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India A s’effondre à Lincoln : 113 runs et un homme debout

Sur le gazon vert vif du Bert Sutcliffe Oval de Lincoln, India A a pris de plein fouet la réalité d’une tournée en Nouvelle-Zélande. Une équipe bardée de talents, un top-order riche en noms… et pourtant, 113 misérables runs pour ouvrir ce premier Test officieux face à New Zealand A. Un naufrage collectif, masqué seulement par l’orgueil d’un homme : Yash Rathod.

Un top-order de stars… et un silence assourdissant

Sur une surface généreuse pour les rapides locaux, la ligne de batteurs menée par Dhruv Jurel n’a jamais trouvé la clé. La matinée a pris un ton brutal dès le départ : KL Rahul, attendu comme le pilier de cette tournée, a tenu huit balles. Huit balles sans jamais paraître à l’aise, avant de pousser une déviation derrière les stumps sur une offrande de Fraser Sheat. Zéro. Un départ glacial pour un homme de son expérience.

Yashasvi Jaiswal a tenté de s’installer, 17 runs en 45 balles, un début de construction, quelques signes de contrôle. Puis Zak Gibson l’a cueilli, stoppant net la moindre velléité de partenariat solide.

Devdutt Padikkal a bien résisté plus longtemps, 32 runs en 77 balles, mais son innings n’a jamais pris l’ampleur attendue. Le rythme est resté englué, les wickets tombaient à l’autre bout, et son occupation du crease n’a pas suffi à faire respirer la feuille de score.

Sai Sudharsan, lui aussi présenté comme un homme clé de cette tournée, est resté bloqué sur zéro après 13 balles. Puis ce fut au tour du capitaine. Dhruv Jurel, gardien de guichet et leader désigné, n’a inscrit qu’un seul run avant de céder face à Simon Keene. Washington Sundar, autre nom majeur de ce groupe, a lui aussi quitté le terrain sans ouvrir son compteur.

À 58/6, India A ne subissait plus une simple mauvaise session. C’était une débâcle.

Simon Keene, bourreau d’India A

La surface offrait de l’aide, certes. Mais encore fallait-il savoir l’exploiter. Simon Keene l’a fait avec une précision chirurgicale. Ligne serrée, longueur parfaite, rythme constant : il a découpé le batting indien et signé une feuille de stats qui en dit long sur sa maîtrise du jour.

Cinq wickets pour 24 runs en 11,3 overs. Une performance de meneur d’attaque, sans fioritures, sans cadeau.

Autour de lui, Zak Gibson a soutenu la pression avec trois wickets pour 29 runs. Fraser Sheat et Kristian Clarke ont ajouté un scalp chacun pour compléter le travail. Résultat : les cinq derniers wickets indiens sont tombés pour seulement 55 runs. Une fin d’innings aussi rapide que brutale.

Yash Rathod, le dernier rempart

Au milieu des débris, un seul batteur a semblé jouer sur un autre tempo. Yash Rathod n’a pas seulement résisté, il a rendu les coups. 44 runs invaincus en 49 balles, trois fours, trois sixes. Dans ce contexte, c’était plus qu’un joli camée : c’était un acte de rébellion.

Alors que les partenaires défilaient vers le pavillon, Rathod a refusé de se contenter d’une lente agonie. Il a accéléré, pris les bowlers à partie, notamment dans une dernière association avec Mukesh Choudhary. C’est lui, presque seul, qui a poussé India A au-delà de la barre symbolique des 100 runs.

Choudhary, lui, n’a rien ajouté au total avant de devenir la cinquième victime de Keene. Une fin logique pour un innings où, à part Rathod, personne n’a réellement semblé s’installer.

Une montagne à gravir pour les bowlers indiens

Les 113 runs laissés sur le tableau posent désormais un défi immense aux bowlers d’India A. La bonne nouvelle, si l’on ose, tient dans la nature même de la surface : le pitch continue d’offrir du mouvement aux pacers. La mauvaise, c’est que New Zealand A aura la confiance d’avoir déjà montré comment exploiter ces conditions.

Pour garder ce Test officieux vivant, les rapides indiens devront frapper très vite, très fort. Sans marge d’erreur, sans temps d’adaptation. Car si New Zealand A prend la main dès ce premier innings, la suite de la rencontre pourrait se transformer en long exercice de rattrapage pour un groupe déjà secoué.

La question est simple : India A saura-t-elle répondre avec la balle à l’humiliation subie avec la batte, ou cette journée à Lincoln restera-t-elle comme le premier avertissement sévère d’une tournée bien plus compliquée que prévu ?