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Leclerc brille à Austin lors des essais libres 2

Charles Leclerc a planté le décor à Austin. Sur un Circuit of the Americas cabossé, piégeux, usant les nerfs autant que les pneus, le pilote Ferrari a signé le meilleur temps des essais libres 2 du Grand Prix des États-Unis, devant un invité de luxe en haut de la feuille : Kimi Antonelli.

Leclerc dompte un COTA intraitable

En 1’35’’291, décroché juste avant la mi-séance, Leclerc a pris le dessus sur tout le monde au moment où le peloton lançait ses simulations de qualification en pneus tendres. Le Monégasque a surtout fait la différence dans le troisième secteur, là où la piste se dégrade, se déforme, et où chaque bosse peut ruiner un tour.

Avant lui, Max Verstappen avait fixé une première référence en 1’35’’480. Un temps solide, rapidement balayé par la Ferrari, deux dixièmes plus rapide. Le triple champion du monde, performant sur son relais en tendres, a dû se contenter d’un rôle d’observateur dans ce duel… car un autre nom est venu s’intercaler.

Antonelli, déjà au niveau des cadors

Kimi Antonelli, leader du championnat, a frappé fort. Deuxième temps, à seulement 0’’042 de Leclerc. À Austin, sur un tracé qui ne pardonne rien, le jeune pilote Mercedes s’est glissé entre Ferrari et Red Bull comme s’il occupait ce rôle depuis des années.

Le trio Leclerc–Antonelli–Verstappen a creusé un vrai fossé avec le reste du plateau. Derrière, Lewis Hamilton pointe à six dixièmes, seulement quatrième. Le septuple champion du monde n’a pas enchaîné un tour parfaitement propre en mode qualif, préférant rapidement basculer sur les longs relais.

George Russell, lui, a frôlé la catastrophe.

Russell en équilibre, Norris en rodéo

Dans les Esses du premier secteur, la partie la plus rapide et la plus exigeante du circuit, Russell a perdu l’arrière de sa Mercedes à haute vitesse. Sauvetage spectaculaire, grand coup de volant, gros cœur. Il s’en sort, remet la voiture dans le bon sens, puis signe finalement le cinquième temps.

Plus loin, Lando Norris se bat avec une McLaren rétive. Dans le dernier secteur, sa monoplace se transforme en rodéo mécanique, rebondit, glisse, finit hors piste. Oscar Piastri, lui aussi, sort large un peu plus tôt. Manque de grip, manque de confiance : McLaren souffre, et ça se voit au classement.

Norris et Piastri terminent septième et huitième, à une seconde de Leclerc. Une marge énorme à ce stade du week-end, qui illustre le malaise de l’équipe sur ce bitume bosselé.

Un circuit qui secoue tout le monde

Dès la première séance, le ton était donné : COTA, avec ses 5,5 km de virages lents, de sections à fort appui et de compressions violentes, impose un casse-tête de réglages. Les équipes tâtonnent, cherchent le compromis idéal entre stabilité dans les Esses et motricité dans le dernier secteur.

Les pneus tendres n’aiment pas ce traitement. Le premier secteur, en enchaînement, les dévore. Les pilotes doivent tout donner en un seul tour, parfois même en un seul secteur, avant que la performance ne s’effondre.

Dans ce contexte, certains s’en sortent mieux que d’autres. Liam Lawson signe un prometteur sixième temps pour Racing Bulls, profitant d’une voiture visiblement à l’aise sur les bosses. Isack Hadjar, en revanche, se plaint du manque de grip global dans la Red Bull et doit se contenter du neuvième chrono.

Oliver Bearman place la Haas dans le top 10, dixième, dans un exercice où chaque dixième se paie cher.

Le décor est planté

Une Ferrari qui vole sur un tour, une Mercedes jeune et audacieuse avec Antonelli, un Verstappen toujours là, tapi à deux dixièmes, des McLaren en difficulté et un COTA qui ne fait aucun cadeau : la hiérarchie de ce vendredi n’a rien de figé.

Mais une chose est claire : si Leclerc a pris la main, la marge est infime. Quarante-deux millièmes seulement le séparent d’Antonelli. Sur une piste aussi brutale, c’est le genre d’écart qui peut disparaître au premier coup de volant du samedi.