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Dana White évoque un gala de l’UFC en Russie

Dana White entrouvre la porte à un gala de l’UFC en Russie

À Abu Dhabi, la question est tombée en russe. La réponse, elle, a claqué en quelques mots : l’UFC « n’a pas parlé » d’un événement en Russie… mais « devrait probablement » le faire.

Samedi 24 octobre, au terme d’une soirée organisée aux Émirats arabes unis, Dana White, désormais CEO de l’UFC, s’est retrouvé face à un journaliste autorisé à poser sa question dans sa langue. Le décor était planté avant même la traduction : deux champions russes régnaient alors sur l’organisation, dont Petr Yan, qui venait de défendre sa ceinture des poids coq.

La question, limpide :
peut-on espérer un gala de l’UFC en Russie, que faudrait-il pour y parvenir, et des discussions existent-elles déjà en coulisses ?

La réponse, tout aussi directe :
« Il n’y a pas eu de discussions, non. Mais c’est une bonne question. Nous n’avons pas parlé d’organiser un événement en Russie. Mais oui, nous devrions probablement. »

Une phrase courte, presque lâchée du bout des lèvres, mais lourde de sous-entendus dans un paysage sportif mondial encore fracturé.

La Russie, toujours en marge… mais moins seule

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le sport international a largement fermé la porte à Moscou. Fédérations, ligues, organisateurs : la plupart ont banni les compétitions sur le sol russe et limité la présence d’athlètes sous drapeau national.

Ce front commun commence pourtant à se fissurer. Le Comité International Olympique a provisoirement levé la suspension du Comité olympique russe en juillet, tout en retirant sa recommandation générale de ne pas accueillir d’événements impliquant des Russes ou de restreindre leurs athlètes. Le CIO maintient toutefois une ligne rouge : il n’organisera pas lui-même de compétitions en Russie.

Les grandes compétitions internationales, elles, campent sur la même position lorsqu’il s’agit de poser leurs structures sur le territoire russe. Pas de Coupe du monde, pas de championnats majeurs, pas de grands shows mondiaux.

Dans ce contexte, entendre le patron de l’UFC évoquer, même du bout des lèvres, la possibilité d’un événement en Russie n’a rien d’anodin. L’organisation n’a « rien sur la table » aujourd’hui, mais l’idée existe, et elle vient de la bouche de l’homme qui décide du calendrier.

Entre octogone et politique

Dana White n’évolue pas dans un vide apolitique. Son amitié affichée avec Donald Trump, ancien président des États-Unis, pèse dans chaque prise de parole publique. Ces dernières semaines, Trump a encore secoué la scène internationale en négociant un accord pour acheter du diesel russe, tout en renonçant à de nouvelles sanctions votées par le Congrès.

Quand le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a dénoncé cet accord, Trump a répliqué en estimant qu’il était « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président ». Des mots qui résonnent dans un climat déjà électrique et qui replacent la Russie au cœur des fractures géopolitiques.

L’UFC, elle, s’affiche régulièrement aux côtés de Trump. Le 14 juin, l’organisation a même installé un événement au sein de la Maison-Blanche. Officiellement, Dana White l’a présenté comme une célébration des 250 ans du pays. Le timing, lui, racontait une autre histoire : ce gala tombait aussi le jour des 80 ans de Trump.

Dans ce jeu d’alliances, la perspective d’un gala en Russie ne serait pas seulement une décision sportive ou commerciale. Ce serait un signal. Un marqueur. Une prise de position dans un paysage où chaque déplacement d’octogone peut vite se transformer en geste diplomatique.

Pour l’instant, Dana White jure qu’aucune discussion n’est engagée. Mais il a ouvert une brèche. Et dans un sport où la moindre ouverture finit souvent par être exploitée, la question n’est plus de savoir si l’UFC peut aller en Russie, mais combien de temps le monde du combat mettra à franchir cette ligne.