Verstappen et Leclerc en bataille à Austin
Le ton est donné très vite à Austin. En début de troisième séance d’essais libres, Max Verstappen s’élance en pneus mediums, trouve immédiatement le rythme et claque un 1’35’’702. Référence instantanée, message clair : le triple champion du monde n’a pas l’intention de laisser le week-end lui échapper.
Charles Leclerc, lui aussi en mediums, répond aussitôt. Le Monégasque signe un tour capable de le placer derrière Verstappen. Mais son temps disparaît aussi vite qu’il est apparu, effacé pour non-respect des limites de piste. Une image fidèle de ce vendredi texan : rapide, mais fragile, à la merci du moindre centimètre de trop.
Hamilton en tête… malgré une frayeur mécanique
Puis vient une scène étrange. Lewis Hamilton rejoint la piste chaussé des tendres C4. À peine lancé dans son tour de sortie, un gros nuage de fumée s’échappe de l’arrière de sa Ferrari. Frisson dans le paddock. Mais la voiture tient, le septuple champion du monde ne lève pas le pied et, dès sa première tentative, il s’empare du meilleur temps en 1’36’’716.
L’embellie ne dure pas. Liam Lawson place sa Racing Bulls devant, en mediums, avant que Lando Norris ne surgisse. Le champion du monde en titre, en pneus tendres, semble alors l’homme le plus rapide en piste. Sauf que son tour est lui aussi rayé des écrans pour dépassement des limites au virage 12. Austin continue de punir sans pitié.
Williams dans le dur, Sainz lucide : « pas de miracles »
Pendant que les cadors jouent avec les dixièmes, Williams se débat avec des problèmes bien plus profonds. L’équipe a utilisé la première heure de roulage du vendredi comme un long laboratoire, pour cerner les faiblesses de la monoplace, autant pour la fin de saison que pour l’année prochaine.
Les chronos, eux, sont brutaux. Carlos Sainz et Alex Albon terminent en bas de tableau, avec un Albon en difficulté permanente, souvent à la limite, parfois au-delà, jusqu’à conclure la deuxième séance au 22e rang.
À la radio, Sainz ne maquille rien : voiture « en vrac », aucune confiance. Avec seulement 12 points marqués cette saison et déjà devancé par le nouveau venu Audi au classement constructeurs, le constat est sec. « On sait qu’on est quasiment nulle part cette année et on se prépare à un week-end difficile », lâche l’Espagnol. Il ajoute que l’équipe tentera surtout d’apprendre pour le futur, sans se bercer d’illusions : Williams n’attend « aucun miracle » à Austin.
Pénalités en série : Bortoleto, Colapinto et Lindblad reculés
Dimanche, la grille du Grand Prix des États-Unis ne reflétera pas exactement la hiérarchie pure en piste. Plusieurs pilotes traînent déjà des pénalités moteur.
- Gabriel Bortoleto (Audi) recule de 20 places,
- Franco Colapinto (Alpine) de 10,
- et le rookie Arvid Lindblad (Racing Bulls) de cinq.
Leurs week-ends se compliquent avant même le drapeau vert.
Pendant ce temps, Colapinto laisse la paperasse aux commissaires et s’occupe du chronomètre. L’Argentin enchaîne les tours rapides et son équipier Pierre Gasly s’invite en haut de la feuille des temps, en mediums, avec un 1’36’’861. Alpine profite du moindre créneau pour se montrer.
Ferrari progresse, mais Leclerc refuse l’euphorie
Ferrari a débarqué au Circuit of the Americas avec un paquet d’évolutions. Les temps de Leclerc, meilleur lors des deux séances du vendredi, pourraient suffire à enflammer le clan rouge. Le pilote, lui, reste mesuré. Il parle d’un « petit pas en avant », loin des gains annoncés ou espérés en interne.
Leclerc rejoint aussi Verstappen sur un autre sujet brûlant : l’état de la piste. Le Néerlandais avait parlé de bosses « inacceptables » et « hors de contrôle ». Le Monégasque confirme : « C’était très mauvais. Le premier secteur en particulier est très mauvais et très bosselé. » À Austin, la performance se joue autant sur le volant que sur les reins.
