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Kimi Antonelli remporte le Grand Prix des États-Unis 2026

Kimi Antonelli a franchi une nouvelle étape vers l’histoire. Sous le soleil d’Austin, au Circuit of the Americas, l’Italien de Mercedes a transformé sa pole en victoire implacable au Grand Prix des États‑Unis 2026, en contenant Charles Leclerc et Max Verstappen pour s’offrir un succès qui ressemble à un tournant de carrière.

Le championnat n’est pas encore officiellement bouclé. Mathématiquement, George Russell peut toujours le priver du titre après sa huitième place. Sportivement, il faudrait désormais un séisme.

Un départ de patron, un peloton en ébullition

Feux éteints, Antonelli s’arrache parfaitement et verrouille l’intérieur au premier virage. Derrière lui, c’est la mêlée. Verstappen se retrouve immédiatement sous la menace des deux Ferrari, au point que Leclerc et son coéquipier frôlent le contact dans la montée vers le virage 1.

Le Monégasque encaisse, respire, et repart à l’attaque. Dans les enchaînements rapides, il vide la batterie, se jette sur la Red Bull et signe un dépassement spectaculaire pour s’emparer de la deuxième place. Verstappen réplique plus tard dans le tour, dans le dernier secteur, et reprend son rang. La tension est déjà maximale.

Isack Hadjar glisse au cinquième rang dès le premier tour, alors que des débris laissés par un accrochage dans le peloton déclenchent une très courte période de virtual safety car au deuxième tour. Le calme avant la tempête stratégique.

En tête, Antonelli ne se laisse pas perturber. Parti en pneus mediums, quand la plupart des poursuivants ont choisi les softs, il imprime son rythme. Au cinquième tour, il compte déjà deux secondes d’avance sur Verstappen. L’écart grimpe, inexorable.

Mercedes en contrôle, Red Bull dégaine la stratégie

Derrière, les McLaren butent sur Russell au départ. Au septième tour, un échange radio tranche : Lando Norris passe devant Oscar Piastri sur consigne d’équipe. Pendant ce temps, la course de Russell se complique. Le Britannique écope de cinq secondes de pénalité pour avoir quitté la piste et gagné un avantage au premier tour, après un contact avec Piastri. Un coup dur pour ses espoirs de rester en vie au championnat.

Red Bull tente alors de bousculer le scénario. Au 13e tour, Verstappen plonge dans les stands. Il ressort en pneus softs, avec l’idée claire de forcer la main à Mercedes. Ferrari réagit une boucle plus tard avec Lewis Hamilton, qui chausse des mediums mais ressort derrière Liam Lawson. Un contretemps de plus pour le Britannique.

L’undercut fait mal. Hamilton efface immédiatement la Racing Bull, Verstappen dépasse Piastri, qui s’arrête à son tour au 15e tour, en même temps que Leclerc. Le Monégasque ressort en air libre, devant Hamilton, mais avec cinq secondes de retard sur Verstappen. Piastri, lui, tombe dans le trafic derrière Arvid Lindblad, Esteban Ocon, Pierre Gasly et Lawson. McLaren tente alors autre chose : Piastri comme Norris basculent sur une stratégie a priori à un seul arrêt, avec les pneus durs.

Pendant que les options se mettent en place, Verstappen commence à rogner sérieusement sur l’avance d’Antonelli, à coups de près d’une seconde au tour. Mercedes ne tremble pas. L’Italien est en mediums, la voiture est rapide, l’équipe refuse de réagir dans la précipitation.

Leclerc, lui, devient le plus rapide en piste avec ses mediums neufs. Quand il passe enfin Russell, il a déjà repris une seconde à Verstappen. De son côté, Russell s’arrête au 22e tour pour purger sa pénalité et ressort seulement dixième, derrière Lawson et Gasly, avec des pneus plus frais mais un horizon bouché.

Le moment clé : Antonelli lâche la laisse

Quand Verstappen arrive derrière Hadjar, la consigne est limpide chez Red Bull : le Français s’écarte, le Néerlandais passe. Leclerc suit, mais trouve un Hadjar bien plus accrocheur. Le pilote français se défend avec autorité, fait perdre un temps précieux à la Ferrari, puis s’arrête au tour suivant. Leclerc a déjà laissé plus d’une demi-seconde dans l’affaire.

