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Antonelli et la course vers l'histoire de la F1

Le scénario était prêt pour une soirée historique. Un titre mondial à 20 ans, un record de précocité arraché à Sebastian Vettel, et l’Italie de nouveau championne du monde pour la première fois depuis Alberto Ascari avec Ferrari en 1953. Pour l’instant, tout cela attendra. Mais Andrea Kimi Antonelli a envoyé un message brutal : ce titre lui appartient déjà presque.

Le prodige de Mercedes a écrasé la course, coupant la ligne avec 13,078 secondes d’avance sur Charles Leclerc, tandis que Max Verstappen complétait le podium pour Red Bull. Une démonstration nette, froide, implacable.

Il ne manquait qu’un détail pour que la soirée bascule dans la légende : un faux pas de ses rivaux. Si George Russell avait terminé au-delà de la huitième place et si Lewis Hamilton n’avait pas accroché le top 4, Antonelli serait devenu, dès ce week-end, le plus jeune champion de l’histoire de la F1. Russell a fini huitième, Hamilton quatrième. Le record de Vettel tient encore. Mais il vacille.

Un titre au bout de la neuvième place

Le calcul est simple désormais. En se classant quatrième, le septuple champion Hamilton a prolongé le suspense, mais à peine. Antonelli n’a plus besoin que de deux points. Une neuvième place au prochain Grand Prix au Mexique suffira pour boucler l’affaire.

À la radio, le ton du jeune Italien traduisait plus le soulagement que l’euphorie : « Bon travail à tous, c’est le résultat dont on avait besoin. Continuons à pousser. » Plus tard, il a salué le travail de l’écurie, ravie de voir son nouveau package aérodynamique enfin porter ses fruits. Une course menée avec une précision clinique, appuyée par une stratégie à un seul arrêt parfaitement exécutée.

Il n’a pas exagéré. Mercedes a osé prolonger le premier relais quand tous les autres leaders plongeaient tôt aux stands. Antonelli est resté en piste jusqu’au 24e tour, ressortant quatrième. Trois voitures devant lui, mais aucune véritable résistance. En quelques tours, il les a avalées pour reprendre la tête et ne plus jamais la lâcher.

Ferrari solide, mais trop tard

Ferrari avait pourtant les armes pour troubler la fête. Les rouges avaient dominé les essais libres. Mais une qualification manquée les a condamnés à courir derrière le jeune Italien.

Charles Leclerc, parti troisième, a d’abord perdu du terrain face à Verstappen, avant de reprendre l’ascendant en fin de course pour s’emparer de la deuxième place. « C’était une bonne course, mais malheureusement, nous avons échoué de peu par rapport à notre objectif qui était la victoire. C’est tout de même positif pour nous, nous avions un bon rythme », a reconnu le Monégasque.

Les regrets sont là. Avec une meilleure position sur la grille, Leclerc et Ferrari auraient sans doute pu se mêler plus directement à la lutte pour la victoire. À la place, ils ont passé la soirée à limiter les dégâts et à confirmer que la voiture fonctionne, sans transformer ce potentiel en triomphe.

Verstappen, la fin d’une chasse

Pour Max Verstappen, cette troisième place a un goût particulier. Elle marque la fin officielle de sa course au titre. Mathématiquement, le Néerlandais n’est plus en mesure de décrocher une cinquième couronne cette saison.

Il ne s’est pas cherché d’excuses. Il a pointé un rythme insuffisant et une allocation de pneus peu favorable. Il a tout de même accroché le podium, non sans reconnaître qu’il avait bénéficié d’un peu de réussite en fin d’épreuve. L’ère où Verstappen écrasait chaque week-end semble, au moins cette saison, mise entre parenthèses.

Derrière ce trio, Lando Norris, champion du monde en titre avec McLaren, a longtemps cru pouvoir jouer les trouble-fêtes. Deuxième pendant une grande partie de la course, il a finalement vu ses pneus s’effondrer dans les derniers tours. Il a dû se résoudre à la cinquième place, dépassé dans le money time.

Isack Hadjar, impressionnant de maîtrise, a placé la deuxième Red Bull au sixième rang. Oscar Piastri a pris la septième place pour McLaren, devant Russell, Liam Lawson pour Racing Bulls et Pierre Gasly pour Alpine, qui complète le top 10.

Russell, encore une course à contre-courant

La soirée de George Russell a encore ressemblé à un long combat à contre-temps. Pénalisé de cinq secondes pour avoir dépassé les limites de piste dès le premier tour, il s’est retrouvé coincé derrière Oscar Piastri, incapable de trouver l’ouverture assez vite pour remonter plus haut.

Son huitième rang a suffi à retarder le sacre de son coéquipier. Mais il illustre aussi une saison où les détails se retournent trop souvent contre lui. Pour Antonelli, c’est le dernier petit caillou sur la route du titre.

Un départ maîtrisé, une course verrouillée

Tout s’est joué, ou presque, dès le départ. Parti en pole, Antonelli a jailli parfaitement et comptait déjà plus de deux secondes d’avance au terme du premier tour. À partir de là, sauf casse mécanique ou arrêt raté, la victoire ne semblait plus vraiment menacée.

Verstappen, lui, s’est fait surprendre par Leclerc au feu vert. Le quadruple champion du monde a rapidement repris la deuxième place, avant de céder de nouveau face à la Ferrari dans la seconde moitié de course, puis de voir Hamilton revenir comme une ombre dans ses rétrovise. Le Néerlandais a tenu, mais de justesse.

Plus loin, Norris a longtemps incarné le principal danger pour Antonelli avant de s’effondrer sur la fin. Hadjar a profité de cette dégradation pour grimper au sixième rang et confirmer sa montée en puissance.

La ligne droite vers le Mexique

Antonelli n’est pas encore champion. Les livres de records n’ont pas encore inscrit son nom sous celui de Vettel. Mais la trajectoire est tracée. Il lui suffit désormais de ramener sa Mercedes dans les points, au Mexique, pour que la statistique se transforme en histoire.

Une neuvième place. Deux points. Un monde à changer.