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Leclerc domine à Austin, Verstappen et Antonelli à ses côtés

Charles Leclerc a planté le décor au Circuit of the Americas. Meilleur temps des deux premières séances d’essais libres, le Monégasque a confirmé en EL2 que Ferrari avait amené de la vitesse au Texas, même si l’écart avec la concurrence reste infime.

Sur un tour, la SF-24 bis fait mal. Sur la durée, c’est une autre histoire.

Ferrari frappe, Verstappen répond, Antonelli se révèle

La première séance avait déjà tourné à l’avantage de Leclerc, aidé par un tour de Max Verstappen effacé pour non-respect des limites de piste. Cette fois, en EL2, le pilote Red Bull a rapidement mis les choses au clair en signant la première référence solide du jour, sous la barre de 1’36’’ sur les pneus médiums, et surtout valide.

George Russell s’est ensuite invité devant tout le monde avec un 1’36’’0 pour Mercedes, pendant que les Ferrari et la McLaren de Lando Norris travaillaient en gommes dures. De l’autre côté du garage Mercedes, Kimi Antonelli, présenté comme le probable champion du monde 2026, restait coincé au stand, occupé à gérer un problème de siège « qui bougeait dans tous les sens ».

Quand l’Italien a enfin pu se lancer sérieusement, hors séquence par rapport aux autres, il est resté à deux dixièmes de Russell. Un retard modeste, mais qui annonçait déjà une lutte interne chez Mercedes.

Le déclic de Leclerc en mode qualif

Leclerc, lui, voyait son roulage en pneus durs parasité par le trafic dans les Esses à haute vitesse et par une manœuvre musclée de Russell, qui l’a poussé hors piste et écopé d’un drapeau d’avertissement. Rien de cassé, mais le rythme de Ferrari restait encore flou.

Tout a changé au moment des simulations de qualifications. Avec les pneus tendres, la Ferrari s’est soudainement animée. Leclerc a lâché un 1’35’’291, net, propre, et suffisant pour reprendre la main.

Antonelli a répondu du tac au tac, à moins d’un demi-dixième seulement du temps de Leclerc dans la meilleure des Mercedes. Verstappen s’est intercalé juste derrière, à un peu moins de deux dixièmes du Monégasque. Sur un tour, les trois équipes se tiennent dans un mouchoir de poche.

Sur les relais plus longs, le décor s’est nuancé. Les moyennes au tour ont davantage souri à Red Bull et Mercedes, Ferrari semblant perdre un peu de consistance à mesure que les tours s’enchaînaient.

Hamilton décroché, Russell à la limite

Derrière ce trio Leclerc–Antonelli–Verstappen, le trou est net. Lewis Hamilton, dans l’autre Ferrari, n’a jamais pu se rapprocher. Lors de sa propre simulation qualif, il a enchaîné deux tours lancés quasiment identiques… mais tous deux à plus de six dixièmes de la référence de son équipier.

Russell, lui, a flirté avec la catastrophe. Sur son tour rapide, il a connu un énorme moment dans les Esses, rattrapant la voiture de justesse. Résultat : seulement cinquième, loin de ce que laissait présager son début de séance.

Entre les deux Mercedes, un invité surprise : Liam Lawson. Profitant d’une après-midi compliquée pour les deux McLaren et pour la deuxième Red Bull d’Isack Hadjar, le pilote Racing Bulls a hissé sa voiture dans le top 6, même si ce groupe-là pointe déjà à plus d’une seconde de Leclerc.

McLaren en difficulté, Hadjar frustré

Isack Hadjar n’a pas caché son agacement à la radio, se plaignant d’un équilibre de voiture très loin du compte. Chez McLaren, la situation n’était guère plus réjouissante.

Oscar Piastri a tenté deux fois sa simulation de qualification. Deux tentatives, beaucoup d’efforts, mais au final un chrono seulement 0’’014 plus lent que celui de Norris. Norris, lui, a tout gâché à Turn 15 : énorme blocage de l’essieu avant, sortie large, et impossibilité d’améliorer son temps signé plus tôt en pneus durs. Une séance frustrante pour une équipe qui vise habituellement la première ligne virtuelle du vendredi.

Haas en embuscade, Audi en trompe-l’œil

Ollie Bearman continue de faire son trou. Le jeune pilote Haas a complété le top 10, à un peu plus d’un dixième d’Hadjar, mais avec trois dixièmes d’avance sur Gabriel Bortoleto et son’Audi.

La voiture allemande avait pourtant semblé très à l’aise en début de séance sur les gommes plus dures, régulièrement dans le top 6. Une fois les tendres chaussés, l’avantage relatif s’est évaporé. Le rythme sur un tour manque encore pour confirmer ce bon début de journée.

Aston Martin en limite, Williams en perdition

Du côté d’Aston Martin, les chronos racontent une équipe coincée à la lisière de la Q2. Fernando Alonso et Lance Stroll terminent quasiment collés, séparés par moins d’un demi-dixième. Solide, mais sans éclat. Pour l’instant, la voiture semble plafonner.

Le contraste avec Williams est brutal. La monoplace bleue donne l’impression d’être la plus rétive du plateau : comportement imprévisible, peu de grip, confiance en berne. Alex Albon a vécu un énorme moment de frayeur dans les Esses, sans conséquence matérielle, mais sa séance est restée anonyme. Une nouvelle fois, comme en EL1, il n’a pas réussi à signer un tour représentatif et ferme la marche.

Plus loin, Carlos Sainz se retrouve coincé entre les Cadillac au 20e rang, lâchant à la radio une phrase lourde de sens : « la voiture est un désastre en ce moment ». Le diagnostic est brutal, mais il colle avec les chiffres.

Le vendredi d’Austin laisse donc une hiérarchie contrastée : Ferrari scintille sur un tour, Mercedes et Red Bull imposent leur loi sur les longs relais, et quelques outsiders tentent de s’inviter dans la lumière. Reste une question brûlante avant la qualification : Leclerc pourra-t-il transformer cet éclat du vendredi en pole position, ou la pression combinée d’Antonelli et Verstappen finira-t-elle par tout renverser ?