n’est pas éteinte.

« Il y a toujours un désir de compétition en moi. Et si la bonne opportunité se présentait, dans les bonnes conditions, je serais prêt à revenir. Mais ce serait avec des gens qui veulent gagner, au bout du compte. Je ne voudrais pas revenir juste pour participer. Ça ne m’attire absolument pas. »

Horner a quitté la scène new-yorkaise comme il a quitté le paddock : en compétiteur. Sans supplique, sans promesse creuse. S’il revient un jour sur une grille de départ, ce ne sera pas pour regarder les autres jouer la victoire. Ce sera pour la reprendre.

Christian Horner, après 20 ans en F1 : « Je peux vivre sans »