Une matinée calme, Cadillac à domicile, Antonelli sous surveillance
Comme souvent lors d’une troisième séance d’essais, personne ne se précipite en piste au feu vert. Oscar Piastri discute encore avec ses ingénieurs chez McLaren, tandis que les mécaniciens Mercedes peaufinent les derniers détails sur la voiture du leader du championnat, Kimi Antonelli.
Sergio Perez, lui, se lance le premier en pneus durs. Week-end particulier pour Cadillac, qui joue à domicile mais n’a toujours pas inscrit le moindre point en Formule 1. L’équipe américaine découvre encore ses marques dans un environnement impitoyable.
Les Alpine de Colapinto et Gasly rejoignent Perez, mais en mediums. Quelques tours pour prendre la température, apprivoiser un bitume bosselé, avant de penser à la performance pure.
Antonelli à une course du titre
Derrière cette agitation, un enjeu domine tout : le titre mondial. Kimi Antonelli arrive à Austin avec la possibilité de devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1. L’Italien balaie pourtant le sujet d’un revers de main. « C’est fou quand on y pense, mais c’est pour ça que je n’y penserai pas », explique-t-il. Une manière de se protéger, peut-être. Ou de mieux attaquer.
Les chiffres, eux, ne mentent pas. Antonelli possède 102 points d’avance sur son équipier George Russell, deuxième du classement, et 111 sur Lewis Hamilton, troisième. Pour être sacré dès le Grand Prix des États-Unis, le pilote Mercedes doit gagner dimanche. À une condition : que Russell ne fasse pas mieux que neuvième et qu’Hamilton termine hors du top 4.
Un scénario exigeant, mais pas irréaliste sur un circuit qui ne pardonne pas la moindre erreur.
Verstappen solide sur les longs relais, Hamilton en retrait
Sur les simulations de course de la deuxième séance, Max Verstappen a rappelé pourquoi il reste la référence dès qu’il s’agit de rythme pur. En pneus tendres, directement comparable aux Ferrari, le Néerlandais tourne légèrement plus vite que Leclerc, mais surtout avec une régularité impressionnante. Sur la durée, c’est lui qui semble le mieux armé. Pour l’instant.
Hamilton, en revanche, apparaît en retrait par rapport à Leclerc, aussi bien sur les tours rapides que sur les longs relais. Rien de rédhibitoire, les écarts restent serrés entre les top teams, au point qu’il est difficile d’établir un ordre clair. Mais à la veille des qualifications, la dynamique penche plutôt vers Verstappen et Ferrari.
Leclerc roi du vendredi, Antonelli en embuscade
Sur la feuille des temps, la journée de vendredi appartient à Charles Leclerc. Le pilote Ferrari signe le meilleur temps de la première séance devant la Red Bull de Verstappen, puis récidive lors de la deuxième, cette fois devant Antonelli. L’écart avec la Mercedes du jeune Italien n’est que de 0’’042. Verstappen, vainqueur en Malaisie et à Singapour, se glisse en troisième position. Hamilton suit en quatrième place, mais à 0’’615 de son équipier chez Ferrari.
George Russell, qui a besoin d’un week-end parfait pour rester dans la course au titre, ne fait pas mieux que cinquième. Liam Lawson place sa Racing Bulls devant les deux McLaren de Norris et Piastri, en septième position.
Norris, lui, garde sans doute une marge. Il n’a jamais pu signer un vrai tour en pneus tendres lors des simulations de qualif, après une erreur au virage 16. L’autre Red Bull, celle d’Isack Hadjar, termine neuvième, devant la Haas d’Oliver Bearman. Hadjar, furieux à la radio, décrit sa monoplace comme « inconduisible » après la séance.
Les limites de piste, omniprésentes, ont rythmé la journée, effaçant tour après tour, rappelant à chacun qu’à Austin, il ne suffit pas d’être rapide. Il faut aussi être précis.
Les qualifications approchent, le titre se rapproche d’Antonelli, et Verstappen commence déjà à imprimer son tempo. Reste une question : qui osera vraiment tout risquer sur ce circuit cabossé pour faire basculer le week-end ?




