Alexander Volkanovski écrase Movsar Evloev au TKO à l'UFC 333
Alexander Volkanovski, 38 ans, a rappelé à tout le monde pourquoi son nom est déjà inscrit dans le marbre de l’UFC. À Abu Dhabi, en main event de l’UFC 333, l’Australien a éteint l’invaincu Movsar Evloev par TKO au deuxième round, pour signer une neuvième défense victorieuse de sa ceinture des poids plumes. Record prolongé, message envoyé.
Le vétéran sous-estimé, le numéro 1 renversé
Sur le papier, le décor semblait piégé. Evloev, 20-0 avant le combat, numéro 1 chez les prétendants, lutteur d’élite, jeunesse et fraîcheur dans les jambes. En face, Volkanovski, 38 ans, présenté comme l’outsider par certains, avec une série de combats âpres et peu de finitions ces dernières années.
Dans la cage, la hiérarchie a vite changé de camp.
Dès les premières minutes, le champion dicte le ton. Des low kicks précis, des combinaisons en ligne, un timing qui coupe les intentions du Russe. Evloev finit pourtant par imposer son arme maîtresse : trois amenées au sol dans la fin du premier round. Mais chaque fois, Volkanovski jaillit, se relève, refuse de rester cloué. Le message est clair : le sol ne sera pas un refuge pour le challenger.
Le sang, la coupure… puis la bascule
Au deuxième round, le combat se durcit. Une coupure s’ouvre sur le visage du champion. Evloev trouve quelques touches, des frappes nettes qui rappellent qu’il ne s’est pas hissé à ce niveau par hasard. Mais la pression change de direction.
Volkanovski avance, lit les trajectoires, ajuste sa distance. Dans les dernières secondes du round, il trouve l’ouverture. Une série de frappes précises secoue Evloev, qui recule, vacille. L’Australien ne le laisse plus respirer.
Un enchaînement propre, des poings lourds qui touchent juste, et le Russe finit au sol. Là, le champion se transforme. Ground and pound brutal, coups qui s’abattent, et Marc Goddard intervient à six secondes de la fin du round. TKO. Invincibilité brisée. Règne prolongé.
Pour Volkanovski, c’est une première victoire avant la limite depuis 2023, après cinq combats conclus aux points. Une réponse cinglante à ceux qui le pensaient sur le déclin.
Un champion qui ne veut pas tourner la page
Avec ce succès, Volkanovski porte son bilan en MMA à 29-4 et signe la deuxième défense réussie de son deuxième règne chez les plumes. L’idée d’un départ en douceur ? Elle attendra.
Le champion l’avait annoncé : tant qu’il ne prend pas trop de dégâts, il continue. À Abu Dhabi, il est sorti marqué, mais debout, lucide, et toujours dangereux. À 38 ans, il parle encore d’avenir, pas de nostalgie.
Evloev, lui, a reconnu la valeur de celui qui vient de stopper sa série parfaite. Il a salué un homme qui vieillit comme un grand cru, plus fort, plus complet, légende en activité. Une phrase qui résonne avec ce que la division voit depuis des années : tant que Volkanovski est là, le sommet reste verrouillé.
Petr Yan tient bon, les Australiens en montagnes russes
La soirée a offert un co-main event tendu. Petr Yan a conservé sa ceinture des poids coq avec une victoire par décision unanime face à Merab Dvalishvili. Un nouveau chapitre dans leur rivalité, et un deuxième succès en trois affrontements pour le Russe, qui maintient son emprise sur ce duel au sommet.
Plus bas sur la carte, les Australiens ont vécu une nuit contrastée face aux Russes.
Colby Thicknesse, partenaire d’entraînement de Volkanovski chez les bantamweights, a signé l’exploit. Troisième victoire de rang, et surtout un énorme upset avec une décision partagée en sa faveur face à l’invaincu Asaf Chopurov. Une performance qui pourrait bien le propulser dans une autre dimension.
Pour Cam Rowston, la soirée a été plus cruelle. Sa série de sept victoires consécutives s’est arrêtée net, étouffée par un étranglement en guillotine au premier round face à Abus Magomedov, classé 12e chez les poids moyens.
Jacob Malkoun n’a pas été plus heureux. Sa dynamique de trois succès d’affilée s’est brisée sur une décision unanime en faveur d’Abubakar Vagaev, autre représentant d’une école russe toujours aussi redoutable.
Au bout de cette nuit à Abu Dhabi, un constat domine : à 38 ans, Alexander Volkanovski ne se contente pas de défendre un trône, il repousse les frontières de ce qu’un champion peut durer au plus haut niveau. La question n’est plus de savoir s’il tient encore la cadence. Elle est simple, brutale, et plane désormais sur la division : qui, chez les plumes, peut vraiment le déloger ?