Mercedes choisit enfin son moment. Tour 24, Antonelli plonge dans la voie des stands. On lui monte les pneus durs. Il ressort derrière Verstappen, Hadjar (qui n’a pas encore stoppé) et Leclerc. Sur le papier, l’Italien doit reprendre la main lorsque ses rivaux repasseront aux stands. Sur la piste, il va le faire bien plus directement.

À mi-course, Verstappen mène devant Leclerc et Antonelli, mais l’écart entre les trois n’est que de 3,5 secondes. Les deux Red Bull commencent à montrer des signes de faiblesse, ce qui explique le retour de la Ferrari sur le leader.

Verstappen s’arrête au 31e tour. Un léger contretemps au stand lui coûte quelques dixièmes, et il ressort en mediums derrière Norris, quatrième. Au tour suivant, Antonelli frappe un grand coup : il déborde Leclerc au virage 12 et reprend la tête virtuelle de la course. À ce moment-là, le ton est donné : c’est lui le patron.

La chasse avortée de Verstappen

La fin de course se dessine clairement. Tout repose sur une question : Verstappen, avec des pneus plus tendres et plus frais, peut-il revenir sur Antonelli ?

Leclerc s’arrête à son tour à 17 tours de l’arrivée. Il ressort quatrième, à neuf secondes de Verstappen. Norris grimpe provisoirement au deuxième rang, mais se retrouve exposé à la Red Bull et à la Ferrari qui fondent sur lui.

Le Néerlandais commence à se rapprocher d’Antonelli, mais trop timidement. La vraie bataille, c’est d’abord Norris. Leclerc, lancé sur ses pneus neufs, remonte encore plus vite. En quatre tours, il efface cinq secondes de retard.

Coincé derrière la McLaren, Verstappen perd un temps précieux. Cinq tours à contempler le diffuseur orange. Leclerc recolle, Hamilton réduit lui aussi l’écart, même s’il reste à neuf secondes du trio avec dix tours à couvrir.

Tour 47, Verstappen force enfin le passage. Un freinage tardif au virage 1, Norris cède, Leclerc reste derrière pour quelques mètres. Mais le Monégasque ne patiente pas longtemps. Dans le dernier secteur, il profite de l’ouverture et s’empare de la troisième place pour repartir à la poursuite de la Red Bull.

Le vainqueur de l’édition 2024 à Austin se retrouve à nouveau derrière Verstappen. Cette fois, le duel est bref. Avec le mode dépassement activé, Leclerc l’avale au virage 12. Ferrari s’offre la deuxième place, et laisse Red Bull à la troisième marche du podium.

Derrière, Hamilton efface Norris pour le quatrième rang. Son espoir de podium s’éteint quelques minutes plus tard. Au 51e tour, Valtteri Bottas gare sa voiture à l’intérieur du virage 10, victime d’un problème moteur. Nouvelle période de virtual safety car, au pire moment pour le Britannique.

Antonelli s’envole, le titre à portée de main

La neutralisation s’achève au milieu du 53e tour. Il reste trois tours et demi, sans réelle menace pour le leader. La tension se délite, la course se fige. Rien ni personne ne peut plus inquiéter Antonelli.

L’Italien franchit la ligne en solitaire, devant Leclerc et Verstappen. Hamilton termine quatrième, Norris cinquième. Hadjar signe une solide sixième place, intercalé entre les deux McLaren, tandis que Piastri résiste jusqu’au bout aux attaques de Russell pour conserver la septième position. La huitième place du Britannique suffit à repousser l’échéance du titre jusqu’au Mexique, sur le strict plan mathématique.

Dans le peloton, Lawson domine le milieu de grille et arrache deux points précieux avec la neuvième place. Gasly complète le top 10 pour Alpine.

Au-delà des chiffres, c’est la sensation qui domine à Austin : à 19 ans, Kimi Antonelli ne se contente plus de gagner des Grands Prix. Il les contrôle, les dicte, impose son tempo aux champions établis.

La question n’est plus de savoir s’il sera titré. Mais combien de temps encore le suspense tiendra avant que les chiffres ne confirment ce que la piste, elle, a déjà tranché.