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Alexander Volkanovski et son combat légendaire à Abu Dhabi

Abou Dhabi a vécu son propre « flu game ». Et Alexander Volkanovski vient de se faire une place dans ce panthéon-là.

Fiévreux, diminué, mais implacable, l’Australien a conservé sa ceinture featherweight en infligeant à Movsar Evloev sa première défaite, un TKO brutal au sol dans le deuxième round, qui a mis fin à une série de 20 victoires et à douze années d’attente du Russe pour un title shot. Moins de dix minutes pour briser un invaincu et retourner tout un récit de carrière.

Un roi des décisions fauché net

Movsar Evloev n’avait jamais connu autre chose que la main levée après les juges. Dix combats à l’UFC, dix victoires, toutes par décision. D’où son surnom, « Decision King ». À Abu Dhabi, il n’a même pas approché les 25 minutes.

Le combat bascule vraiment au début du deuxième round. Volkanovski monte en pression, ferme les angles, impose son rythme. Puis la frappe qui change tout : un lourd crochet du gauche qui envoie Evloev au tapis. L’Australien se jette sur lui, ouvre la garde, et déchaîne un ground and pound sans pitié. Les secondes s’égrènent, le Russe encaisse, ne répond plus vraiment. L’arbitre intervient, juste avant la fin du round.

Fin de série. Fin de mythe. Et début d’une autre légende.

Malade, mais dangereux

Après le combat, Volkanovski dévoile un détail qui donne une autre dimension à sa performance. Il était malade.

« Ouais, un peu crook, mais ça va », lâche-t-il sur Main Event, presque avec un haussement d’épaules. Pour lui, c’est le métier. Il raconte qu’au moment où il a commencé à tomber malade, il s’est dit que tout allait trop bien, que quelque chose devait se mettre en travers de sa route.

Ce genre de contrariété, loin de le freiner, le stimule. « Ces choses-là m’excitent quand j’ai tous ces défis devant moi. Je suis content. » On comprend vite pourquoi. Le champion ne se contente pas de défendre sa ceinture, il cherche à se mesurer à tout ce qui peut l’entraver, y compris son propre corps.

Une carrière qui refuse de s’éteindre

Beaucoup voyaient dans UFC 333 le possible dernier chapitre de la carrière de Volkanovski. Une défaite, et le chemin vers la retraite semblait tracé. À 38 ans, le timing paraissait logique.

Mais ce genre de victoire ne se range pas dans une boîte à souvenirs. Elle ouvre des portes. Elle relance des idées. Elle donne envie de prolonger l’histoire.

Le nom qui revient, inévitablement, c’est celui de Justin Gaethje. Un autre vétéran, un autre guerrier, un an de moins que Volkanovski, et une aura forgée dans des guerres qui ont marqué l’UFC. Gaethje n’a pas officiellement tiré un trait sur sa carrière, mais répète qu’il n’a plus rien à prouver. Son camp cherche désormais des combats de prestige, des affrontements qui ajoutent une ligne de légende plutôt qu’une défense de classement.

Difficile de trouver plus parlant qu’un choc avec Volkanovski. Surtout maintenant.

« Sauver le dernier dance »

Volkanovski, porté par cette victoire façon « flu game » à la Michael Jordan, ne cache pas son envie de transformer la suite en « last dance ».

Il ne force rien, ne harcèle pas Gaethje. « Je ne l’ai pas entendu dire quoi que ce soit à ce sujet, explique-t-il. Évidemment, il profite, il fait sa vie. Je ne veux pas trop le déranger. » Mais l’idée est là, claire, assumée.

Il la formule comme une invitation : si Gaethje pense à un dernier grand acte, à une sortie en beauté, Volkanovski est prêt. « Si on voulait prendre notre retraite ensemble, superfight, s’amuser un peu, laisser les divisions faire leur truc, on peut aller sauver le dernier dance ensemble et se rentrer dedans. Super fight pour finir les carrières, je le fais. »

Pas de faux suspense. S’il obtient ce combat, il promet de tout mettre sur la table. Et d’en sortir, quoi qu’il arrive.

Le regard de Dana White

Dana White, avant même l’événement, avait ouvert la porte à un superfight Volk–Gaethje. À condition que les deux hommes le veuillent vraiment, il se disait « très favorable » à cette affiche.

Après la démonstration de Volkanovski contre un invaincu plus jeune, son ton a encore monté d’un cran. En conférence de presse, le patron de l’UFC ne mâche pas ses mots. Pour lui, l’Australien est un « absolute stud », un combattant hors norme. Il insiste sur un point : face à Evloev, c’est Volkanovski qui a dicté le combat, qui a chassé la finition, qui a refusé de se contenter d’une victoire aux points.

« Ce gars est construit différemment », lâche White. Une phrase simple, mais qui colle parfaitement à cette nuit d’Abu Dhabi.

Tout mettre sur la ligne, une dernière fois

En conférence de presse, Volkanovski reste fidèle à son image : franc, direct, sans détour. Il répète qu’il veut être juste avec les divisions, qu’il ne souhaite pas les bloquer. Mais il trace un scénario précis.

Si un superfight contre Gaethje peut se faire sans figer les ceintures, s’il peut être présenté comme un double baroud d’honneur, il est prêt à tout accepter. « Deux gars de 38 ans qui se rentrent dedans et qui laissent tout. C’est quelque chose pour lequel je prendrais ma retraite », explique-t-il.

Il va plus loin encore : si l’UFC lui donne cette opportunité, il promet de se retirer derrière. Victoire ou défaite. Et de laisser la ceinture vacante.

Une promesse rare dans ce sport où tant de carrières s’étirent jusqu’à l’épuisement. Volkanovski, lui, vient de signer un combat malade, face à un invaincu, en l’écrasant avant la limite. La question n’est plus de savoir s’il peut encore rivaliser. Elle est de savoir jusqu’où il veut pousser la légende.