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Unai Emery et Julian Nagelsmann en tête pour remplacer Carrick

La défaite de trop. Le 4-1 encaissé mercredi sur la pelouse de Como en Ligue des champions n’a pas seulement ridiculisé Manchester United sur la scène européenne, il a surtout accéléré les réflexions dans les couloirs d’Old Trafford. Le club vit son pire début de saison depuis 1986, et le nom de Michael Carrick ne tient plus qu’à un fil dans les discussions de board.

Pour l’heure, le technicien anglais devrait encore être sur le banc dimanche pour la réception de Bournemouth. Il est même programmé en conférence de presse vendredi. Mais personne ne se fait d’illusions : avec seulement deux victoires en onze rencontres toutes compétitions confondues, son avenir se joue désormais au jour le jour.

Dans ce climat électrique, deux profils se détachent déjà très nettement : Unai Emery et Julian Nagelsmann.

Emery, la valeur sûre… mais très chère

Unai Emery n’a jamais été aussi solide sportivement. Ni aussi coûteux. Sous contrat avec Aston Villa jusqu’en 2029, l’Espagnol a redonné une identité, un tranchant et un palmarès à un club qui n’avait plus soulevé de trophée depuis 1996. La saison passée, il a offert la Ligue Europa à Villa, avant de terminer quatrième de Premier League, juste derrière Manchester United.

Ce CV pèse lourd dans les débats internes. L’entraîneur a déjà gagné avec Sevilla, Paris Saint‑Germain et Villarreal, même s’il a connu une période plus terne sur le banc d’Arsenal. Sa capacité à reconstruire rapidement, à imposer une culture de travail et à faire progresser des effectifs parfois sous‑cotés séduit au plus haut niveau du club.

Mais le dossier Emery a un prix. Un prix colossal. Le technicien toucherait entre 10 et 12 millions de livres par an. Pour United, il faudrait donc non seulement assumer un salaire de très haut standing, mais aussi négocier une indemnité de rupture avec Aston Villa, liée à un contrat verrouillé jusqu’en 2029. Autrement dit, un investissement massif à un moment où la direction doit déjà justifier une série de choix sportifs et financiers contestés.

Nagelsmann, le prodige disponible

À l’inverse, Julian Nagelsmann n’appartient à aucun club. Il est libre. Et ça change tout. Le technicien allemand, 39 ans, a quitté son poste de sélectionneur de l’Allemagne après l’élimination en huitièmes de finale de l’Euro 2024 face à l’Espagne, future championne d’Europe. Sa cote, elle, n’a pas vraiment chuté.

Nagelsmann a déjà dirigé Hoffenheim, RB Leipzig et Bayern Munich, avec qui il a remporté la Bundesliga en 2022 avant d’être limogé en mars 2023. Son profil, mêlant innovation tactique, travail sur la data et gestion d’effectifs de très haut niveau, plaît particulièrement à Christopher Vivell, responsable du recrutement à Manchester United, qui le tient en très haute estime.

Surtout, l’Allemand verrait d’un bon œil une approche du club mancunien. Il est considéré en interne comme une option crédible, moderne, capable de s’inscrire dans la durée. Dans un contexte où United cherche à redéfinir sa structure sportive, son arrivée offrirait une forme de rupture assumée avec les cycles précédents.

Conte, Howe, McKenna en arrière-plan

Derrière ce duo Emery–Nagelsmann, d’autres noms circulent dans les discussions préliminaires. Antonio Conte figure parmi les candidats possibles. Libre depuis son départ de Napoli, l’Italien apporterait une autorité immédiate, une exigence féroce et une capacité à secouer un vestiaire parfois jugé trop confortable.

Eddie Howe, récemment parti de Newcastle, reste aussi dans les radars. Son travail sur la reconstruction des Magpies, son sens de l’organisation et sa faculté à faire progresser des joueurs en font un profil étudié, même si sa disponibilité récente ne signifie pas qu’il soit prioritaire.

Kieran McKenna, enfin, a quitté Ipswich et se retrouve lui aussi sans club. Ancien membre du staff de Manchester United, il connaît la maison, les attentes, la pression permanente. Son nom revient comme une option plus audacieuse, moins évidente, mais qui plaît à certains décideurs sensibles à l’idée de miser sur un entraîneur en pleine ascension.

À l’inverse, une piste se referme déjà : Fabian Hürzeler. L’entraîneur de Brighton ne souhaite pas quitter son poste à ce stade. Son nom avait été évoqué, mais le dossier ne devrait pas aller plus loin.

Un compte à rebours silencieux

Officiellement, rien n’a encore basculé. Michael Carrick prépare Bournemouth, répondra aux questions des médias, dirigera l’échauffement, donnera l’équipe. Officieusement, chaque minute ressemble à un compte à rebours.

La débâcle à Como a agi comme un révélateur. Elle a mis à nu les limites actuelles du projet, accéléré les discussions de couloir, forcé la direction à regarder en face la réalité d’un début de saison catastrophique, digne des heures les plus sombres de la fin des années 80.

Unai Emery, Julian Nagelsmann, Antonio Conte, Eddie Howe, Kieran McKenna : la liste existe déjà, les profils sont étudiés, les scénarios se dessinent. Reste une seule inconnue, la plus lourde de toutes : combien de temps encore Manchester United pourra‑t‑il s’accrocher à Michael Carrick avant de trancher dans le vif ?