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Antonelli s'offre la pole à Austin devant Verstappen

Kimi Antonelli a choisi son moment. Sur un Circuit of the Americas balayé par des rafales traîtresses, l’Italien de 20 ans a arraché la pole du Grand Prix des États-Unis devant Max Verstappen, et se place en position idéale pour boucler son tout premier titre mondial dès dimanche.

Son tour en 1’34’’035 n’est pas seulement sa septième pole de la saison. C’est sans doute la plus inattendue.

Une pole sortie de nulle part

Depuis le début du week-end, tous les regards convergeaient vers un duel Red Bull–Ferrari. Verstappen semblait lancé pour jouer la première ligne face à Charles Leclerc, les Mercedes restant en retrait, engluées dans un package d’évolutions qui tardait à porter ses fruits.

Puis est arrivée la Q3.

Sur la première tentative, Antonelli a tout mis bout à bout. Un tour propre, agressif, tendu, qui l’a propulsé près de deux dixièmes devant Verstappen. Le Néerlandais venait pourtant de se détacher du peloton en Q2 avec un seul run en pneus usés, comme pour rappeler sa mainmise des dernières semaines.

Derrière, la claque pour Ferrari : Isack Hadjar hissait sa Red Bull en troisième position provisoire, repoussant Leclerc à trois dixièmes. En un run, le favori de Maranello sortait du cercle des prétendants à la pole.

Le décor était planté pour un dernier tour à couteaux tirés.

Le vent, juge final de la Q3

Les rafales ont alors pris le contrôle du scénario.

Sur son ultime tentative, Antonelli commet une erreur dans le dernier secteur, déstabilisé par un vent soudainement plus violent. La porte semble grande ouverte pour Verstappen, lancé derrière lui avec la pole en ligne de mire. Mais le triple champion du monde se fait lui aussi piéger. Pas de progrès, pas de tour miracle.

Le chrono du premier run tient bon.

Antonelli reste en tête, Verstappen à 0’’179, Hadjar conserve une brillante troisième place, égalant sa meilleure qualification en Formule 1. Leclerc doit se contenter du quatrième temps, Lewis Hamilton du cinquième, seulement devant George Russell.

« On a la pole, donc on va essayer de gagner demain, a réagi Antonelli. Max a été très rapide et Isack a fait un travail incroyable, donc ce ne sera pas simple. Il faudra bien partir, essayer de mener au premier virage et imposer notre rythme, même si ce sera très serré. La Q3 a été très difficile avec le vent, très rafaleux et imprévisible, mais je suis heureux de l’avoir mise en pole. »

Ferrari retombe, Mercedes se réveille

L’ironie est cruelle pour Ferrari.

L’écurie italienne avait dominé les trois séances d’essais libres, affichant un rythme solide sur un tour comme sur les longs relais. Leclerc avait donné le ton dès le début des qualifications, seul un dernier effort de Lando Norris en Q1 le délogeant du sommet de la feuille des temps.

En Q2, Verstappen hausse le ton et s’isole, tandis que Leclerc termine cette partie en tête, devant Antonelli et Russell, tous trois en pneus neufs. Ferrari semble encore tenir la corde.

Puis Mercedes se réinvite dans le débat au moment qui compte.

L’écurie allemande, qui avait bâti une avance confortable au championnat grâce à sa domination de la première moitié de saison, doutait depuis l’introduction de son nouveau package. À Austin, ce doute s’est fissuré au meilleur moment : la W15 d’Antonelli s’est enfin comportée comme une voiture de pole.

Hamilton, lui, reste en retrait. Cinquième seulement, juste devant Russell, il sait qu’il joue un rôle clé dans l’équation du titre.

Le titre à portée de main

Le scénario de dimanche est simple, mais impitoyable pour ses rivaux.

Antonelli peut être sacré avec cinq Grands Prix d’avance s’il s’impose à Austin, à condition que ses adversaires directs ne marquent pas assez de points. Russell devra finir hors du top 8 pour ne pas prolonger le suspense, tandis qu’Hamilton devra terminer cinquième ou pire si son jeune équipier gagne.

Derrière le sextet de tête, Oscar Piastri s’élancera septième. Lando Norris, lui, avait signé le sixième temps avant de le perdre pour avoir dépassé les limites de piste : le pilote McLaren recule derrière son coéquipier.

Les Racing Bulls complètent le top 10, avec un jeu de chaises musicales sur la grille : Liam Lawson héritera de la neuvième place après la pénalité de cinq places infligée à Arvid Lindblad pour dépassement de quota de composants moteur.

Austin, théâtre d’un basculement ?

La grille raconte une histoire claire : un jeune pilote en marche vers l’histoire, un champion établi prêt à lui contester chaque mètre, une Ferrari qui a laissé filer sa chance, et un duo Mercedes pris entre la quête de victoire et les calculs de championnat.

Dimanche, au bout de la longue montée vers le virage 1, tout se jouera peut-être en quelques secondes. Antonelli le sait : un bon départ, un premier virage maîtrisé, et le reste de la saison pourrait déjà changer de dimension.