Jobe Bellingham rejoint Jude en équipe d’Angleterre
L’Angleterre ajoute un nouveau chapitre à son histoire de fratries en sélection. Jobe Bellingham a reçu sa première convocation avec l’équipe nationale et rejoint ainsi son frère aîné Jude dans le groupe retenu par Thomas Tuchel pour les prochains matches de Nations League contre la Croatie et l’Espagne.
Ce n’est pas seulement un clin d’œil romantique à la dynastie Bellingham. C’est aussi un choix très pragmatique.
Tuchel, un milieu à reconstruire
Le sélectionneur doit composer avec un milieu de terrain décimé. Alex Scott n’est pas remis de la blessure contractée lors du dernier rassemblement. Myles Lewis-Skelly, utilisé lors des quatre rencontres du précédent camp, est suspendu pour le match face à la Croatie après un carton jaune.
Le calcul est simple : l’Angleterre se retrouve courte dans l’axe, surtout pour la première affiche. Tuchel ouvre donc la porte à Jobe Bellingham, déjà très surveillé depuis des mois par le staff.
« Nous avons un léger problème au milieu de terrain central parce qu’Alex Scott n’est pas prêt. Malheureusement, il s’est blessé lors du dernier camp. Myles a pris un carton jaune et est suspendu pour la Croatie, cela nous laisse un peu juste », explique Tuchel, avant de glisser la clé de ce choix : « Lee Carsley parle de Jobe en termes très élogieux depuis des semaines et des mois, qu’il mérite, s’il y a une place, de faire impression en A. Il a fait de bons matches avec Dortmund. Il mérite d’être avec nous. »
De Sunderland à Dortmund, puis à l’Angleterre
Jobe Bellingham a suivi les traces de son frère jusqu’à Borussia Dortmund, quittant Sunderland à l’été 2025. En Bundesliga, il est principalement utilisé en numéro 6, sentinelle devant la défense, mais son profil hybride lui permet de jouer en numéro 8, rôle qu’il occupe déjà avec les moins de 21 ans anglais.
Cette polyvalence tombe à point nommé pour Tuchel, qui cherche des solutions rapides et fiables dans un secteur stratégique. Jobe arrive donc dans un contexte exigeant, mais propice pour marquer les esprits.
Avec cette convocation, les Bellingham s’inscrivent dans une lignée prestigieuse : vingt et une paires de frères ont déjà porté le maillot de l’Angleterre masculine. Les plus récents ? Nathaniel et Trevoh Chalobah, Gary et Phil Neville, Bobby et Jack Charlton. Le nom Bellingham rejoint une galerie déjà mythique.
Josh King récompensé, Ben White enfin de retour
Le milieu n’est pas le seul secteur retouché. Josh King obtient lui aussi une place dans le groupe. Le joueur de Fulham, 19 ans, avait déjà goûté à l’atmosphère du très haut niveau lors du camp de préparation au Mondial, sans entrer en jeu. Il revient cette fois avec un statut plus affirmé, porté par un début de saison convaincant.
Tuchel n’a pas oublié l’impression laissée par le jeune milieu offensif : « Il a fait une très forte impression, comme personne et comme joueur, lors du camp avant la Coupe du monde. Maintenant, c’est le bon moment pour le prendre parce qu’il est très flexible. Il peut s’entraîner dans les quatre positions offensives. Il peut montrer qu’il est une bonne alternative sur les ailes et peut-être en numéro 10. C’est le moment de le voir et de le récompenser pour son bon début de saison. »
Ben White, lui, retrouve enfin le maillot national. Le défenseur d’Arsenal, titulaire régulier en Premier League cette saison, n’avait plus été appelé depuis son sixième cap, en mars, contre le Japon. À 29 ans, il revient dans une forme que Tuchel juge impossible à ignorer.
« Il était temps », tranche le sélectionneur. « Nous avons essayé plusieurs fois de convoquer Ben. Touchons du bois pour qu’il reste en forme et disponible, parce qu’il est impressionnant en ce moment. »
Des choix forts, des absents de marque
Derrière ces arrivées, quelques noms manquent à l’appel. Kobbie Mainoo, Cole Palmer, Noni Madueke et Nico O’Reilly ne figurent pas dans cette liste. Djed Spence, lui, effectue son retour.
Dans les buts, Dean Henderson et Jordan Henderson restent en dehors du groupe, tandis que Trent Alexander-Arnold conserve sa place, symbole de la continuité recherchée dans certains secteurs. Morgan Gibbs-White et James Garner, appelés en renfort en septembre après une vague de blessures, sont cette fois intégrés d’emblée.
Les contours de ce groupe disent beaucoup des priorités de Tuchel : maintenir une ossature claire, mais ouvrir des portes à ceux qui performent, sans attendre.
Une Nations League pour tester une nouvelle génération
Entre l’émergence de Jobe Bellingham, la polyvalence de Josh King et le retour de Ben White, cette fenêtre internationale prend des airs de laboratoire sous haute pression. La Croatie puis l’Espagne ne laissent aucun droit à l’erreur, mais offrent un cadre idéal pour jauger le caractère et le niveau des nouveaux venus.
Les Bellingham pourraient bien incarner le symbole de cette transition : un frère déjà installé parmi les cadres, l’autre qui frappe à la porte avec l’énergie d’un joueur en plein essor.
Reste à savoir si cette nouvelle fratrie saura, à son tour, marquer l’histoire de l’Angleterre comme les Charlton ou les Neville avant elle.




