Amar Dedic et l'incident de chasse à l'arc
Amar Dedic devrait bien débuter avec Newcastle sur la pelouse de Fulham samedi. Et pourtant, le latéral droit bosnien sort de 48 heures pour le moins surréalistes, qui l’ont vu au centre d’une intervention policière spectaculaire dans la campagne du Northumberland.
Tout est parti d’une scène anodine, un mercredi après-midi, au bord d’un réservoir sur Military Road, dans le secteur de Harlow Hill. Un membre du public aperçoit deux hommes marchant sur un chemin, arc à la main, flèches en bandoulière. Le décor rappelle davantage un stand de tir à l’arc qu’un coin tranquille du nord de l’Angleterre. L’appel à la police part aussitôt.
La réaction est massive. Northumbria Police déploie jusqu’à six voitures de patrouille, dont une unité armée, à la recherche du véhicule signalé. La poursuite conduit les forces de l’ordre jusqu’au quartier huppé de Darras Hall, en périphérie de Ponteland, où réside Dedic. Les agents interceptent finalement la voiture du joueur de 24 ans et saisissent le matériel rangé dans le coffre : arcs et flèches confisqués sur-le-champ.
La scène surprend dans ce coin paisible, comme l’ampleur des moyens engagés. Mais le contexte britannique ne laisse guère de place à l’ambiguïté dès qu’apparaissent des armes, même de loisir. La police, elle, préfère voir trop large que pas assez.
Dans un communiqué, Northumbria Police a tenu à calmer les esprits. Les enquêteurs se disent satisfaits du fait que l’équipement était « à des fins récréatives et qu’il n’y avait aucune menace pour le public ». Les investigations se poursuivent, mais le ton est clair : l’affaire ne relève pas d’un dossier de sécurité majeur, plutôt d’un excès de prudence face à une situation inhabituelle.
Un point de droit vient néanmoins se greffer à l’épisode. Au Royaume-Uni, la chasse aux animaux à l’arc ou à l’arbalète est illégale. Aucune indication, à ce stade, ne laisse penser que Dedic ou son ami étaient engagés dans une quelconque partie de chasse. Rien ne permet de les associer à une activité de braconnage ou à un projet de ce type. Les autorités, en l’état, ne retiennent que la présence d’armes potentiellement dangereuses dans un espace public, assez pour justifier une intervention musclée.
Du côté de Newcastle, le dossier ne devrait pas prendre davantage d’ampleur. Le club ne prévoit pas de sanction interne à l’encontre de son défenseur, qui reste pressenti pour occuper le couloir droit à Craven Cottage. L’incident, aussi spectaculaire qu’il ait pu paraître vu de l’extérieur, se dirige vers un simple rappel à l’ordre et un coup de projecteur inattendu sur la vie privée d’un joueur habituellement discret.
Reste une image tenace : celle d’un international bosnien, archer amateur dans les collines du Northumberland, soudain encerclé par une demi-douzaine de voitures de police. À l’heure où chaque geste des footballeurs est scruté, la frontière entre loisir innocent et incident médiatisé n’a jamais semblé aussi fine.




