India A subit une défaite cuisante face à New Zealand A
Sur une pelouse verte comme un fairway et traîtresse comme rarement, India A a pris de plein fouet la réalité des conditions néo-zélandaises. 113 tout rond en 39,3 overs, un effondrement brutal, et un homme au centre du carnage : Simon Keene, irrésistible avec 5/24.
Cette rencontre officieuse face à New Zealand A devait servir de rampe d’accès vers la série de deux Tests qui attend l’équipe première, au cœur d’une longue tournée mêlant T20I, ODI et format long. Elle s’est transformée en rappel cinglant : quand la balle bouge en Nouvelle-Zélande, chaque erreur se paie cash.
Keene et les rapides néo-zélandais ouvrent la brèche
New Zealand A n’a pas hésité une seconde au toss : lancer ses rapides sur ce tapis herbeux relevait de l’évidence. Le plan a fonctionné dès les premiers instants.
Fraser Sheat a frappé le premier, faisant tomber KL Rahul pour un duck après seulement huit balles. Un symbole. Un joueur d’expérience, censé donner le ton, renvoyé au pavillon sans ouvrir son compteur.
Yashasvi Jaiswal et Devdutt Padikkal ont tenté d’éteindre l’incendie. Ils ont laissé passer, se sont appliqués, ont essayé de grignoter le temps et les runs. Mais la pression ne s’est jamais desserrée. Zak Gibson a fini par briser ce début de reconstruction en sortant Jaiswal pour 17 (45 balles), et la fissure est devenue faille.
Padikkal, lui, a résisté plus longtemps. 32 runs en 77 balles, un labeur plus qu’un feu d’artifice, mais dans ce contexte, chaque minute passée au milieu comptait. Quand Gibson est revenu pour le déloger, l’édifice déjà fragile s’est mis à trembler pour de bon.
Le carnage de Keene
La suite a porté la signature d’un seul homme. Simon Keene a pris la balle et n’a plus lâché India A.
Longiligne, en rythme, il a tiré tout ce que la surface pouvait offrir. Longueur parfaite, mouvement constant, ligne agressive. Sai Sudharsan est parti pour un duck, Dhruv Jurel n’a ajouté qu’un run, Washington Sundar n’a même pas eu ce luxe : lui aussi renvoyé sans marquer.
Keene a empilé les wickets, 5 en 11,3 overs, pour seulement 24 runs concédés. À ses côtés, Gibson a terminé avec trois wickets, Sheat avec un, mais c’est bien Keene qui a dicté le tempo, étouffant les batteurs indiens, over après over.
India A n’a jamais réussi à installer la moindre vraie association. Chaque tentative de partenariat a été brisée avant de prendre forme. Chaque petite accalmie a été balayée par une nouvelle balle qui bouge, une ligne qui serre, un edge fatal.
Rathod, seul contre la tempête
Au milieu de ce champ de ruines, un nom ressort : Yash Rathod.
Plutôt que de s’agripper à une survie illusoire, il a choisi l’attaque. 44* en 49 balles, trois fours, trois sixes, un ton radicalement différent de celui imposé par les conditions. Alors que les wickets tombaient autour de lui, Rathod a décidé de frapper fort, de forcer le score à respirer un peu.
Avec lui, Anshul Kamboj a apporté 10 runs précieux, presque discrets, mais suffisants pour que la barre des 100 soit franchie. Sans Rathod, India A aurait pu s’effondrer bien en dessous de ce total déjà modeste. Sa manche n’efface pas le naufrage collectif, mais elle évite au tableau d’affichage de virer au désastre absolu.
L’aventure s’est tout de même arrêtée à 113. Trop peu, trop vite.
Un avertissement brutal avant les vrais Tests
La surface, chargée en herbe, favorisait clairement les rapides. Sur ce point, rien d’inattendu. New Zealand A a simplement mieux lu, mieux exploité, mieux exécuté.
Ce qui inquiète davantage, c’est la facilité avec laquelle les wickets indiens sont tombés, l’incapacité à bâtir une seule grosse association, le manque de réponses durables face à une attaque de seamers disciplinée mais pas hors d’atteinte au niveau international.
Cette série officieuse devait offrir aux prétendants au Test cricket une chance de s’endurcir, de sentir le vent, l’humidité, les balles qui quittent la ligne au dernier instant. Un seul innings, sur un wicket franchement à l’avantage des bowlers, ne définit pas une tournée ni une génération. Mais il pose une question nette : ce groupe peut-il encaisser, sur la durée, la pression constante de rapides de qualité en Nouvelle-Zélande ?
La réponse viendra vite. Et cette fois, India A n’aura plus le luxe d’un tel effondrement.




