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Fernando Alonso critique Alex Albon : qualité faible dans le dernier tiers

Le Grand Prix des États‑Unis a laissé des traces, et pas seulement sur la carrosserie de l’Aston Martin de Fernando Alonso. L’Espagnol est reparti d’Austin avec une voiture abîmée, zéro point… et un message particulièrement cinglant pour Alex Albon et une partie du plateau.

Un virage 11 qui met le feu aux poudres

Tout se joue dès le premier tour. À l’approche du virage 11, Alonso se retrouve au milieu : Esteban Ocon à l’extérieur avec sa Haas, Alex Albon qui plonge à l’intérieur avec la Williams. L’espace se réduit brutalement. Contact.

La Williams d’Albon y laisse son aileron avant, l’Aston Martin d’Alonso perd son déflecteur gauche. L’Espagnol parlera ensuite d’une voiture réduite à « la moitié », avec un déficit estimé à « un demi‑seconde ou plus » au tour. Malgré cela, il parvient à rester en piste et à garder un rythme qu’il juge lui‑même « semi‑compétitif ».

Les commissaires ne sanctionnent pas Albon. Mais Alonso, lui, ne laisse rien passer.

Alonso charge le « dernier tiers de la grille »

Après l’arrivée, l’Espagnol ne tourne pas autour du sujet. Seizième, à un tour, plombé par un deuxième arrêt lent pour changer enfin son aileron avant, il met directement en cause la manœuvre d’Albon… et plus largement le niveau de certains pilotes.

« Quand tu pars derrière, il y a toujours ce risque », lâche-t-il d’abord. Puis le ton se durcit : « Je pense que la qualité des pilotes dans le dernier tiers de la grille est très basse, comme on l’a vu aujourd’hui avec Alex. »

Alonso insiste, devant les caméras de F1 TV : selon lui, Albon a « oublié que le virage 11 existait et qu’il fallait tourner à gauche ». Il répète son jugement sur « la qualité des pilotes dans le dernier tiers de la grille », qu’il estime « basse ».

Pour l’Espagnol, la conclusion est claire : « On doit améliorer la voiture et partir un peu plus haut. » Moins de trafic, moins de risques, moins de coups de roue inutiles.

« De loin ma meilleure course de la saison »

Paradoxalement, derrière la colère, Alonso sort du Texas avec un sentiment de satisfaction sur sa propre prestation. Il affirme qu’il s’agit « de loin » de sa meilleure course de l’année. Sans ce contact du premier tour, il se voit clairement dans les points, à la régulière.

Il le glisse aussi avec une pointe d’ironie en parlant de la lutte au classement constructeurs entre Aston Martin et Williams, séparées par cinq points dans la bataille pour la neuvième place : « On aurait pu marquer des points aujourd’hui et peut‑être se rapprocher au championnat, mais ils se sont assurés qu’on n’ait aucune chance. »

Le sous‑entendu est limpide : cet accrochage coûte cher, sportivement comme comptablement.

Albon relativise et parle « fun »

Les déclarations d’Alonso ne lui sont pas directement rapportées, mais Alex Albon ne dramatise pas l’incident. Il décrit leurs duels en piste – Alonso l’a repassé en fin de course après ce fameux arrêt lent pour changer l’aileron – comme un affrontement dépareillé, façon « Ford Mustang contre Mini » dans les courses historiques de Goodwood.

Le Thaïlandais explique : « J’ai eu l’impression qu’il y avait une voiture à droite de Fernando [Ocon] et qu’il lui a laissé assez de place comme s’il pensait qu’il n’y avait qu’une seule voiture à l’intérieur. Mais j’étais à l’intérieur de Fernando, donc ça s’est resserré. J’ai essayé de m’écarter, de monter sur le vibreur, mais je n’ai pas réussi complètement. »

Résultat : dégâts des deux côtés. « J’imagine qu’il a eu des dommages, je sais que j’en ai eu, j’ai roulé toute la course avec un aileron cassé », ajoute-t-il.

Albon insiste sur le respect qu’il a pour Alonso : « C’est toujours amusant de se battre avec Fernando. Il est fort, mais toujours juste. Peut‑être qu’il a pensé que j’étais un peu au‑delà de la limite, je ne sais pas – je vais sûrement le découvrir bientôt. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir. »

Un duel qui dépasse le simple accrochage

Derrière ce fait de course, c’est tout un contexte qui se dessine : celui d’un Alonso frustré par une saison où l’Aston Martin peine à sortir du fond de grille, et d’une lutte directe avec Williams où chaque point compte double.

À Austin, l’Espagnol est convaincu d’avoir laissé filer une occasion rare. Albon, lui, assume un risque qui a tourné au choc, sans renier son approche offensive.

Reste une question : dans ce dernier tiers de la grille que Fernando juge si « faible », combien de ces affrontements à la limite décideront, au final, du visage du championnat constructeurs ?