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Volkanovski remporte un combat historique à l'UFC 333

À 38 ans, Alexander Volkanovski n’est plus censé faire ce genre de choses. Pas à ce rythme, pas à ce niveau, pas face à un invaincu clinique comme Movsar Evloev. Mais à l’Etihad Arena d’Abu Dhabi, le vétéran australien a encore repoussé les limites, s’offrant une victoire par arrêt de l’arbitre dans les dernières secondes du deuxième round à l’UFC 333, et gravant un peu plus son nom dans l’histoire des poids plumes.

Evloev arrivait avec une aura d’invincibilité. Zéro défaite, une maîtrise froide, un style méthodique. Volkanovski, lui, arrivait avec quelque chose de plus lourd encore : la mémoire d’un règne, la cicatrice de sa perte de ceinture face à Ilia Topuria en février 2024, puis la reconquête du titre vacant en avril. Deux trajectoires, deux temporalités. Une seule cage.

Le premier round a rappelé à tout le monde que le Russe n’était pas là pour jouer les figurants. Plus de frappes significatives, des mises au sol, une entrée en matière solide malgré le statut de challenger pour son tout premier combat pour le titre, sept ans après ses débuts à l’UFC. Volkanovski démarrait fort, mais Evloev répondait, posait son rythme, montrait qu’il n’était pas intimidé par l’enjeu.

Puis le combat a basculé.

Dès le début du deuxième round, le champion a resserré l’étau. Une première alerte, un coup qui fait vaciller Evloev et l’envoie brièvement au sol. À partir de là, on ne parlait plus de rounds à gratter, mais de survie. La pression, la précision, l’expérience : tout s’est aligné côté Volkanovski.

La séquence décisive arrive dans la dernière minute. Un overhand du bras arrière qui traverse la garde et brise la résistance du Russe. Volkanovski suit, prend la position dominante au sol, et déclenche un déluge de frappes. Ground and pound implacable, sans gaspillage. Evloev ne se protège plus, Marc Goddard s’interpose. Arrêt logique, arrêt brutal. Fin de l’invincibilité.

Avec ce succès, l’Australien devient le premier poids plume de l’histoire de l’UFC à remporter neuf combats de championnat, effaçant des tablettes le record de José Aldo (huit). Un jalon majeur dans une catégorie pourtant riche en légendes.

Après le combat, Volkanovski a salué la valeur de son adversaire, rappelant qu’Evloev était invaincu pour une raison, et savourant le fait d’avoir enfin obtenu une victoire avant la limite à ce stade de sa carrière. Il a aussi laissé filtrer ce rapport particulier qu’il entretient désormais avec le temps qui passe : il sait que chaque marche vers l’Octogone le rapproche de la fin, mais il choisit encore d’y retourner, tant que le corps suit, tant que les dégâts restent gérables. Et il ne ferme pas la porte à une nouvelle défense à court terme.

En face, Evloev a encaissé la première défaite de sa carrière avec une lucidité rare. Il a parlé d’une grande leçon, d’un champion « comme un bon vin – plus vieux, plus fort, meilleur », assumant ne pas encore être « le meilleur » et évoquant l’idée d’un retour après repos et guérison. Perdre un premier combat, perdre un premier combat pour le titre, perdre contre un futur Hall of Famer : le contexte atténue le coup, mais fixe aussi un nouveau standard à atteindre.

Volkanovski, lui, repart d’Abu Dhabi avec un record, une défense de plus et cette impression étrange de défier encore la logique sportive. Combien de temps peut-il continuer à tenir ce rang-là dans une division aussi féroce ? La question ne trouvera pas réponse ce soir. Mais son règne, lui, s’est solidifié un peu plus.

Petr Yan dompte la tempête Dvalishvili et verrouille son trône des bantams

Avant que la poussière ne retombe sur la performance de Volkanovski, l’Etihad Arena avait déjà vibré pour un autre champion en état de grâce. Dans le co-main event, Petr Yan a signé une première défense réussie de son titre des poids coqs en remportant la belle de sa trilogie face à Merab Dvalishvili.

Un combat âpre, dense, technique. L’un des plus aboutis de l’histoire récente de la catégorie.

Yan, 33 ans, retrouvait l’homme qu’il avait détrôné en décembre dernier. Dvalishvili, fidèle à lui-même, a démarré comme une tornade. Pression constante, volume, intensité. Le Géorgien a pris les devants, imposant un rythme qui aurait fait exploser bien des challengers. Le champion, lui, a mis du temps à entrer dans son combat, comme il l’a reconnu ensuite.

Puis le corps de Dvalishvili a commencé à parler.

Dans la dernière minute du troisième round, Yan trouve la clé : un coup au foie parfaitement ajusté, chirurgical. Un de ces instants où tout ralentit, où l’on voit l’adversaire se crisper, le souffle se couper, les appuis vaciller. Le Géorgien ne s’effondre pas, mais quelque chose a changé. Son emprise sur le combat se fissure.

Yan s’engouffre dans la brèche. Les rounds de championnat tournent en sa faveur, grâce à une lecture parfaite du tempo et une gestion clinique de l’énergie. À la décision, les juges tranchent à l’unanimité. Le Russe conserve sa ceinture, et la trilogie penche définitivement de son côté.

Cette victoire porte son total à 13 succès chez les bantams de l’UFC. Seuls Aljamain Sterling et Chito Vera font mieux, avec 14. Une statistique qui en dit long sur la longévité et la constance du champion.

Après le combat, Yan a expliqué avoir volontairement accepté de « chauffer » lentement, convaincu que Dvalishvili finirait par s’épuiser. Stratégie risquée, mais payante. Il a ensuite rappelé son statut : il se considère comme le champion de l’organisation, prêt à affronter quiconque se présentera. Song Yadong, « King Kong », n’importe qui, du moment que le poids est fait. Le message est clair : il ne chasse pas les noms, il accueille les prétendants.

À Abu Dhabi, l’UFC 333 a offert deux images fortes : un Volkanovski vieillissant mais plus tranchant que jamais, et un Yan qui s’installe durablement au sommet d’une division ultra-compétitive. Deux champions, deux styles, une même certitude : pour leur prendre la ceinture, il faudra bien plus qu’un bon soir.