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Antonelli triomphe, Verstappen piégé par sa stratégie

Kimi Antonelli fonce vers l’histoire. Le jeune Italien de 20 ans, lancé comme un bolide sans rival au championnat du monde, a dominé la course au volant de sa Mercedes, laissant Charles Leclerc et Ferrari à distance respectable. Derrière eux, Max Verstappen a sauvé un podium, mais perdu bien plus que des points : ses derniers espoirs, déjà maigres, de décrocher un cinquième titre mondial se sont définitivement envolés.

Le décor était pourtant prometteur pour le Néerlandais. Parti deuxième sur la grille, le quadruple champion du monde se voyait bien défier Antonelli à la régulière. Le duel annoncé n’a jamais vraiment existé. La course de Verstappen s’est jouée ailleurs : dans les stands, dans les choix de gommes, dans un pari stratégique qui l’a enfermé dans une configuration à deux arrêts.

Dès le départ, Red Bull – ou plutôt son clan – opte pour l’agressivité : deux premiers relais en pneus tendres. De quoi attaquer, mettre la pression, tenter de bousculer le leader. Sur le papier, l’idée tient. Sur la piste, elle se retourne contre lui. Les tendres se dégradent, la fenêtre stratégique se rétrécit, et Verstappen se retrouve coincé sur un schéma à deux arrêts que tout le monde lit très vite.

Lui-même ne se cache pas après l’arrivée. Il pointe sans détour le manque de rythme et le mauvais choix de gommes disponibles pour le week-end, rappelant qu’elles fonctionnaient parfaitement lors des dernières courses. Cette fois, rien n’a cliqué. La voiture n’a jamais semblé en mesure de suivre le tempo imposé par Antonelli, ni même de menacer réellement Leclerc sur la durée.

La pression a fini par se retourner contre lui. Là où Antonelli gérait, Verstappen compensait. Là où Mercedes contrôlait, Red Bull réagissait. Le Néerlandais a tenu, s’est accroché, et a fini par accrocher ce podium, aidé par un Virtual Safety Car en fin de course qui a figé les positions au moment opportun. Un coup de pouce bienvenu, qu’il reconnaît lui-même avoir saisi sans état d’âme.

Ce résultat a tout d’un paradoxe. Troisième place, prolongation de sa belle série dans cette deuxième moitié de saison, mais sentiment de rendez-vous manqué. Après ses deux victoires consécutives au Bahrain Grand Prix en Malaisie et au Singapore Grand Prix, la dynamique semblait lancée. Cette course devait être un tremplin, elle devient un plafond.

Pendant ce temps, Antonelli trace sa route. Avec cette nouvelle victoire, le leader du championnat n’a plus besoin que de deux points au Mexique le week-end prochain pour devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1. Une formalité sur le papier. Un tremblement de terre symbolique pour une génération qui voit déjà le passage de témoin se dessiner.

Verstappen, lui, ne joue plus le titre. L’équation est close. Il lui reste des courses, de la fierté, et une voiture encore capable de gagner. Mais la couronne 2026 se dirige vers un autre garage, vers un autre nom. La question n’est plus de savoir si Antonelli sera sacré, mais comment Verstappen choisira de lui répondre dans ce nouveau chapitre qui s’ouvre.