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Andrea Kimi Antonelli remporte le Grand Prix des États-Unis

Andrea Kimi Antonelli a encore frappé. À Austin, sur les collines brûlantes du Circuit of the Americas, l’Italien de 20 ans a signé une victoire d’autorité qui ressemble déjà à un tour de chauffe vers un titre annoncé.

Pole, départ parfait, stratégie implacable : le pilote Mercedes a plié le Grand Prix des États‑Unis sans jamais vraiment trembler, laissant Charles Leclerc et Max Verstappen se battre avec les miettes. Ce neuvième succès de la saison 2026 ne lui offre pas encore mathématiquement la couronne, mais il ne lui manque plus que deux points au Mexique pour devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1.

Départ maîtrisé, Verstappen manqué

Quand les feux s’éteignent, Antonelli s’arrache proprement. Derrière, Verstappen rate son envol. Le Red Bull patine, s’enfonce, et Leclerc se jette dans la brèche. Le Monégasque efface d’abord Isack Hadjar, puis dépasse Verstappen dans les Esses avec une attaque pleine de conviction, à la limite du grip.

Lewis Hamilton, parti en gommes tendres usées, remonte lui aussi Hadjar. Plus loin, George Russell écope d’une pénalité de cinq secondes pour avoir défendu hors piste dès le premier tour. Le peloton s’étire, les positions se figent en tête, et chez McLaren, Oscar Piastri reçoit très tôt l’ordre de laisser passer un Lando Norris plus rapide pour la septième place.

Devant, Antonelli impose son tempo. Trois secondes d’avance sur Verstappen, pas plus, pas moins. Un écart sous contrôle, suffisant pour dicter la stratégie.

Red Bull tente le coup, Mercedes reste de marbre

Voyant l’écart stagner, Red Bull tente un pari. Tour 14, Verstappen plonge aux stands pour un deuxième train de tendres. Deux arrêts, rythme maximum, pression stratégique sur Mercedes.

La réponse des Flèches d’Argent ? Aucune. Antonelli reste en piste, imperturbable, fidèle au plan initial : un seul arrêt. Hamilton, en difficulté de grip sur ses tendres usées, s’arrête pour chausser les mediums, imité par Leclerc et les deux McLaren.

Un instant, le classement se retrouve chamboulé : Antonelli devant Hadjar et Russell, tous en décalé. Les trois leaders provisoires passent par les stands pour leur unique arrêt prévu. Antonelli, lui, fait un choix clair : mediums au départ, durs au tour 25. Pas de tendres. Pas de prise de risque inutile.

Verstappen récupère la tête, mais son répit ne dure pas.

Verstappen en difficulté, Antonelli déroule

Très vite, le Néerlandais se plaint. Problèmes de frein moteur, voiture « inconduisible » selon ses propres mots. Le rythme s’effondre, et avec lui l’espoir de faire vaciller Antonelli sur la durée.

Tour 32, Verstappen doit repasser par les stands pour un second arrêt, cette fois pour des mediums. Il ressort cinquième, à 18 secondes d’un Antonelli redevenu leader, solidement installé.

Sur les durs, le jeune Italien doit contenir Leclerc, revenu dans son sillage direct. Mais la menace Ferrari reste théorique : Leclerc comme Hamilton doivent encore s’arrêter. Le véritable rival d’Antonelli reste Verstappen, piégé dans le trafic et en retard de stratégie.

Quand les Ferrari passent enfin aux durs dans le dernier tiers de course, elles retombent derrière la Red Bull. La hiérarchie réelle se met en place : Antonelli devant, puis un trio Norris – Verstappen – Leclerc pour les deux dernières marches du podium.

Duel à trois derrière un leader intouchable

Pour espérer revoir Antonelli, Verstappen doit d’abord se débarrasser de Norris, lui aussi sur un seul arrêt. McLaren mise sur la gestion, Red Bull sur l’attaque. La confrontation s’annonce rude.

Ce bras de fer profite à Leclerc. Avec des pneus plus frais, le Monégasque grignote l’écart, tour après tour. À dix boucles du drapeau à damier, les trois voitures se regroupent. Un train de chasse lancé derrière un leader qui, lui, s’échappe.

Au début du tour 47, Verstappen tente le tout pour le tout. Plongeon tardif à l’intérieur du virage 1, la fameuse épingle en montée de COTA. Norris ne peut que céder, la Red Bull arrache la deuxième place. Leclerc en profite dans la foulée et trouve lui aussi l’ouverture sur la McLaren.

La remontée du Monégasque ne s’arrête pas là. Avec des pneus nettement plus frais, il avale Verstappen dans la longue ligne droite arrière au tour 49. Ferrari récupère la deuxième place, mais Antonelli est déjà loin.

Très loin.

Antonelli intouchable, Hamilton s’accroche au rêve

Devant, rien ne bouge plus. Antonelli gère. Son avance grimpe, se stabilise, ne se discute jamais vraiment. Il coupe la ligne avec 13 secondes d’avance sur Leclerc, Verstappen complète le podium à quatre secondes de la Ferrari.

Derrière ce trio, la fin de course tourne à l’avantage de Hamilton. Le septuple champion du monde revient sur Norris, dont la stratégie à un arrêt finit par coûter cher. Au tour 51, Hamilton déborde la McLaren et arrache la quatrième place. Un dépassement qui compte double : il sauve aussi, sur le plan purement mathématique, ses espoirs de titre jusqu’au Mexique.

Hadjar conclut une prestation solide en sixième position, devant Piastri, qui résiste jusqu’au bout au retour de Russell pour conserver la septième place. Le pilote Mercedes, pénalisé en début de course et sous pression au championnat, devait absolument éviter la neuvième place ou pire pour garder un infime espoir dans la course au titre. Il termine huitième, de justesse, au bout d’un week‑end frustrant.

Liam Lawson offre à Racing Bulls une neuvième place précieuse dans la bataille des constructeurs pour la cinquième position, tandis que Pierre Gasly arrache le dernier point pour Alpine en finissant dixième.

Abandons et comptes d’apothicaire avant Mexico

Trois pilotes n’ont pas vu l’arrivée. Oliver Bearman, touché dès le premier tour après un contact avec Gasly, traîne des dégâts qui finissent par le contraindre à l’abandon. Le Britannique écope au passage d’une pénalité de dix secondes, incident qui déclenche un premier Virtual Safety Car.

Franco Colapinto disparaît lui aussi de la feuille de route pour Alpine, tandis que Valtteri Bottas doit renoncer en fin de course sur ennuis moteur avec la Cadillac, provoquant un deuxième VSC de courte durée.

Au championnat, tout converge vers Antonelli. Avec cette nouvelle démonstration, le pilote Mercedes n’a plus qu’une formalité à remplir : deux points à marquer au Mexique pour devenir champion du monde à 20 ans. Deux points, une simple arrivée dans le top 9.

Vu la manière dont il vient de dominer Austin, une question s’impose : qui peut encore l’en empêcher à Mexico City ?