Les Colorado Buffaloes s'imposent au Denver Tennis Park
Sur le béton du Denver Tennis Park, les Colorado Buffaloes n’ont pas tout gagné. Mais elles ont imposé un ton. Une victoire nette en double, deux succès solides en simple, et une impression générale claire : ce groupe monte en régime au Colorado Cup.
Louise Ternstroem et Pia Rebec ont lancé la journée. Et de quelle manière.
Un double qui change l’atmosphère
Opposées à Paulina Jurkowska et Sofia Mavor, déjà croisées en régionaux, Ternstroem et Rebec ont d’abord dû apprivoiser le rythme. Les échanges s’allongent, les quatre joueuses restent vissées au centre du court, personne ne lâche un centimètre.
Les Buffaloes prennent la première manche. DU réplique immédiatement, 1-1. Puis vient le point qui bascule le set : Rebec déclenche une frappe sèche, tendue, dans les pieds des Pioneers. Colorado passe devant dans le deuxième jeu, prend confiance, et ne lâche plus.
Les jeux s’échangent, 3-2 pour Denver, puis 3-3. À partir de là, les Buffs serrent le jeu, enchaînent trois jeux consécutifs et ferment la porte : 6-3. Un double maîtrisé, presque autoritaire.
Sur l’autre court, l’histoire est différente. Heidi Crncan et Willow Gretsch se heurtent à Yunfei Cai et Frankie Tye. Les échanges sont engagés, les positions alternent, Gretsch colle au filet, Crncan couvre le fond. Mais après un début équilibré, les Pioneers accélèrent. 3-1, puis 6-1. Trop lourd, mais révélateur : il faudra plus de tranchant dans ces moments-là.
Dans un format particulier, Yukiko Ikedo s’aligne en double avec Remy Nguyen, joueuse de Denver, face à Naomi Jin et Stela Sifuentes de Montana State. Une association improvisée, un score accroché, et au bout un succès 7-5. Une victoire qui ne comptera peut-être pas dans les mémoires, mais qui entretient une dynamique positive.
« Je pense qu’on est entré sur le court avec plus de concentration, plus d’énergie, plus d’intention, a souligné le coach Anthony Pham. Juste un meilleur niveau de jeu global en double. »
Le message est clair : la base, c’est là.
Crncan et Ternstroem, piliers en simple
En simple, les cinq Buffaloes se retrouvent face aux hôtes, souvent contre des adversaires déjà croisées le matin. Les regards sont familiers, les schémas aussi. Le moindre ajustement compte.
Heidi Crncan, deuxième année, donne le ton de la réaction. Face à Paulina Jurkowska, l’Anglaise prend la ligne de fond comme territoire. Elle dicte, avance, s’accroche sur les longs échanges. 6-2 dans le premier set, sec, assumé. Le deuxième est plus accroché, Jurkowska s’accroche, tente de renverser l’élan. Mais Crncan ne lâche pas la pression, garde une énergie constante, exploite chaque ouverture près des lignes. 6-3. Une victoire nette, une performance de cadre.
Louise Ternstroem, première année, signe elle aussi une journée pleine. En face, Sofia Mavor, déjà dominée en double. Le contexte change, pas l’attitude. La Suédoise entre avec une intensité rare, accepte les longs rallies, installe son jeu, prend l’ascendant à 4-3 et conclut le premier set 6-4.
Le deuxième set monte encore d’un cran. Les points deviennent plus tendus, les marges plus fines. Ternstroem ne recule pas. Elle choisit ses moments, reste lucide, prend les points clés et finit par étouffer son adversaire : 6-2. Une journée parfaite pour elle, deux matches, deux victoires, aucun set perdu.
Des revers, mais des repères
Tout n’a pas tourné en faveur de Colorado. Willow Gretsch a subi la loi de Yunfei Cai, 6-1, 6-1. Score lourd, adversaire en contrôle, peu de marge pour exister dans l’échange. Une défaite qui rappelle le niveau d’exigence à ce stade de la saison.
Yukiko Ikedo, elle, se bat. Face à Caroline Daugherty, elle mène 3-2 dans le premier set, s’accroche sur chaque point important, résiste dans les moments de tension. Mais Daugherty finit par prendre le dessus, 6-4, 6-3. Ikedo est dedans, mais il manque encore ce petit quelque chose pour faire basculer ce type de match.
Reste le cas Pia Rebec, sans doute le scénario le plus frustrant. La quatrième année prend le contrôle de son duel contre Frankie Tye. Elle profite des fautes de Denver, tient les échanges, mène 3-2 dans le premier set et ne lâche plus : 6-3. Le match semble sous contrôle.
La deuxième manche change tout. Tye corrige le tir, Rebec perd un peu de sa précision. 4-6, tout est à refaire. Le troisième set tourne à la punition : 6-0 pour Denver. Un trou d’air brutal qui efface une belle entrée en matière.
Une équipe soudée autour de son projet
Autour des courts, les visages familiers ne manquent pas. Les diplômées 2025 de Colorado, Mila Stanojevic et Betina Tokac, sont là pour encourager. Lera Alexin et Ema Bubalo, qualifiées pour les nationaux la semaine précédente et laissées au repos ce week-end, suivent attentivement. L’équipe vit ensemble, même quand tout le monde ne joue pas.
C’est cette culture que défend Anthony Pham. « Même chose chaque jour, non ? On est là pour jouer des matches. On veut qu’elles continuent à faire des choses qui les sortent un peu de leur zone de confort. On travaille certains points à l’entraînement, et plus elles les reproduisent en match, plus elles auront du succès. »
La journée se termine sur un bilan contrasté mais riche : un double solide, deux victoires convaincantes en simple, des défaites qui servent d’alerte, et une idée qui s’installe. Ce groupe apprend vite.
Dimanche, les Buffaloes refermeront leur Colorado Cup face au rival de l’État, Colorado State. Un rendez-vous qui dira autre chose qu’un simple score : jusqu’où cette équipe est-elle prête à pousser son inconfort pour franchir un cap dès maintenant ?




