Les Lakers débutent une nouvelle ère sans LeBron
La page LeBron James est tournée à Los Angeles. Huit saisons avec son nom en tête d’affiche, puis, soudain, une soirée d’ouverture sans lui sur la feuille de match. Il est à présent à Philadelphia, et le Staples Center – rebaptisé mais toujours aussi bruyant – appartient désormais à un autre maître : Luka Doncic.
Pour son premier match officiel à la tête de « son » équipe, le Slovène n’a pas cherché à temporiser. Victoire 127-105 face aux Golden State Warriors, une démonstration plus qu’un simple succès inaugural. Et un message clair envoyé à la ligue : les Lakers ne comptent pas vivre une transition douce.
Luka Doncic prend le trône
Avant même de toucher son premier ballon de la saison, Doncic avait déjà posé le décor. Une pleine page de publicité dans la presse locale, une promesse aux fans : cette équipe vise le titre. Pas une reconstruction, pas une saison d’attente. Une chasse au trophée.
Sur le parquet, il a assumé chaque mot. 28 points, huit rebonds, sept passes. Maître du tempo, chef d’orchestre de chaque possession importante. Rien de spectaculaire pour ses standards, mais tout ce qu’il fallait pour que la rencontre ne lui échappe jamais.
Après la rencontre, interrogé sur la performance collective, il n’a pas cherché à enjoliver. Ni à se satisfaire.
« C’était juste le premier match. Je pense que notre plafond est encore plus haut. »
Une phrase sèche, mais lourde de sous-entendus. Ce groupe n’a fait qu’effleurer ce qu’il veut devenir.
Walker Kessler, la trouvaille qui change tout
Si Luka Doncic est le visage de cette nouvelle ère, Walker Kessler en est peut-être déjà la grande révélation. Pour son premier match avec les Lakers, le pivot a signé un récital quasi irréel : 26 points, 12 sur 12 au tir, neuf rebonds, deux contres. Une feuille de stats parfaite, un impact massif.
Ce n’est pas un hasard s’il porte aujourd’hui ce maillot. Doncic a pesé lourd dans la décision de le faire venir à Los Angeles. Il avait repéré son profil, ce mélange de verticalité, de mobilité et de sens du contre. Un pivot qui pose des écrans, protège le cercle et termine près du panier. Exactement le type de partenaire qu’il réclamait.
Dès ce premier match, l’alchimie a sauté aux yeux. Pick-and-roll, lancers de alley-oops, espaces créés pour les shooteurs… Tout ce que les dirigeants avaient imaginé a pris forme en quarante-huit minutes. Et tout cela sans qu’on ait l’impression que les Lakers aient encore vraiment forcé.
Une attaque en feu, une défense qui se structure
Les chiffres donnent presque le tournis : 57 % de réussite au tir pour Los Angeles. Une adresse insolente, qui ne tiendra sans doute pas sur la durée d’une saison entière, mais qui raconte quand même quelque chose. Les systèmes trouvent leurs cibles, les tirs sont ouverts, le ballon circule.
Le plus encourageant, pourtant, se trouve peut-être de l’autre côté du terrain. Avec Walker Kessler en ancre défensive, la défense des Lakers a pris une densité nouvelle. Les pénétrations adverses se sont heurtées à un mur, les extérieurs ont pu défendre plus agressivement sur la ligne à trois points, sachant qu’une présence solide les couvrait derrière.
Golden State n’est plus le rouleau compresseur d’autrefois. Les projections les annoncent plutôt à la lutte pour le play-in qu’aux avant-postes de la conférence. Ce contexte oblige à relativiser un peu. Ce succès ne peut pas, à lui seul, valider les ambitions de titre affichées par Doncic.
Mais il offre une base. Une identité en train de naître.
La rotation de JJ Redick, encore en chantier
Tout n’a pas été testé, loin de là. La rencontre a basculé dès le deuxième quart-temps, transformant le reste du match en gestion de l’avance plus qu’en laboratoire tactique. JJ Redick n’a donc pas eu besoin de bricoler, ni de fouiller dans les profondeurs de son banc.
Une alerte est tout de même venue troubler la fin de soirée : Jake LaRavia a quitté le parquet après s’être tordu la cheville. Le diagnostic précis reste à venir, mais Redick a laissé entendre que la blessure pourrait être moins grave qu’anticipé. S’il devait manquer quelques matches, la donne changerait tout de même pour les rotations sur les ailes.
Autre choix notable : la titularisation de Matisse Thybulle. Un pari défensif assumé par Redick. Il voulait de la pression sur les porteurs de balle, des bras partout dans les lignes de passe. Thybulle a rempli son rôle, mais rien ne garantit qu’il gardera cette place sur la durée. Le coach pourrait, selon les adversaires, privilégier davantage de scoring et revoir son cinq de départ.
Ce premier match laisse donc autant de certitudes que de questions. Les certitudes : Doncic tient les clés, Kessler est le pivot qu’il lui fallait, la défense a enfin un socle. Les questions : quelle sera la hiérarchie réelle dans la rotation, qui fermera les matches serrés, et comment l’équipe réagira quand l’adresse retombera à des niveaux plus ordinaires ?
Un début parfait… mais le vrai test arrive
Luka Doncic ne s’y trompe pas. Il sait qu’un large succès face à une équipe annoncée en milieu de tableau ne suffira pas à faire taire les doutes. Les Lakers devront battre des candidats déclarés au titre pour être pris au sérieux. Ils devront le faire dans la difficulté, dans des fins de match tendues, dans des séries de déplacements épuisantes.
Pour l’instant, ils n’en sont qu’au premier chapitre. Un chapitre sans LeBron James, mais avec une nouvelle star qui assume déjà le poids de l’héritage. La saison sera longue, semée de tempêtes, comme l’a reconnu Doncic. Mais après une telle entrée en scène, une question s’impose déjà : si ceci n’est que leur « premier niveau », jusqu’où peut réellement monter le plafond de ces nouveaux Lakers ?




