Volkanovski, dernier défi pour un roi des poids plumes
Alexander Volkanovski n’a plus envie de perdre de temps. À 38 ans, le patron historique des poids plumes veut une dernière danse, une vraie, avec une ceinture d’une autre catégorie autour de la taille. Le vétéran australien ne s’en cache plus : il veut terminer sa carrière en champion des légers.
Samedi, à l’UFC 333, il a rappelé au monde qu’il n’était pas encore prêt à laisser sa place. Dans le combat principal, il a brisé l’invincibilité de Movsar Evloev, jusque-là invaincu, et l’a fait avec autorité. Une victoire par arrêt qui lui permet non seulement de défendre son titre des -66 kg, mais aussi de battre le record de victoires en championnat chez les plumes. Une page d’histoire, encore une.
Le contraste est frappant. D’un côté, un champion qui règne depuis des années sur sa division. De l’autre, un homme qui parle ouvertement de retraite et de dernier défi. Volkanovski assume cette dualité.
Un champion qui refuse de bloquer une division
Face aux médias après l’UFC 333, l’Australien a été fidèle à lui-même : direct, lucide, sans détour. Il veut le titre des légers, oui, mais pas à n’importe quel prix.
Il l’a répété : il ne veut pas « bloquer » deux catégories à la fois. Son idée est claire. Un seul combat, une seule opportunité, puis le rideau. Il demande à l’UFC un affrontement face au champion des légers Justin Gaethje, avec un pacte simple : ce sera le dernier pour tous les deux.
Dans son esprit, le scénario est presque écrit. Deux vétérans de 38 ans, deux styles explosifs, deux carrières marquées par des guerres mémorables, réunis pour une sorte de super-combat d’adieu. Le vainqueur partirait avec la ceinture, mais sans la garder. Volkanovski promet de la laisser vacante, qu’il gagne ou qu’il perde. Aux jeunes ensuite de se débrouiller.
Ce n’est pas un simple discours pour forcer la main à l’organisation. C’est la condition qu’il pose pour accepter de monter définitivement chez les légers. Sans ce dernier défi, il continuera de défendre son trône chez les plumes, combat après combat, comme il le fait depuis des années.
Une deuxième ère chez les plumes… et toujours la même faim
On l’avait cru sur le déclin. Battu par Ilia Topuria en 2024, détrôné après un long règne, Volkanovski avait encaissé des critiques sur son âge, son usure, sa capacité à revenir. Il a répondu de la seule manière qu’il connaît.
En avril 2025, il reprend sa ceinture des plumes. Depuis, il l’a déjà défendue deux fois, contre Diego Lopes puis Movsar Evloev. Deux profils dangereux, deux hommes présentés comme la nouvelle vague. Deux hommes renvoyés à la réalité.
Evloev, surtout, arrivait avec l’aura de l’invaincu, le style complet, la réputation de cauchemar tactique. Volkanovski l’a non seulement battu, il l’a terminé. C’est ce détail qui compte pour lui.
Après le combat, il l’a reconnu : il voulait absolument le finish. Pas seulement une victoire stratégique, pas seulement un contrôle sur cinq rounds. Il tenait à faire tomber ce prospect russe avec fracas, à rappeler que, même face à la nouvelle génération, il a encore les armes pour briser des trajectoires.
Gaethje en ligne de mire, ou la dernière guerre
Tout mène désormais à un nom : Justin Gaethje. Comme lui, l’Américain flirte avec l’idée de la retraite. Comme lui, il a bâti sa légende sur des combats sauvages, des soirées où la technique se mélange à la violence pure.
C’est ce duel que Volkanovski réclame. Pas une série de combats chez les légers, pas une nouvelle conquête au long cours. Un seul choc, une seule nuit, une seule ceinture. Et derrière, le silence.
La proposition est limpide : lui donner ce combat, et il s’engage à quitter la scène, quel que soit le résultat. S’il gagne, il pose la ceinture au centre de la cage et s’en va. S’il perd, il fait la même chose avec ses gants. Dans les deux cas, la division des légers ne reste pas bloquée, et les prétendants peuvent se jeter sur un titre vacant.
Volkanovski ne parle plus comme un homme qui construit une carrière. Il parle comme un champion qui veut contrôler sa sortie. Choisir son adversaire, son enjeu, son moment. Quitter le sport en laissant derrière lui deux règnes, deux divisions marquées par son nom.
Reste une seule question : l’UFC osera-t-elle offrir à l’Australien ce dernier chapitre à la hauteur de sa légende, ou faudra-t-il qu’il continue, encore, à défendre un trône qu’il a déjà solidement gravé dans l’histoire ?




